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Full text of "Les debuts de l'imprimerie à Reims, et les marques des premiers imprimeurs, 1550-1650"

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^ 



1 



LES DÉBUTS 



DB 



L'IMPRIMERIE 



A REIMS 



LES DÉBUTS 



DB 



L'IMPRIMERIE 



A REIMS 



LES DÉBUTS 



L'IMPRIMERIE 

A REIMS 

ET LES MARQUES DES PREMIERS IMPRIMEURS 

i56o-i65o 

Par Henri JADART 

CoMaBnvATKDR- Adjoint de la Biblioth^cidi ai Rbih* 




REIMS 

IMPRIMERIE F.T LITHOGRAPHIE DE L'INDÉPENDANT RÉMOIS 

40, RUI DB TALLEtllANO, {O 

1893 






: ,v"/»"> ^-'.'/. / 






29 189.^ 



//bhaB"* 



f^CLA.ycL jjiAm^ 



AUX BIBLIOPHILES REMOIS 



Il existait à Reims, de 1841 à 18 44' "^^^ Société 
de Bibliophiles de Reims^ qui publia, durant les 
trois années de son existence, douze plaquettes fort 
intéressantes et encore recherchées sur divers sujets 
d'érudition et de littérature locales. — Nous repro* 
duisons volontiers les noms de ses seize fondateurs : 
Comité d'administration : MM. Louis Paris, prési- 
dent; Prosper Tarbé et Henri Fleury, membres; 
J,'J. Maquart, trésorier; Gabriel Daire, secrétaire; 
Sociétaires : MM. Narcisse Brunette, Eug. Clicquot, 
Th. Contant, Aug. Duchesne, E. Gonel, L. Jacquet, 
H. Landouzy, Louis-Lucas, Alph. Marguet, H. RobiU 
lard et H. Tarbé de Saint-Hardouin. — Le seul 
survivant de ces bibliophiles de 1841 ^st Vhonorable 
M. Brunette père, architecte honoraire de la ville 
de Reims. 

Si nous évoquons le souvenir de ces bibliophiles 
d'il y a cinquante ans, ce n'est point pour tenter la 
résurrection de leur Société, c'est simplement pour 



— VI — 



les proposer en exemple aux bibliophiles actaels. 
On compte aujourd'hui à Reim^ beaucoup d'amateurs 
de liçres, d'intelligents et sagaces collectionneurs, 
mais ils restent isolés et ils n'ont plus l'ancienne 
orientation. Ils ont les j'eux fixés sur Paris, et c'est 
à travers le prisme de la librairie parisienne que les 
séductions de l'art et du goût s'opèrent en eux. Ils 
envisagent la littérature en général avec une plus 
large compréhension, ce dont nous les félicitons, 
mais beaucoup d'entre eux ont perdu le souci du 
livre composé, imprimé et édité en province, ce qui 
était le rêve chéri, l'idéal caressé et souvent réalisé 
par leurs devanciers de la Société des Bibliophiles. 
Que l'on en juge par le titre des grands ouvrages 
que ces derniers ont pu mettre au jour à Reims, de 
1840 à 1845, en même temps que leurs élégantes 
plaquettes : Les Toiles peintes de Louis Paris, Les 
Trésors des Eglises et le Reims de Prosper Tarbé, 
ITIistoire de Reims de D. Marlot et les Actes de la 
Province de Reims de l'abbé Bandeville, vénérables 
in'quarto la plupart illustrés par le crayon de 
J.'J. Maquart. C'était l'âge d'or des amis de 
l'histoire locale/ Leurs belles publications, si élevées 
et si pures dans leur inspiration, rattachaient au 
foyer, plaisaient dans le cercle intime de la famille, 
inspiraient aux plus indifférents le respect, le culte 
des monuments et des grands hommes du pays. 

Ne pourrait-on réserver encore, sans rien perdre 
ni négliger des incontestables merveilles des éditeurs 
de Paris, quelque coin de bibliothèque favorable 
aux productions du terroir? Cette hospitalité serait 
d'ailleurs peu encombrante, car les modestes in- 



— vn — 



octai)o sont seuls de mise désormais dans les tentatives 
de nos imprim£urs locaux, désireux quand même 
de produire un spécimen de leurs progrès en typO' 
graphie, un chef-d'œuvre de mMtrise, comme on 
disait jadis. Tel est le cas de cet essai biographique 
et bibliographique sur Nicolas Bacquenois, que 
l'Imprimerie de rindépendant Rémois a voulu éditer 
à ses frais avec le soin révérencieux qui est dû au 
père de l'imprimerie dans notre ville. 

Déjà, en 1841* ^ Société des Bibliophiles de 
Reims^ dont le nom revient sans cesse et avec hon- 
neur sous notre plume, rééditait en tête de ses œuvres 
un travail de Bacquenois : Discours de ce qu'a fait 
en France le héraut d'Angleterre, et Von applaudis- 
sait à ce réveil du renom d'un vieux maître ! (i). 
Depuis on s'est encore souvenu de lui pour donner 
son nom à l'une de nos rues, hommage de bon goût 
récemment rendu à Bacquenois par l'édilité rémoise. 
L'Académie de Reims, de son côté, avait mis au 
concours, en 18 56, une étude sur les débuts de 
l'Imprimerie dans nos murs, et, bien que des recher- 
ches étendues aient été entreprises, aucun mémoire 
n'avait été publié. Cependant, on s'occupait de 
Bacquenois à Lyon, à Verdun et à Paris; on 
discutait les étapes successives de ses presses, les 
dates de sa vie, et on lui contestait, dans une certaine 
mesure, le titre jusque là sans rival, de premier 
imprimeur de Reims. Il convenait donc de produire, 
avec le concours des précédentes découvertes, le 



(i), lire sur les premières pablications de la Société des Bibliophiles un 
intéressant rapport de M. Vabbé Nanqnette, dans les Annales de PAcadémie 
de Reims, t. I. p. 38i. 



-— vm — 



catalogue de ses œuvres aussi complet que possible, 
et de fixer, à l'aide de pièces d'archives, quelques 
jalons dans sa carrière. Nous avons tenté Ventre- 
prise, sans prétendre maintenant l'açoir accomplie; 
d'autres la compléteront plus tard. Mais il nous 
semble résulter de nos patients efforts que les pré- 
curseurs de Bacquenois à Reims n'ont rien éclipsé 
de ses mérites. Les essais de Nicolas Trumeau et 
de Claude Chaudière furent méritoires comme ceux 
de Bacquenois, mais ce dernier triompha seul dans 
la lutte, et il reste hors de pair, avec son gendre, 
Jean de Foigny, dans les annales primitives de la 
typographie rém^oise. 

Le concours de MM. A. Duchénojr, l'abbé Cerf, 
l'abbé Frizon, A. Claudin, H. Menu, nous apporta 
un immense appoint pour les aspects multiples de 
notre tâche, et depuis la publication du premier jet 
de cette notice, des lettres encourageantes de 
M. Léopold Delisle et de M. Emile Picot ont con- 
firmé et développé nos conclusions. Qu'ils veuillent 
bien tous agréer nos sentiments de gratitude, ainsi 
que notre imprimeur volontaire, M. Justinart, qui 
a revendiqué pour des presses rémoises le sinn 
exclusif de remettre en lumière les faits et gestes 
d'un ancêtre du XVP siècle. 

H. JADARl. 



Reims, le 23 Novembre i8g3. 



LES DEBUTS 



DE 



L'IMPRIMERIE 



A REIMS 



En toutes choses, les recherches actuelles de Téru- 
dition se portent vers les origines. On aime à saisir 
la première trace d'une découverte et à mesurer les 
progrès qu'elle a accomplis d'âge en âge jusqu'au 
merveilleux épanouissement de l'art contemporain. 
Nous avons obéi à cette tendance en apportant au 
Congrès des Sociétés savantes à la Sorbonne, en 
i8go, un mémoire sur les débuts de l'imprimerie à 
Reims et particulièrement sur l'habile typographe, 
Nicolas Bacquenois^ qui l'y implanta définitive- 
ment (i). 

L'imprinierie ne fut introduite à Reims que * 
longtemps après son invention et à la suite de sa 
propagation dans les villes voisines (2). Le premier 

(i) Journal officiel, a6 mai i8go, p. oRiS,— Bulletin historique et philologique 
du Comité des Traçaux historiques, année i8go, où se trouve un abrégé de 
cette notice avec extraits des documents inédits. — Reçue critique d'His- 
toire et de Littérature, 19 octobre 1891, article de M. Emile Picot, p. a4o 
à a45- — Travaux de V Académie de Reims, t. lxxxv, p. 179 à a49. 

(a) Premiers monuments de VImprimerie en France au xv« siècle, publiés 
par G. Thierry Poux, conservateur du département des imprimés à la 
Bibliothèque nationale, Paris, Hachette, 1890, grand in-f>. On y voit que 
Troyes en i483, et Ghâlons en 1493, eurent leurs premiers imprimeurs. 



— a — 



• livre reconnu pour sortir authentiqnement des 
presses rémoises, porte la date de i553(i). Pourquoi 
ce retard? Comment expliquer, dans une industrieuse 
et active population, cette indifférence pour Fart 
nouveau qui allait centupler l'essor des connaissances 

. humaines? Il faut, pensons-nous, attribuer cette 
étonnante période d'inaction aux mêmes causes qui 
firent reculer jusqu'en i548 la création de l'Université 
de Reims, projet conçu dès la fin du xv© siècle 
par Robert Briçonnet et éludé par le Conseil de 
Ville (a). 

Si l'on veut se rendre compte de cette abstention 
qui fut tant reprochée aux Rémois, on devra 
approfondir l'état désastreux de leurs affaires durant 
les épidémies, les révoltes et les discordes civiles, 
suite interminable des désastres de la guerre de Cent 

• Ans. Reims ne se releva qu'au xvi® siècle, à la 
Renaissance, et il ne fallut pas moins d'un demi- 
siècle pour ramener dans son sein la richesse et 
l'activité féconde. Le temps des incunables était 
passé. On comprend dès lors pourquoi les bourgeois 
préféraient user du crédit de l'archevêque pour 
obtenir une exemption d'impôts, et mettaient toutes 
leurs espérances pour la prospérité de la cité 

(i) Nous ne comptons pas comme un livre la plaquette de 34 ff*) 
Ampliatton de Védict de création des Conseillers, Magistratz et Juges prési- 
diaux, vendue à Reims, chez Nicolas Trumeau en i55a, ni l'autre plaquette 
de xà ff., Premier livre des Accasations de M. T, Cicéron, contre Caias 
Verres, imprimée à Reims, par Claude Chaudière en i55a. Nous exceptons 
aussi le traité de grammaire dont un fragment du titre, portant la date 
de i55i, est seul conservé par M. Claudin, Pérudit et obligeant bibliophile 
parisien. On trouvera plus loin des renseignements sur ces précieux, 
mais très minces produits des devanciers de Bacquenois. 

(a) Conclusions des 28 mars i495 et 6 açril 149S' (Im population de Reims, 
par H. Jadart, i88a, p. 16-17. — Varin, Archiç. législ., Statuts, t I, p. 84^ 
et 85i.) 



- s — 

dans le développement de son commerce et de ses 
manufactures. De son côté, la puissance ecclésiastique 
avait intérêt à se prêter au développement de la 
culture intellectuelle, mais elle tenait à ne le faire 
qu'à son heure, par son influence et sous sa direction. 
Elle seule d'ailleurs pouvait alors y pourvoir 
efficacement (i). Les luttes religieuses du xvi« siècle 
allaient lui en fournir l'occasion la plus favorable, 
et le génie du grand cardinal de Lorraine sut la 
saisir et la faire tourner à l'avantage des Rémois, en 
même temps cp'à la conservation de la foi catholique. 
Aussitôt la fondation de l'Université, bien qu'on y 
eût attaché des parcheminiers enlumineurs et écrivains, 
l'imprimerie s'essayait à Reims et s'y implanta, après 
cinq ans d'efforts, grâce au talent d'un enfant du 
pays (2). 

Les débuts furent laborieux, incertains, longtemps 
inexplorés et resteront sans doute peu connus malgré 
toutes les recherches (3). Bornons-nous à planter deux 
jalons, en citant les essais de Nicolas Trumeau et de 

(i) A Paris, ce fut la Sorbonne qui introduisit Pimprimerie dans la 
capitale (1469-1471), quand personne ne s'en souciait-autour d'elle ou s'y 
montrait hostile. Im Sorbonne,,. par A. Franklin, 1876, p. 117. 

(2) n faut noter dans le rôle des officiers de l'Université, en i56o, la 
présence de trois papetiers jurés, dont l'un est tenu de construire et 
entretenir une papeterie au lieudit la Voye-Fossart, terroir de Verpel 
(Ardennes). D. Marlot, JBist, de Reims, 1846, t. IV, p. 319. 

(3) Citons avec gratitude, et avant toutes autres, les recherches de 
M. Henri Menu, rémois, longtemps libraire à Paris, qui a soumis en 
1866, au concours de l'Académie de Reims, un mémoire manuscrit (encore 
Inédit), Origines de Pimprimerie rémoise, ii5 ff. pet in-8», travail approfondi 
dont nous avons largement profité et qu'il a même complété en notre 
faveur. Nous n'avons pu malheureusement tirer égal profit d'un autre 
mémoire, soumis au concours de i856, par M. l'abbé Cerf, aujourd'hui 
chanoine de Reims, membre titulaire et ancien président de l'Académie de 
Reims. Ses recherches sont restées inédites, et le manuscrit en est perdu. 
Ajoutons que les récentes découvertes de MM. Glaudin et Emile Picot 
nous ont été ici d'un g^rand secours. Nous renvoyons pour le surplus à 
leurs très compétentes observations. 



-4- 

Claade Chaudj^re, dont les noms sont connus dans 
la typographie française et qui furent à Reims les 
précurseurs ou les rivaux de Nicolas Bacquenois. Le 
premier fournit en i55o-5i à l'administration urbaine 
des brevets imprimés qu'il compléta à la main (i). 
Selon toute vraisemblance, ses presses fonctionnaient 
dans la ville, mais sans doute elles étaient imparfaites 
et rudimentaires ; aucun livre important n'en est sorti 
à notre connaissance (2). Le second qui tenta de 
s'établir à Reims vers i55i, Claude Chaudière, fils 
de Regnault Chaudière, parisien, ne persista pas 
davantage, bien qu'il paraisse y avoir séjourné et 
travaillé assez longtemps (3). En iSSs, il était qualifié 

(i) « A Nicolas Trumeau, imprimeur, pour avoir imprimé trois mil cincq 
cens brevetz par conclusion et quittance signée Be^eune, cxvi sols 
tournois. Pour trois cens vingt huit brevetz qu'il a convenu escripre à la 
main, à raison qu'il n'y en avoit a suffisance, payé xvi sols m deniers 
tournois, qui est a raison de v s. pour cent » tComptes des deniers 
patrtmoniaax, i56o-i55a, P 3q^. Archiçes communales de Reims.) 

(a) Jean Trumeau tint boutique d'imprimeur à Provins pendant 4o ans, 
et y mourut avant iSsi ; sa veuve y garda jusqu'en iSod son établissement 
typographique. Sont-ils les père et mère de Nicolas Trumeau? nous 
l'ignorons. (Cf. Recherches sur les débuts de Vlmprimerie à Provins, par 
H. Stbin, dans la Bibliothèque de VÈcole des Chartes, 1889, p. 2i8-aa6.) 
— Thibault et François Trumeau imprimèrent à Troyes de i533 à i563. 
(Cotai, de la Bibl. de Troyes, Théologie, t. 1, 1890, p. a^S à 079.) Quant à 
Nicolas Trumeau, s'il cessa d'imprimer à Reims après ses premiers essais 
en x56o, il y resta vraisemblablement comme libraire. Le chapitre de 
Notre-Dame lui louait en i557 et en i558, l'une des loges avoisinant le 
portail de la cathédrale pour y installer sa boutique. (Gh. Cerf, Notre- 
Dame de Reims, t. I, p. i84). Sa fin aurait été funeste, d'après un texte 
publié par M. H. Stein, archiviste aux Archives nationales, dans ses 
Mélanges de Bibliographie (i** série), Paris, Tbghbner, 1893, p. 8 à 10. Cet 
érudit donne la preuve de la condamnation à mort de Nicolas Trumeau 
par le présidial de Reims, et indique son exécution comme probable dans 
cette ville vers i563, à la suite d'un appel rejeté par le Parlement de Paris. 

(3) « Regnault Chaudière, imprimeur en i5i8, eut un fils nommé Claude, 
imprimeur en i55o, et de Claude naquit Guillaume, libraire en i568. Il étoit 
associé avec Nivelle, il imprima avec lui les Sermons de Jean Boucher. Il 
fut enterré dans notre église le i3 février 1570. Sa femme se nommoit 
Gillette Haste : il avoit pour marque celle de Regnault son ayeul, sçavoir 
le temps avec cette devise : Virtus sola aciem retondit istam. » (Chronologie 
historique des curés de Saint-Benoît de Paris, par J. Brute, ij&j, in-ia, 
p. 39, i^ote communiquée par H. Menu.) 



- 5 - 

« marchand libraire de Monseigneur le cardinal de 
Lorraine en sa ville de Reims » (i), et en i553, il 
habitait encore le logement que lui fournissait 
l'archevêque dans la maison du Petit'Saint-Martin, 
rue des Fusilliers (2). S'il faut en croire Antoine du 
Verdier, il aurait imprimé deux volumes à Reims, 
en i555 et i557 (3). Nous livrons ces renseignements 
à ceux qui écriront un jour l'histoire complète de la 
typographie rémoise, bornant ici notre tâche à 

(i) ig septembre i552, — « Honorable femme, Anne Gremyllier, femme 
de honorable homme Claude Chaudière, marchand libraire de M*' le 
cardinal de Lorraine en sa ville de Reims, vend à honorable homme, sire 
Mathurin du Puis..., la g* partie qui appartient audit Claude Chaudière, de 
son propre, en la moitié de deux maisons... » (Minutes de Taillet, notaire à 
Reims, iSSa.) ^ Extrait pris, comme les suivants, sur les originaux par 
M. A. DuGHÉNOY, employé à la Bibliothèque de Reims, et tous très 
obligeamment communiqués par lui en vue de ce travail. — Mathurin 
Dupuis, avec lequel traitait Cl. Chaudière, pourrait être le libraire parisien 
qui éditait : Historia hugonis Falcandi siculi... Parisiis, Maturin Dupuys, 
i55o, I vol. in-4\ 

(2) 22 açril j553. — « M ^"^ Pierre Bellangier, prebtre chanoine de Reims, 
somme Qaude Chaudière, imprimeur demeurant à Reims, qu'il ait 
incontinent à faire estansonner, tringler et retenir ung comble et crespon 
estant en la maison où se tient ledit Chaudière, sise en cette ville de 
Reims, appelée le Petit Saint Martin, ledit comble faisant séparation de 

lad. maison et de celle dudit Bellangier, lequel menasse ruine Par 

lequel Chaudière a esté fait response qu'il n'est que concierge de la maison 
en laquelle il est à présent demeurant, et ne luy appartient, ains à M*' le 
reverendiss. cardinal de Lorraine, archevêque de Reims, à cause de son 
abbaye de S* Martin de Laon, au moyen de quoy il n'est tenu des 

réparations dlcelle » (Minutes de Jean Rogier, notaire, i563.) Sur 

remplacement de la maison portant pour enseigne : le Petit-Saint-Martin, 
voir le Vieux Reims, par l'abbé Cerf, 1875, p. m. -' Il y avait aussi l'en- 
seigne du Petit-Saint-Martin près du Mont-Dieu, rue du Barbâtre. 

(3) c Claude Chaudière, parisien, a escrit, en 37 chap., l'accord de vertu 
à la vie humaine. Impr. à Rheims, 8% l'an 1557. » Voir La Bibliothèque 
d'Ant. du Verdier, in-f», Lyon, i585, p. 169-70. — « Cl. Chaudière, igoute la 
réédition de cet ouvrage, a écrit aussi un Dialogue du vrai amour, duquel 
les Entreparleurs sont l'Ami et l'Amie, imprimé à Reims en Champagne 
par ledit Chaudière, l'an i555. » Voir les Bibliothèques françaises de la Croix 
du Maine et de du Verdier..., in-4°, Paris, 177Q, t. I, p. 134. — Enfin citons, 
seulement pour mémoire, l'assertion très exacte de Lacatte-Joltrois, 
énonçant que c Claude Chaudière, parisien, imprimeur du Cardinal de 
Lorraine, traduisit et imprima lui-même à Reims en i55a, in-4% la i'* oraison 
de Gicéron contre Verres. » (Biogr. rémoise, ms. de la BibU de Reims, 
in-4*, p. 90.) La Bibliothèque Nationale possède un exemplaire de ce der- 
nier ouvrage. 



— 6 — 

l'esquisse de la vie et des œuvres de son véritable 
fondateur (i). 

Ce titre appartient à tous égards à Nicolas 
Bacquenois, dont les débuts, eux aussi, et même 
Texistence entière, restent sur bien des points dans 
les ténèbres. Nous ne connaissons ni son lieu natal, 
ni la date de sa naissance, ni celle de sa mort. Ses 
livres et quelques documents récenmaent découverts 
permettent seuls de fixer les principales étapes 
de sa vie et la durée de ses consciencieux efforts 
à Lyon, à Reims et à Verdun (a). 



I 

ORIGINE REMOISE DE BAGQUENOIS, SON APPRENTISSAGE 
ET SON PREMIER ETABLISSEMENT A LYON 

Nicolas Bacquenois est originaire du pays rémois, 
mais rien n'indique que ses parents aient été fixés à 

(i) Dictionnaire de Créographie ancienne et moderne à Vusage du libraire et 
de Vamateur de liçres (Supplément au Manuel du libraire j, par un Bibliophile 
(P. Deschamps), Paris, Didot, 1830. — Verbo Bemorum ciçitas, col. 1059 à 
1081. Cet article contient une grave erreur en donnant la date de i55i à un 
livre certainement imprimé à Reims en i565 : Le liçre des précations... Le 
premier livre imprimé à Reims, est le CoustunUer de Reims, i563. Un autre 
reproche à adresser à la Notice bibliographique, c'est de poser, sans la 
résoudre, la question de savoir si Bacquenois aurait imprimé à Verdun 
avant de venir à Reims ; il est certain qu'il vint de Lyon directement à 
Reims en iSSa, et qu'il alla seulement s'établir à Verdun en 1S60. G est 
d'ailleurs ce que reconnaît le savant bibliographe à l'article Vtrodunumy 
col. 1359. 

(2) Pour retrouver les productions de Bacquenois, outre les ouvrages de 
du Verdier, La Croix du Maine, Brunet, Graesse, etc., nous avons consulté 
avec fruit la Bibliotheca exotica, sive Caialogus offidnalis librorum peregrinis 

Unguis usualibus scriptorum, videlicet GalUca, Italica, Hispanica, Belgica 

La Bibliothèque uniçerselle contenant le catalogue de tous les liçres qui ont 
esté imprimés ce siècle passé, aux langues Françoise, Italienne, Espagnole, et 
autres qui sont atyourd^huy plus communes, depuis Van iSoo iusques à Pan 
présent 1610, distribués en certain ordre selon les matières y contenues, et les 



- 7- 

Reims. Au contraire, sa famille nous parait avoir^ au 
xYi« siècle, habité Beine et les environs (i), où ses 
membres exerçaient les professions de fabricants et 
de laboureurs (a). Lui-même, comme nous le verrons 
plus loin, avait des proches et possédait une maison 
et des terres à Beine, d'autres terres à* Wez-les- 
Thuisy et le droit de passage sur la Suippe à 
Saint-Hilaire-le-6rand. Le nom de Bacquenois est 
encore aujourd'hui porté dans quelques villages 
de cette région, notamment à Yaudesincourt et à 
Dontrien. 

Selon toute vraisemblance, le futur imprimeur eut 
donc son origine au boui^ de Beine, vers Fan i5io. 
Gomment eut-il l'occasion d'en sortir, de s'instruire 
dans l'étude des langues, puis de se former à l'art 
encore si peu vulgarisé de la typographie ? Autant de 
questions sur lesquelles nous ne possédons aucune 
espèce d'éclaircissement^. Il a fallu que son goût 
pour les lettres et sa nature inventive soient secondés 
et guidés par un protecteur ou un maître plein de 
sagacité et de prévoyance. On a dit longtemps et 
partout que ce Mécène ftit le cardinal Charles de 



surnoms des AvUheurs. — Cum gratia et priçilegio Ces. Majest, ad decenniam. 
A Frankfourt, par Pierre Kopf. Anno mdcx. — i vol. iii-4' de 219 pages 
(très rare). — Il en existe un exempl. à la Bibliothèque de Reims, acquis 
en i833 par L. Paris, en bon état, recouvert en parchemin. J'y ai pris toutes 
les indications relatives aux productions de Nicolas Bacquenois. 

(i) Beine, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Reims, à trois 
lieues E. de cette ville. 

(2) 3 mai i5y5. Echange d'héritages entre Jehan Garenjot, laboureur à 
Beine..., et François Bacquenois, estaminier, et Marie Ruinart, sa femme, 
demeurant à Beine. (Signé) F. Bacquenois. (Minutes de G. Savetel, notaire 
à Reims, i5^5.) — Avril 1604» Jacques Bacquenois, greffier en la justice du 
Petit-Saint-Hillier, âgé de 57 ans. — i3 juill. iy52. Claude Bacquenois, 
procureur au bailliage de Reims. (Arch. législaiiçes, par Vabin, Statuts, 
t. II, p. 49a>) 



-8 — 

Lorraine, qui l'aurait envoyé à Lyon en appren- 
tissage dans le but de le ramener à Reims à 
rheure opportune (i). Nous ne le croyons pas. 
Bacquenois ^tait sûrement passé maître dans la 
corporation lyonnaise avant que ce prélat devint 
effectivement archevêque de Reims (i545). Ensuite, 
il n'eût pas manqué de rappeler la générosité du 
bienfaiteur de ses jeunes années au cours de l'une 
des nombreuses et prolixes dédicaces qu'il lui 
adressa plus tard, ainsi qu'aux membres de sa 
famille. 

Cependant un fait important vient d'être mis en 
lumière par M. Glaudin, c'est que dès i548, il y avait 
des relations entre Charles de Lorraine et Nicolas 
Bacquenois, car ce dernier dédia à l'archevêque de 
Reims V Oraison panégyrique d'Isocrates que venait 
de traduire du grec l'érudit Pierre Adam^ originaire 
du pays rémois. 

Voici en quels termes le typographe s'adresse au 
prélat : « Vostre clémence plus que humaine... me 
laissera a quelque angle t du renc de ses favoriz ser- 
viteurs, attendu que ce que j'ay entrepris, est pour 
recongnoissance publicque de ce que luy doibs, et 
pour pleige de obéissance eterne, et dernièrement 
pour monstrer que me suis (je pense) fatalement mis 
à l'Imprimerie pour laisser à la postérité monuments 

(i) « Bacquenois, premier imprimeur à Reims. N. Bacquenois, imprimeur 
qui, le premier, a fait rouler la presse à Reims, avoit été entretenu à Lyon 
aux dépens du card. Charles de Lorraine pour y apprendre sa profession. 
Il amena à Reims, lorsquHl vint s'y établir, un compagnon qui étoit 
calviniste et qui imprimoit secrettement pour les hug^uenots. La plupart 
des imprimeurs de Lyon étoient infectés de l'hérésie lorsque Bacquenois y 
demeuroit... » (J. Lacourt, Varia SelectOf 1722, fol. i8a, verso. — Cfr. 
Almanajch historique de Reims, 1766. — Annuaire de la Marne, iS54, p* S46, et 
1877, p. 18, 1893, p. 5io). 



-9 - 

de vos divines vertus... »(i) Il ressort de ce passage 
qu'une entente entre eux était prochaine. 

Quoi qull en soit des circonstances qui transpor- ♦ 
tèrent, environ vers i535, Nicolas Bacquenois sur les 
bords du Rhône, il y eut, dit-on, pour initiateur, 
l'un des plus excellents typographes de cette ville 
savante, Jean de Tournes. Il existe, en effet, une 
grande similitude entre leurs éditions et une méthode 
analogue. Nous acceptons donc la tradition sur ce 
point, sans pouvoir toutefois la contrôler, comme il 
serait peut-être possible de le faire à Lyon, et nous 
émettrons seulement une remarque au sujet de 
l'origine du maître de Bacquenois (s). Son nom, porté 
par plusieurs personnages de l'époque, permettrait 
de lui assigner comme point de départ de sa famille, 
sinon comme lieu natal, le village de Tournes, près de 
Renwez (Ardennes), et d'en faire ainsi un compatriote 
de son élève (3). Il y avait alors à Lyon un certain 
nombre d'érudits et de poètes, issus de cette contrée 
féconde en hommes lettrés qui avait été la patrie de 
Gerson : Jean Voulté de Vandy, Adam de Wasigny, 
et beaucoup d'autres dont Bacquenois et ses con- 
frères imprimèrent les œuvres (4). Pourquoi le futur 

(i) Les Origines de Vlmprimerie à ReimSf par A. Claudin, 1891, p. %, 
extrait du Bulletin du BibUopJUlef i8$t. 

(2) « Jean de Tournes, né à Lyon, en i5o4, d'une famille originaire de 
Picardie... » Encyclopédie moderne, p. 854, t. xxvi, col. 89a, article Typographie^ 
par A. FiRMiN-DiDOT. 

(3) i56y. «Frère Jacques de Tournes, curé de This-les-ia-Neuville, homme 
âgé de ^ ans, aveugle... Les huguenots lui ont pris ses titres dans un petit 
coflire qu'il a vu rompre Tannée i56a. » — « Mestre Jean Noizet, chanoine 
de Mézières, procureur de mestre Gilles de Tournes, chanoine aussy de 
lad. église, estudiant à Paris pour le présent. » ( Archivées de Reims, registre 
du XVI* siècle.) 

(4) On conserve à la Bibliothèque de Reims le Repos déplus grand travail. 
A Lyon, par Jean de Tournes et Guil. Gazeau, mdxxxx, in-8« de 141 pages 



— 10 — 



typographe n aurait-il pas été Tun des compagnons 
des écrivains rémois dans leur émigration vers la cité 
florissante, devenue Tun des centres les plus actifs 
de l'Europe pour la production des livres ? Ce point 
vaudrait la peine d'être approfondi ; nous ne pouvons 
que le signaler (i). 

L'apprentissage devait être long à cette époque, 
ensuite la vie restait besogneuse et rude, même après 
les premiers succès obtenus. Néanmoins Bacquenois 
s'était marié dans l'intervalle avec Etiennette Lhé- 
ritier, veuve Gosme, dont le frère, Ennemond 
Lhéritier, habitait Annonay, et il eut de cette union 
un fils, Etienne Bacquenois, que nous retrouverons 
à Reims, en iS^S. Mais ses affaires financières n'en 
prospéraient pas mieux, et il se trouva sous le coup 
des poursuites de son beau-frère, qui fit saisir plus 
tard sa boutique de la rue Mercière (a). On le voit, 
si Bacquenois rêvait de gloire à Lyon, il y vivait 
dans la misère. 



numérotées. On lit sur le titre (à la main) : Par Guillaume des Autels. 
La marque de Jean de Tournes ofifrait deux serpents enroulés, avec la 
devise dans un cartouche au' centre : Qaod tibi fieri non çis, alteri ne 
feceris, — Les compatriotes de Bacquenois à Lyon étaient, Tun de Vandy, 
près Vouziers (Ardennes), et l'autre de Wasigny, près Novion-Porcien 
(Ardennes). 

(I) Sur cette pléiade rémoise voir la Biographie ardennaise, par Tabbé 
BouLLiOT, i83o, t. I, p. II, et t. II, p. 427. 

(a) M. Glaudin nous fournit la preuve de ces faits dans un acte passé 
à Lyon, le 7 janvier i558, « d'où il résulte que Bacquenois avait épousé 
Etiennette Lhéritier, sœur d'Ennemond Lhéritier, habitant d' Annonay, 
Elle parait aussi être la veuve d'un nommé Gausme. Ennemond Lhéritier, 
créancier de sa sœur et de son beau-frère pour, une somme de cent livres 
tournois, ne pouvant se faire payer, saisit une boutique sise rue 
Mercière, appartenant à Etiennette Lhéritier, femme Bacquenois ; cette 
dernière intervenant en vertu d'une procuration de son mari, reçue par 
M* Rogier, notaire à Reims, le 8 août i557, vend la boutique et liquide 
les dettes que le ménage avait laissées à Lyon. » V Imprimerie à Reims. 
par A. Glaudin, 1891, p. aa et a3, notes. 



II — 



II 



RETOUR DE BAGQUENOIS A REIMS, SES IMPRESSIONS 
DANS CETTE VILLE, SON GENDRE ET SUCCESSEUR 
JEAN DE FOIGNY. 



Après avoir fourni anx libraires lyonnais un certain • 
nombre de volumes, dont huit nous sont connus 
(i548-i5Sa)et seront cites plus loin, Bacquenois revint 
dans sa patrie sous l'impulsion et par Tordre du 
cardinal de Lorraine. Ce fut en traversant Lyon, 
probablement à son retour d'Italie, en i55o^ que 
ce prélat, jaloux de donner quelque lustre à son 
Université et d'y ramener les hommes de mérite 
sortis de son diocèse, entraîna l'imprimeur à sa suite. 
Ce dernier le racontait naïvement dans sa dédicace 
du Constumier de Reims, datée du i*^ juillet i553, et 
adressée à celui qui devenait réellement à cette époque 
son protecteur et son appui : « Avez en ceste ville, 
dit-il, mis et planté vôstre escoUe et université, laquelle 
suivant vos haultes entreprises avez commencé pour 
y nourrir et instituer la jeunesse, et selon la divers 
site des esprits les eslever en science utile et profi- 
table à la républicque. Mesmes à raison que tel exer- 
cice, sans l'art d'imprimerie, ne se peut bien et aisé- 
ment conduire, vous. Monseigneur, retournant d'Italie ' 
et passant par Lyon, me commandastes, comme à 
votre subject, à vous obligé et appat'tenant naturel- 
lement, que pour vous faire service et aux vostres. 



— la — 



m'en relourna»fle au lieu de ma naissance (i) ; 
qui est cause qu'après jà avoir suyvant vostre 
commandement, faict et commencé d'imprimer 
pour la direction de vostre clergé plusieurs choses, 
pour continuer et satisfaire à votre deseing et 
intention, j'ai, soubs vostre aesle et faveur, par 
ladvis de gens doctes et de vostre conseil, mis au 
jour et lumière les coustumes de vostre ville de 
Reims... » 

La dédicace au lecteur n est pas moins naïve et 
sincère en protestations de dévouement à l'égard de 
ses compatriotes : « Je n'ai point, écrit Bacquenois, 
quasi comme les feueillets de la Sybille, recueilli et 
mis en tes mains ce traicté des Coustumes de Reims 
pour en espérer recevoir quelque honneur et grand 
prolict... Quoy que soit, j'estime avoir receu grand 
fruit et contentement de mes frais et travaux, si je 
puis empescher de croistre, ou, si jà commencé est, 
enracher quelque racine de procès et dissention 
d'entre mes citoiens ; t'asssurant que, si je congnois 
mon industrie t'ètre agréable, m'efforceray, quand 
les occasions se présenteront, de te donner, soit en 
science légalle et administration politique, ou faict de 
pratique, chose de plus grand profict, car mon affection 
n'est autre qu'avecque obligation et deue servitude, 
soub la faveur de monseigneur le révérendissime 
cardinal de Lorraine, d'avancer et promouvoir les 



(i) Bacquenois, en parlant ainsi, ne nous parait pas indiquer nécessai- 
rement qu'il soit né dans la ville même de Reims. H a pu parfaitement 
naître dans un village voisin et se trouver quand même le si]^et de Tar^ 
chevêque. D'ailleurs, en retournant de Lyon « au lieu de sa naissance », 
et en s'installant à Reims, il rentrait dans son pays natal, peu importe 
que son berceau ait été à Reims ou à Beine. En tout cas, c'est dans ce 
dernier lieu qull avait son patrimoine, sa maison paternelle. 



— i3 — 

lettres, et ayder à ceux qui dicelles sont studieux. 
Adieu. Sequitur fortuna laborem (i). » 

Beaucoup d'autres passages des dédicaces de 
Bacquenois renseignent sur ses entreprises et sur 
ses espérances, comme sur ses déceptions. Installé « 
à Reims à une date que nous ne pourrions préciser 
d'une manière fixe, mais qui se place sûrement de 
i55i à i55a, il y éprouva parfois des difficultés et 
des mécomptes. La présence de Claude Chaudière, 
encore investi de la confiance du cardinal et du titre 
de son libraire, fut peut-être une source de conUits. 
Le transport des presses de sa patrie adoptive dans 
sa nouvelle résidence, qui ne devait pas être non 
plus définitive, ne laissa pas que de préoccuper 
notre imprimeur, parvenu alors à Tàge de la pleine 
maturité, mais encore doué heureusement de l'énergie 
de la jeunesse. Bien, que son édition d'Aristote et 
de Théophraste ait été achevée seulement en iSSa 
à Lyon, et. éditée par Guillaume Gazeau, il avait 
déployé une telle activité qu'en i553 paraissait à 
Reims son Coustumier, un beau livre, sinon un chef- 
d'œuvre de l'art. 

Le chroniqueur rémois Jean Pussot n'eut garde • 
d'oublier l'arrivée d'un imprimeur, événement qui 
dut faire sensation, et il donne à son sujet des détails 
curieux : « Retournons, dit-il, au temps de mon 
adolescence, estant jeune escoUier » (vers i553), puis 
il consigne ce souvenir : « Nouveau imprimeur. — 
Environ ce temps aussy estoit audict Reims un bon 
et signalé imprimeur que Monsieur le cardinal dé 

(i) Les dédicaces de ce Coustumier sont reproduites dans les Archives 
légUlaUçes de Reims, par P. Varin, 1. 1, p. 649. 



- i4- 

Lorraine avoit tiré de la ville de Lion, qui se nommoit 
Monsieur Bacquenois, homme digne de sa chaîne 
(comme ses œuvres le monstrent encore); qui avoit 
un brave et grand serviteur menant et conduissant 
soubz lui toutes ses affaires et principallement le 
faict de Timprimerie, mais fort notté de ceste nouvelle 
religion, qui se nommait Geoffroy (le nom laissé en 
blanc), sous lequel et par lequel se passoit beaulcoups 
d'abus et pas de clercs (i). » 

Ce dernier trait raconté par Pussot, peu suspect 
de partialité en faveur des protestants, prouverait 
une trop large part de tolérance dans les relations du 
cardinal avec son imprimeur, si Ton songe aux mœurs 
du temps et aux ardentes controverses religieuses. 
Notons aussi ce fait assez singulier que Bacquenois 
obtint du roi le ii janvier i552 le privilège d'imprimer 
les livres litui^ques du diocèse de Reims (2), et que, 
nonobstant les nécessités urgentes en cette matière, 
il imprima d'abord des ouvrages de jurisprudence et 
de médecine (3). Il est vrai qu'il regagna bientôt le 
temps perdu, et ne publia pas moins de vingtpcinq 
œuvres de liturgie et d'apologétique à Reims en six 
ans, de i554à i56o. Entre-temps, il mettait également 
au jour, comme imprimeur et libraire tout ensemble, 
des mélanges d'art militaire, des relations politiques, 
des recueils coutumiers et des dissertations morales. 



(i) Journalier ou Mémoires de Jean Pussot, Reims, iëS8, p. 2169 et 972. — 
Cf. La Ré/orme et la iXgue en Champagne et à Reims, par E. Henry, Reims, 
1867, P* iS' Malgré le dire de Pussot et de Lacoart, nous ne pensons pas 
que Ton ait pu éditer alors à Reims des ouvrages protestants. 

(a) Manuale seu (ut Qocant) Agenda,.,, i554, au verso du titre. 

(3) U aurait imprimé en i563 ou i564 un Missel de Reims, d'après Zaccaria 
et Sala, mais on n'en connaît aucun exemplaire. 



— i5 - 

La liste générale de ses productions connues et . 
authentiques atteint la cinquantaine, et sur ce chiffre, 
vingt seulement, un peu plus du tiers, sont conservées 
à la Bibliothèque de Reims. En outre des éditions * 
irrécusables, neuf attributions douteuses, incertaines 
et controversées, permettent néanmoins de supposer 
que le premier imprimeur de Reims a mis au jour 
plus de soixante volumes, sans compter ceux dont il 
ne reste aucun exemplaire et qui ont ainsi disparu 
pour toujours. 

Peu d'ouvrages de Bacquenois ont une grande 
étendue, et, à part les Livres liturgiques et les 
Coutumes, dont plusieurs sont de petits in-folio ou 
in-quarto, il a donné beaucoup de plaquettes in-8<* et # 
in-i2, sortes de brochures de propagande ayant trait 
aux événements de l'époque et aux polémiques entre 
catholiques et calvinistes. Ces petits traités avaient 
pour auteurs des chanoines, des religieux de différents 
ordres, des écrivains mis par les circonstances en 
relation avec les personnages marquants à Reims ou 
avec la maison de Lorraine : Pierre Doré, Jacques 
Colsonnet, Jean Fère, Pierre Verdaveine, Claude de 
Sainctes, Jean Boquillet, Nicolas Chaperon, François * 
Le Picart, Jean Vacquerie, Jean Tavernier, Barnabe 
de Saluées, Gentian Hervet, Nicolas Béguin, Lancelot 
de Carie, Jean Vêtus, Claude du Rubis et Fremin 
Capitis. En dehors de leurs écrits inspirés par les • 
luttes théologiques ou politiques, Tin^primeur rémois 
a donné divers opuscules de médecine composés 
par Guillaume Chrestien, un livre de fortifica- 
tion par Nicolas Tartaigla, uti recueil de jurispru- 
dence par Claude Lyenard, avocat à Reims, et le 



— i6 — 

Temple de Mars par Pierre d'Origny, gentilhomme 
rémois. , 

Bacquenois aspira à devenir auteur lui-même, et il 
réussit du moins à .se produire conmie traducteur 
et commentateur po.ur le Uçre des Précations (i555) 
« et V Office de Fonta^rault (i558). Il fut question eh 
i554 de lui confier le soin d'une traduction du 
manuscrit rémois des œuvres de Flodoard, le père 
de l'Histoire de Reims, mais elle ne se fit qu'en i58o 
par la plume de Nicolas Chesneau, doyen de Saint- 
- Symphorien (i). Notre imprimeur parle du projet 
primitif dans une de ses dédicaces (2), et la mention 
en fiit conservée dans les actes capitulaires (3). Il 
n'en reste pas moins à l'honneur de Bacquenois le 
mérite du premier essai de vulgarisation d'un texte 
que l'érudition moderne vient seulement de mettre 
au jour dans son entier. 

A Lyon, Bacquenois avait travaillé pour le compte 
des libraires Thibaut Payen et Guillaume Gazeau, 
et mis ainsi sa responsabilité pécuniaire et morale 
à l'abri d'un éditeur plus en rapport que lui avec 
le public. A Reims, il semble n'avoir pu s'en 
reposer que sur lui-même. Claude Chaudière n'ayant 
probablement pu s'entendre avec lui, étant imprimeur 
lui aussi, retourna à Paris, et laissa son rival aux 
prises avec les difficultés de la vente dans un milieu 

(i) L'Histoire de VEglise métropolitaine de Reims, édition première, Reims, 
Jean de Foigny, à l'enseigne du Lion, i58o, in-4'« 

(a) c Ces jonrs passés, Madame, écrivait Bacquenois en i555 à Antoinette 
de Lorraine, abbesse de Farmoutier, poursayrant la traduction de V Histoire 
de VÉgUse de Rheims (laquelle, Dieu aidant, je vous rendray parfSucte 
et achevée), s'est oflTert en mes mains ce petit livre... » (Le Liçre des 
Précations, i555, dédicace.) 

(3) Histoire de Reims, par D. Marlot, Reims, i846, t. IV, p. 33i. 



- 17 - 

pea favorable au débit des livres. Aussi trouve-tron 
généralement au bas des titres du premier imprimeur 
rémois : Remis, excudebat N. Bacnetius, ou bien : à 
Reims, par ou chez N, Bacquenois, Il rencontra 
cependant des auteurs qui payèrent généreusement 
la dépense, par exemple Pierre Ribaille, pour le 
Missel à Tusage de Tabbaye de Saint-Remi en i556, 
sur lequel on lit : Excusum expensis Domini Pétri 
Ribaille, Sancti Marculphi Thesaurii (i). Ayant subi 
une lourde perte pour Tédition du Coustumier de 
Reims en i553, Bacquenois s'associa en iSSj à Gérard 
GoUebert, marchand libraire Juré en TUniversité de 
Reims, pour sa publication^ en un fort volume petit 
in-folio, des Coustumes générales et particulières 
du bailliage de Verm^andois. Il existe néanmoins 
des exemplaires qui ne portent pas la mention de 
l'éditeur CoUebert, mais seulement celle du courageux 
Bacquenois. 

Après s'être beaucoup plaint de sa mauvaise 
fortune dans la dédicace de cet ouvrage, notre 
imprimeur ne nous a pas fait connaître si le sort lui 
devint ensuite plus propice (2). Il lutta pour la 
défense de ses droits et gagna son procès contre un 



(i) Voir à V Appendice le traité passé par Bacquenois avec ce religieux le 
34 avril 1S66. On y trouvera également des traités de ce genre avec Mathieu 
Vyaudel, libraire à Langres en i555, pour les Statuts synodaux de Langres, 
et avec Jean Blavier, chanoine de Reims en i557, pour un Bréviaire de 
Reims, (Pièces I, U et ni.) 

(a) c VImprimeur au Lecteur. H me semble, amy lecteur, que le temps, 
la mauvaise grâce des affaires, et la fortune, qui ces jours passés nous a 
montré si mauvais visage, qu'il n'est possible de plus, sinon qu'elle nous 
donnast dessus, conune à noz prochains voisins, m'excuseront assez envers 
toy, si davanture en ce livre tant désiré, tu trouves chose qui se ressente 
de négligence : qui est la cause, que m'asseurant de ton bon iugement en 
cest endroit, sans te faire autre discours, ie te prieray prendre le tout en 
bonne part. » (Coustumes de VermandoLs, 1567, fin des pièces préliminaires.) 



— i8 — 

libraire, Eustache Josseteau, qui avaiit méconnu 
son privilège pour la vente des livres d'heures à 
Reims (i). 

Enfin il ti*ouva, comme nous rétablissons plus 
loin, la meilleure occasion de réussite en mariant 
vers i558 Françoise Gosme, sa belle-fille, à un 
typographe de talent, Jean de Foigny, lequel, après 
avoir participé à tous ses travaux et à tous ses 
risques, devint son successeur à Reims (2). Ce fut 
du même coup le parti le plus avantageux pour 
l'avenir de Timprimerie rémoise, car les Foigny y 
formèrent une dynastie d'artistes de talent, d'hommes 
de goût, récompensés par les succès du meilleur 
aloi. On peut réellement admirer la suite nombreuse 
de leurs productions. 

Nicolas Racquenois avait son établissement dans 
la rue Saint^Etienne, près de Thôpital Saint-Antoine, 
en face du collège des Rons-Enfants, aux abords de 
l'Université qui resta longtemps le quartier préféré, 
en quelque sorte obligatoire, des gens de sa profession. 
Ge fut là qu'il pendit son enseigne, portant la même 
figure que sa marque d'imprimeur : Au Lion (3). 



(i) 18 juin j5ô4' - Sentence du Lieutenant général du bailliage de 
Vermandois à Reiîns, rendue entre Nicolas Bacquenois, imprimeur juré, et 
Enstache Josseteau, marchand, pour vente d'heures ou livres de prières 
imprimés à Ihisage de Reims. (P. Varin, Arch. légisU de Reims^ Statuts, 
t. ni, p. 79, note.) 

(a) Né vers i535, d'après M. Menu, Jean de Foigny est mort de i586 
à i587, car à cette époque le nom de sa veuve apparaît sur les livres. Il 
était le 8 août iSS^, ■ qualifié greffier et déjà fiancé à Françoise Gosme. 
(VImprimerie à ReimSy par A. Glaudin, i8gi, p. a3, note). 

(3) c La marque ordinaire de Bacquenois représentait un lion dressé 
contre une pyramide, au-dessus de laquelle un parchemin déroulé montre 
la devise : SequUurfortuna labqrem. Parfois la devise est imprimée sans la 
marque sur le titre des ouvrages, et sur Pun d'eux elle est remplacée par 
une Vierge aux sept doulears, correctement dessinée. » H. Menu. (Originet 
de VJmprtmerie rémoise, Ms. des Arch, de VAcadémie de Reims, 1866.) 



— 19 - 

C'était un souvenir de la ville de Lyon, où il avait 
fait ses premières armes et conquis sa célébrité : il 
voulut que sur sa marque parlante le noble animal 
qui personnifie la vaillance, tint sa patte di-oite 
appuyée sur une pyramide, emblème du cardinal de 
Lorraine (i), et déroulât de la gauche une banderole 
avec la devise : sequitur fortuna laborem. 

On trouve cette image assez finement gravée sur la 
plupart de ses éditions, d'abord sur le Coustumier 
de Reims, et le lion se transmit chez ses successeurs 
jusqu'au milieu du xvip siècle. Naturellement les 
Foigny en usèrent les premiers (a). 

La veuve de François Bernard avait encore sur ses 
éditions en i65o le lion et la devise de Bacquenois 
au-dessous d'une vue de Reims (3). On retrouve la 
marque elle-même, telle que Bacquenois en usait, 
sur une plaquette d'Augustin Pottier, en i652 (4). 

En outre de la figure du lion, on reconnaît les 
éditions de Bacquenois à certaines lettrines et 
vignettes. Les plus originales à citer sont VEx^dono 
de Pierre Ribaille avec son portrait sur le Missel 
de Scdnt'Remi, la Vierge de douleurs sur V Agenda 
ou Manuale, et surtout le délicieux encadrement 



(i) Charles de Lorraine, comme on le Voit sur les reliures à ses armes 
eonserrées à la Bibliothèque de Reims, avait pour emblème une pyramide 
recouverte de lierre avec la devise : Te stante çirebOy symbole de son 
attachement à la maison royale. 

<a) Les Marques typographiques de Silvestre, Paris, i863, donnent la marque 
de Jean de Foigny, t. I,. n* 3io. Elle est identique à celle de Bacquenois, 
mais il en avait une autre d*un encadrement différent que nous signalons 
ici comme elle se trouve, entre autres livres, sur les Coustumes de 
Vermandois, Reims, iS^i, pet. in-4'* 

(S) D'après le titre de la Table chronologique extraite sur VHistoire de 
Reims, par Pierre Gocquault, Reims, 1660, in-4*. 

(4) Censara sacrœ FacuUatis Theologiœ Bemensis.».., anno j652, die 24JuUi. 
Remis, apud Augustinum Pottier, typographum, sub Leone, s. d. Marque 
au Lion, avec la devise de N. Bacquenois. 



— ao — 



d^arabesqucs qui entoure les deux litres de l'ouvrage 
de Claude Lyenaid : LiA^re des Juges et Juridictions, 
et ZriVre des Advocatz. Le titi*e de V Office de saint 
Trèsain est également encadré dans une bordure 
d'entrelacs gi*avés au trait. Ce rarissime ouvrage a été 
décrit minutieusement par Clément de Ris, d'après 
son propi*e exemplaire (i). 

Certains caractères de Baequenois offrent aussi des 
particularités intéressantes : la beauté des lettres 
rondes dans le XtVre des Précations, et la netteté 
des italiques dans toutes les dédicaces. Les estampes 
à pages pleines sont rares dans les livres rémois : il 
faut citer les deux superbes gravures sur bois placées 
en i*egard Tune de l'autre au milieu du Missel de 
8aint-Remi, et offrant dans le plus élégant encadrement 
une scène du Christ en croix et un Dieu le Père, 
assis entre les emblèmes des quatre Evangélistes. On 
retrouve partout de la firaicheur, de la simplicité et 
de la grâce, nonobstant une certaine gaucherie qui 
se révèle en certains endroits. Voici la conclusion de 
Clément de Ris sur le mérite de Baequenois : <x A en 
juger, dit-il, par le livre imprimé pour l'abbesse 
d'Avenay, c était un typographe très soigneux, re- 
voyant ses épreuves avec une attention scrupuleuse, 
et surtout admirablement outillé. Ses caractères 
peuvent se comparer pour leur netteté, leur élégance, 
leur aspect doux, simple, facile à l'œil, à ce que les 
Vascosan ont produit de plus remarquable. Son papier 
est excellent, léger et résistant; le tirage parfait, bien 

(i) BaUetin da Bibliophile (par Techener), livraison de juillet 1877, P* 3i5. 
— Il en existe un second exemplaire appartenant à M*« Louis Paris, 
à Avenay, provenant de la bibliothèque de Pérudit historien de l'abbaye 
d'Avenay. 



— ai — 



égal à toutes les pages ; bref, on a affaire à un artiste 
du xvi« siècle : c'est tout dire (i). » 

Nous avons dit plus haut que Nicolas Bacquenois 
ne trouva point à Reims une demeure stable, et qu'il 
y séjourna huit ans seulement, de i552 environ à 
i56o environ. Aux mentions déjà données sur les 
principales productions de son fécond mais trop court 
séjour, nous en ajouterons quelques autres d'une 
réelle portée sur ses affaires personnelles. En i553, 
à peine installé à Reims, il vendait ses terres de 
Wez, sans doute pour solder son matériel (a). En 
i555, il était l'imprimeur de la ville (3). En iSSg, il 
achetait de Jean Murguet, marchand à Reims, quatre- 
vingts rames de papier tin, au prix de cinquante sols 
tournois la rame (4). Il cédait la même année, à titre 



(i) Clément de Ris, notice sur VOffi^ie de S, Trésain d'AvenaXy adressée au 
libraire Tecliener pour le Balletin du BibUophilef 1877, et dont Poriginal est 
conservé dans la collection d'autographes de la Bibliothèque de Reims, 
don du docteur G. Guelliot, 1889. 

(a) 3o août i55S. t Maistre Nicole Bacquenois, imprimeur juré en 
l'Université de Reims, vend à Pierre Morel, bourgeois de Reims, une pièce 

de terre au terroir de Wez les Thuisy, contenant 9a septiers , moyennant 

100 livres tournois. A ce estoit présent Jehan Bacquenoys, laboureur 
dem* à Beyne, qui promet audit acheteur luy garentyr la dessusdite pièce 
de' terre avec ledit vendeur... Ledit Jehan Bacquenoys prend à louage 
dud. Morel lad. pièce de terre pour 6 ans moy* 16 septiers de grain par an. » 
(Minutes de Jean Rogier, notaire à Reims, i5SS.) 

(3) 1555-1556. « lxx sols à M** Nicol Bacquenois, imprimeur, par 
conclusion du la août i565, pour avoir imprimé les billets pour la réserve 
des farines et pour la retenue des hommes qu'il avoit été ordonné aux 
habitants de Reims d'avoir en leurs maisons. » ^Comptes des deniers 
patrimoniaux. Archives communales de Reims.'k 

(4) Pièce donnée in extenso à V Appendice IV. -> < Le papier employé par 
Bacquenois, écrit M. Menu, est fin, d'une force moyenne et de bonne 
qualité. Fabriqué à Bflle, il est marqué dans la pftte d'une couronne avec 
un croissant, au-dessous duquel on voit les lettres c. s. Dans un papier 
exclusivement fabriqué pour lui, on lit superposé n-bacnbtii. D'autres 
feuilles sont marquées d'une l couronnée et des lettres c. o. Enfin l'on 
ttouve encore dans ces marques les armes de Lorraine, une fleur de lis, la 
lettre s, le nom nigolas b. et une couronne. » (Origines de V Imprimerie 
rémoise, mémoire ms., (^ 39). Les feuilles du missel de Saint-Remy sont 
marquées d'un B. 



— M — 



de bail, son droit de passage à Saint-Hilaire-le- 
Grand, moyennant une redevance annuelle de trente 
livres (i). Enfin, il abandonnait quelques mois plus 
tard à Sébastien Nivelle, marchand libraire à Paris, 
le bénéfice de son privilège pour la vente* du traité 
des Juges et Juridictions, et en retour de cette 
renonciation, il touchait la modique sonomie de 
quinze livres tournois (2). Nous en avons fini avec 
les trop rares documenl;^ qui nous ont laissé trace 
des faits et gestes du premier imprimeur rémois dans 
sa patrie. 



III 



DEPART DE BACQUENOIS POUR VERDUN^ SES TRAVAUX 
ET SES DERNIÈRES ANNEES DANS CETTE VILLE 

Arrivé, semble-t-il, à l'apogée de sa carrière, ayant 
pour associé un gendre laborieux, estimé de ses 
concitoyens et peut-être à la veille de s'enrichir, 
pourquoi Nicolas Bacquenois quitta-t-il Reims et 

vint-il réinstaller une troisième fois ses presses dans 

• 

une cité de moindre importance? Fut-ce à la suite 
de poursuites exercées contre lui par l'autorité, ou 
d'un changement d'opinion religieuse? Evidemment 
non, car il eut à Verdun pour nouveau protecteur, 
Valter ego du cardinal de Lorraine, l'érudit et. actif 
évêque Nicolas Psaulme. 11 nous semble plus naturel 

(i) I*' octobre i55g. « Quentin Gros, laboureur au g^rand S* Hillier, prend 
à louage de honorable homme, M'* Nicolas Bacquenois, m«'« imprimeur juré 
en PUniversité de Reims, et Estienne Laurent, m^ à Reims, le passage 
dndit grrand S* Hillier avec le tonnieu moy* 3o' par an. » (Minutes de Taillet, 
notaire à ReimSf iSSq.) 

(a) Pièce donnée in extenso à V Appendice V. 



de supposer, à l'aide d'indications absolument sûres, 
qu'il céda son établissement à Jean de Foigny pour 
régler ses ajQTaires d'intérêt avec lui, et qu'il continua 
son métier d'imprimeur à Verdun pour se créer de 
nouveaux débouchés et une clientèle plus étendue 
dont ils profiteraient de concert. Cette cession se fit 
par l'acte authentique du 17 octobre i56i, dont les 
clauses nous sont révélées par un autre acte du 
II mai i568, apurant les comptes d'entre Bacquenois 
et son gendre (i). 

Il résulte aussi de cette dernière pièce un rensei- 
gnement généalogique assez curieux, d'après lequel 
Foigny ne serait en réalité que le beau-gendre de 
Bacquenois. Ce dernier épousa Etiennette Lhéritier, 
veuve de Jehan Gosme, dont la fille, Françoise 
Gosme, fut la femme de Jean de Foigny (2). Il n'en 
fut pas moins son fils adoptif, qualifié dans les 
contrats du titre de gendre de Bacquenois. Bacque- 



(i) Voir cet acte donné tn extenso en Appendice VI. 

(3) Jean de Foigny perdit de bonne heure sa première femme, Françoise 
Gosme, et shinit ensuite à Catherine Jabot, qui continua son commerce et 
Pexerçait encore en 1606, comme l'indique le privilège placé en tête de la 
Réponse à hait articles..,^ par F. Tristan de Villblongub, Reims, 1606. 
Voici deux mentions concernant la famille de Foigny, qui pourront servir 
à établir la généalogie de ses membres : « 29 jançier i5g3. Contrat de 
mariage entre Gilbert de Foigny, libraire, demeurant à Reims, fils de feu 
M'* Jehan de Foigny, vivant imprimeur audit lieu, assisté de mestre N** de 
Foigny, advocat a Reims, son fk*ère, et de Catherine Jabot, veuve dudit de 
Foigny, sa belle-mère. — Et Jehannc, fille de Nicolas Novisse et de 
Jacqueline Frizon... Le aa mars lesdits époux reçoivent de Jacqueline 
Frizon iSo escus sol. pour ledit mariage. » (Minutes de Brisset, notaire à 
Reimsy i5g3.) — « 37 juin 1600. Gilbert de Foigny, libraire, demeurant en 
la ville de Paris, fils et héritier de feu M'* Jehan de Foigny, vivant 
imprimeur et libraire en l'université de Reims, vend à honorable homme 
Simon de Foigny, imprimeur et libraire de ladite université, et Charlotte 
de Blencourt, sa femme, la neuvième partie en la moitié, d'une maison sise 
à Reims, rue de SaintrEstienne, où pend pour enseigne le Lyon, en laquelle 
lesdits achepteurs font leur demeurance, tenant à Thomas Rogier d'une 
part, moyennant 100 livres. » (Minutes de Desmolins, notaire à ReimSy 1O06. 
Étude de M* Douce, 1890.) \ 



— a/: — 



nois eut cependant un fils qui lui survécut, nommé 
Etienne Bacquenois, dans un compte de iS^S, mais 
rien n'indique qu^il ait jamais imprimé, soit à Reims, 
soit ailleurs. 

Tout en se séparant, le beau-père et le gendre 
restèrent associés pour la vente des livres en conunun 
sous les rubriques de Reims et de Verdun. Bacquenois 
imprima simultanément dans ces deux villes en i56o, 
et à partir de i56i, c'est à Verdun exclusivement 
qu'il est fixé et qu'il travaille avec autant de zèle 
que dans sa patrie. 

Foigny imprima à Reims, de son côté, sans cesser 
d'unir le nom de Bacquenois au sien. On enr trouvera 
les preuves, que nous ne pouvons détailler ici, dans 
la liste chronologique des ouvrages donnée en 
Appendice. 

Pour la description des volumes que ne possède 
pas la Bibliothèque de Reims, nous avons dû recourir 
aux lumières de bibliographes lorrains. L'un de 
ceux-ci, plein de savoir et de compétence, M. Beau- 
pré, bibliophile nancéien, ne s'est pas toujours 
suffisamment rendu compte de l'origine rémoise de 
Bacquenois (i). 

Cependant, la seule inspection des titres rectifia 
bien des erreurs, notamment celle qui faisait imprimer 
Bacquenois à Verdun de 1542 à lo/^g, erreur tellement 
grossière qu'il n'y a plus à y insister aujourd'hui. Un 



(i) Beaupré (Jean-Nicolas) publia : Redierches historiques et bibliogra- 
phiques sur les commencements de Vimprimerie en Lorraine et sur ses progrès 
jusqu'à la fin du XVIP siècle, inS' de 34 f. avec une pi., i845. Nancy, Grim- 
blot. — Nouvelles recherches de bibliographie lorraine, i5oo-i56o, in-S» de a f., 
i863. — Ibid. Nouçelles recherches de bibliographie lorraine, iSoo-i^oo. Ghap. UI 
et IV, inS" de la f. i856, ibid. (Extrait des Mémoires de l'Acad. de Stanislas,) 



— 25 - 

progrès considérable dans la voie d'une bibliographie 
verdunoise vraiment critique et approfondie vient 
d'être opéré par les soins du laborieux bibliothécaire 
actuel de Verdun, M. Tabbé N. Frizon (i). Il sera 
désormais possible de suivre les débuts de Tart 
typographique en cette ville, et de fixer la part que 
Bacquenois y eut comme fondateur et les soins qu'il 
apporta à son développement de i56o à i568. 

Ce sont là, en effet, les deux dates extrêmes des 
volumes mis au jour à Verdun par l'ancien imprimeur 
juré de l'Université de Reims. Le premier est un 
Bréviaire édité par N. Psaulme, et le dernier un 
opuscule de Claude de Saine tes. Il s'en trouve dans 
l'intervalle qui rendirent de grands services, et en 
première ligne les Canons et décrets du concile de 
Trente et les Constitutions synodales de Verdun. 

Il serait difficile de préciser oe qui appartient eu 
propre aux presses de Reims ou de Verdun, car un 
titre spécial était imprimé pour chaque associé, l'un 
au nom de Bacquenois, l'autre au nom de Foigny. 
Cette association parait avoir duré jusqu'en i566, car • 
les quatre dernières productions de Bacquenois ne 
portent plus le nom de son gendre, du moins sur les 
exemplaires dont nous avons les titres. Mais en réalité 
le traité du 17 octobre i56i, signé au départ de 
Reims, eut sa valeur et son effet jusqu'au 11 mai i568, ^ 
jour où Bacquenois alla à Reims terminer ses affaires 
avec Jean de Foigny, et le reconnaître comme 
l'incommutable propriétaire de « tous et chacuns 

(i) On lui doit une Bibliographie de N, Psaulme ou description sommaire 
de ses ouvrages et des livres imprimés par son ordre, i548-i575, fl^rant au 
tome V et dernier de la i'* série de la Petite Bibliothèque Verdunoise (p. i43 
à i8a), collection publiée par M. Pabbé Frizon, de 1886 à 1889. 



— a6 — 

ses meubles, tant de ustencils et mesnaige que 
imprimerie (i). » 

L'heure de' la vieillesse avait alors probablement 
sonné pour cet infatigable champion, dont la carrière 
professionnelle, inaugurée à Lyon, poursuivie en 
Champagne^ allait se terminer en Lorraine. 

En quittant la généreuse protection de Charles de 
Lorraine à Reims, Bacquenois avait retrouvé à Verdun 
un appui semblable et une inaltérable obligeance en 
la personne de N. Psaulme. Sans doute le cardinal de 
Lorraine resta son principal Mécène et il ne paraît 
avoir jamais pris part à l'édition des pamphlets 
nombreux qui furent dirigés contre ses actes (a). 
Mais l'évèque de Verdun eut une sollicitude constante 
pour l'imprimeur qui seconda ses desseins avec 
intelligence. C'est ainsi qu'il le pourvut, vers i566, 
de l'office, probablement fructueux, de receveur 
général de l'évêché et comté de Verdun. Il y avait 
sans doute un cautionnement à remplir pour exercer 
cette fonction, ou bien Bacquenois était devenu le 
débiteur de Nicolas Psaulme, car nous voyons ce 
dernier, à la date du 20 juillet i568, stipuler à 
Reims le payement entre ses mains d'une somme de 

(i) Traité donné in extenso en Appendice VI. — Voir Appendice VIII, un 
marché passé par Jean de Foigny seul avec le Chapitre de Reims, le 
i5 mai iS^i. 

(3) Parmi ces pamphlets, il en est deux qui portent la fausse rubrique de 
Reims : Cantique spirituel et consolattf à Monseigneur le prince de Condéy 
açec Vécho sur Vadieu du cardinal de Lorraine,,, Imprimé à Reims, m. d. lxi. 
In-S*. Ces poésies satiriques lurent probablement imprimées à Lyon et sont 
l'œuvre des calvinistes. Mémoire déjà cité de H. Mena, fol. m verso. 
Cf. Brunet, Manuel du Libraire, i86a, t. HI, col. 1829, qui cite ce dernier 
pamphlet sous deux rubriques différentes : Monologue de ProQldence 
âioine... A Ençers, i56i, in-8*. La même pièce a été imprimée aussi sous ce 
titre : Monologue de Providence diçine parlant à la France, plus un petit 
Devis sur le changement de la cour de France, composé par une Damoiselle 
francoyse. Imprimé à Rheims, i56i, petit in-S* de 16 f. non chiilMs. 



— 37 — 

3,9^5 livrés dues à son imprimeur par le Chapitre 
de Reims, pour « le faict des bréviaires et légendaires 
imprimez par icelluy ceddant (i). » Bien qu'aucun 
exemplaire de cette publication ne nous soit parvenu, 
son payement suffit à prouver son existence et 
rétendue des gains qu'avait pu réaliser Bacquenois à 
Reims. Il en tira parti aux jours de sa vieillesse, et 
conserva aussi, certainement jusqu'à sa mort, des 
biens immeubles à Beine, venant d'héritage ou 
d'acquisition, qui furent vendus à la requête de son 
gendre, en 1679, par le ministère d'un notaire de 
Reims (2). 

Tout indique que Bacquenois mourut à Verdun de . 
i568 à 1671 . On le voit encore, en effet, figurer avec 
son gendre, en i568, sous le titre de receveur général 
de l'évêché de Verdun. Dans un acte dont la minute 
se trouve chez un notaire de Chàlons-sur^Marne (3), 
en 1572, on procédait à sa liquidation après décès. 
Il n'existait plus lors d'un règlement de compte passé 
par son fils Etienne, à Reims^ en 1573 (4). La vente 
des biens relatée plus haut, opérée par Jean de 
Foigny seul, prouve au surplus que son beau-père 



(i) Acte reproduit in extenso en Appendice VIL 

(a) 26 mars 1679. c M*^ Jehan de Foigny, imprimeur dem* à Reims, vend à 
M*** Hugues Meslier, prebtre, docteur en théologie, chanoine de N.-D. de 
Reims, la 5* partie par indivis, dont les 5 parts font le tout, d'une maison 
ou masure, court., sis à Beyne, tenant à Poncelet Ruynart, et les pièces de 
terres cy après, sises au terroir dudit Beine... royé Gollard Bacquenois... 
royé Nicolas Bacquenois... (en tout aS pièces), moyennant i4o escus d*or 
soleil. » (Minutes de Gérard Saçetel, notaire à Reims, i5jg.) 

(3) Acte de cession par devant Délavai, notaire à Ghâlons, du j mars iS^a, 
dans lequel comparaissent Jehan de Foigny, imprimeur à Reims, et les 
héritiers de Nicolas Bacquenois, receveur général de Pévêché et comté de 
Verdun. (Note communiquée par M. A. Lhote, employé à la Bibliothèque de 
ChâUms, le i5 mai i8go.) 

(4) Voir cet acte donné en Appendice IX. 



- 38 - 

avait quitté ce monde bien avant iSjg. Né vers i5io, 
comme nous Findiquions au début de cette notice, il 
termina sans doute sa laborieuse et utile carrière 
vers Tàge de soixante-deux ans (i). 

C'est à Reims qu'il en avait parcouru la plus 
féconde et la plus brillante période. C'est là qu'il fut 
vraiment le premier à la peine et qu'il ne doit pas 
rester le dernier à l'honneur (a). Un fondateur 
accomplit moitié de la tâche de ses successeurs, selon 
la remarque d'Horace : 

Dimidium facti qui cœpit habet.,. 

Et c'est Nicolas Bacquenois qui ouvrit ainsi la voie 
aux Foigny, aux Pottier, au^ Hécart, aux Multeau, 
aux Florentain, aux Jeunehomme et à nos actifs 
typographes modernes. 

Qu'ils vénèrent donc tous le nom du fondateur, 
de celui qui assura la réussite et l'avenir, en 
commençant seul le rude labeur qui entraîne la 
Fortune à sa suite : 

SEQUITUR PORTUNA LABOREM. 



(i) Consulter une notice toute récente de M. Henri Menu, A propos des 
origines de l'imprimerie rémoise, Châlons-sur-Mamey i8g3, Annaatre de la 
Marne, i8g3, p. Sio à 5i6. Il en résulte que Bacquenois était mort, sans 
doute à Verdun, avant le 6 septembre iS^i, et que le fils qu'il avait eu de 
sa femme, Etiennette Lhéritier, nommé Etienne, était prévôt, gruyer et 
receveur de Dieulouard, en Lorraine, où il résidait avec sa mère en iS^i. 

(a) Une rue de Reims, ancienne rue du Gimetiëre-de-la-Madeleine, a reçu 
en 1887 le nom de Rue Bacquenois. (Voir Almanach-AnTinaire de la Marne, 
de V Aisne et des Ardennes, 1888, p. 006.) 



APPENDICE 



DOtlUMENTS INEDITS 



I 

TRAITÉ AVEC MATHIEU VYAUDEL (l), LIBRAIRE 
A LANGRES, POUR l'iMPRESSION DES STATUTS 
SYNODAUX DE L ANCRES. 

(1555) 

*i6 février, — Comparut en sa personne maislre 
Nicol Bacquenois, imprimeur Juré en l'université de 
Reims, et recognut avoir convenu et marchandé à 
Mathieu Vyaudel, m^^ libraire demeurant en la ville 
de Langres, estant audit Reims ad ce présent et 
requérant, de imprimer et rendre en bonne forme la 
quantité de sept cens et demy de statuts synodaulx 
usaige dudit Langres, suyvant la coppie qui pour ce 
faire luy a esté baillée et délivré cejourd'huy par 
ledit Vyaudel, et iceulx rendre et délivrer faictz et 

(i) Sur le titre de l'ouvrage imprimé, ce libraire porte le nom de 
Viaadey, mais il n'y a pas de doute possible sur son identité, et l'on doit 
supposer que les notaires de Reims ont écrit Vjrcuidel, comme on écrivait 
de même alors Vainel pour VQiné. 



— 3o — 

parfaictz en ceste ville de Reims en son hostel à 
icelluy Vyaudel ou au porteur dedans le dernier jour 
du mois de mars prochain, moyennant et parmy ce 
que ledit Vyaudel sera tenu et a promis rendre et 
payer audit Bacquenoys ou au porteur, pour chacun 
cent de fueilles desditz statutz ainsy imprimées que 
dit est huict solz six deniers tournois. Sur lequel 
marché et convention, icelluy Bacquenois a confessé 
avoir eu et receu dudit Vyaudel par les mains de 
Pierre Edouart, m^ quincaillier demeurant en ceste 
ville de Reims, la somme de dix livres tournois. Et 
sy a encores confessé avoir eu et receu dudit Vyaudel 
la somme de vingt livres tournois et dont quittance. 
Et le reste luy sera payé par ledit Vyaudel dedans 
ledit dernier jour de mars prochain. Et sera tenu par 
ce moyen icelluy Bacquenois fournir tout le pappier 
qu'il conviendra avoir pour faire et imprimer lesditz 
statuz, du pappier marqué à renseigne de la grande 
espée ou d'autre pappier aussy bon et meilleur que 
ladite marque à Tépée et de mesme grandeur. Et 
lesquelz statuz synodaulx ledit Bacquenoys sera 
ainsi tenu faire et imprimer de la forme dudit pappier 
in quarto. Et ad ce faire et passer est aussy comparu 
Arnould Hubert, libraire demeurant audit Reims, 
lequel a promis et promect audit Vyaudel de relyer 
en bazanne bien et souffisamment la quantité de 
six cens desditz statuz synodaulx, et iceulx rendre 
et délivrer en son hostel audit Reims, sçavoir la 
quantité deux cens dedans le dixiesme jour d'avril 
aussy prochain et le reste dedans le dernier jour 
dudit mois d'apvril. Lequel Vyaudel, pour ce faire, 
sera tenu rendre et payer audit Hubert ou audit 



- 3i - 

porteur pour chacun livre desditz statuz ainsy relyé 
que dessus dix sept deniers tournois, sur quoy ledit 
Hubert avoir eu et receu d'icelluy Vyaudel la somme 
de dix livres tournois. Et le surplus luy sera payé 
par ledict Yyaudel à faict et au prorata qu'il fera la 
délivrance desditz statuz ainsy reliez que dict est. Et 
ad ce faire, tenir, entretenir, rendre, payer, fournir 
et entièrement accomplir le contenu cy dessus, ont 
les parties obligez leurs biens sans y déffaillir, sur 
peine, renonciation. Faict le 26® jour de février 
l'an i555, par devant nous notaires royaux. 

(Signé :) Girard. Rogier. 

(Minâtes de Rogier, notaire à Reims, iS55, étude de M. Allais, 1890. 
Docament transcrit comme les suivants, par M. Duchénoy, employé à la 
Bibliotliéque de Reims, et tous très obligeamment communiqués par lui 
en vue de ce trayail.) 



II 



TRAITE AVEC D. PIERRE RIB AILLE, TRESORIER DE 
SAINT-MARGOUL, POUR l'iMPRESSION DU MISSEL 
DE SAINt-REMI. 

(i555) 

a4 o,i?riL — Comparut en sa personne maistre 
Nicol Bacquenoys, imprimeur juré en l'université de 
Reims, et recongnut avoir convenu et marchandé à 
domp Pierre Ribaille, prebtre religieux de Sainct Remy 
dudit Reims et trésorier de Tabbaye de Sainct Marconi 
de Corbeny, ad ce présent, de imprimer et mectre en 
lumyère ung messel de l'impression et tel pappier 
que les messelz qui ont esté imprimez par cy devant 
au dict Reims par ledict Bacquenoys, selon et en 



- 3a - 

ensuivant les coppies et mémoires que ledict domp 
Pierre Ribaille luy baillera, lequel Bacquenoys sera 
tenu commencer à imprimer ledict messel dedans le 
premier jour du mois de may prochain venant, icellùy 
messel fournir de lettres et histoires ad ce convenables 
et au mieulx qu'il luy sera possible. Et ce jusques 
au nombre de six cens messelz qu'il sera tenu rendre 
faictz et parfaictz bien et deuement et telz que dessus 
dedans le premier jour du mois de may que l'on 
dira mil cinq cens cinquante six, moyennant et 
parmy ce que ledict domp Pierre Ribaille sera tenu et 
a promis bailler, payer et délivrer audict Bacquenoys 
ou au porteur pour ses peines, sallaires et vaccations 
cincq deniers tournois pour chacune deux fueilles 
desdictz six cens messelz, imprimées, faictes et 
parfaictes comme dessus est dict, à faict et ^elon la 
délivrance que ledict Bacquenoys en fera audict 
domp Pierre Ribaille. Et tantmoins duquel marché 
et convention icelluy Bacquenoys a eu. et receu 
content dudit domp Pierre Ribaille la somme de 
trente six livres tournois en monnoye blanche de 
France, comptée et nombrée devant nous notaires et 
dont quicfance. Et sy sera encore tenu et a promis 
ledict Bacquenoys livrer et fournir tout ce qu'il 
conviendra avoir pour l'impression et fourniture 
desdictz messelz, sauf le parchemin qu'il y conviendra 
mectre, lequel ledict domp Pierre Ribaille sera tenu 
livrer et fournir s'il luy plaist y en faire mectre; 
promectans les parties et chacune d'elles en leur 
regard par leur foy et soubz l'obligation, assavoir 
ledit domp Pierre Ribaille de tous ses biens tempçrelz 
et ledict Bacquenoys de tous ses biens, à tenir. 



- 33 - 

entretenir, avoir pour agréable, faire, fournir et 
entièrement acomplir le contenu cy dessus l'un 
envers l'autre sans y deffaillir. Faiet le 24* jour 
d'apvril l'an mil cincq cens cinquante cincq après 
Pasques. 

(Minâtes de Jean Rogierj notaire à Reims, i55i-iS65.) 



III 



TRAITE AVEC LE CHAPITRE NOTRE-DAME POUR 
l'impression d'un bréviaire de REIMS. 

(1557) 

5 /écrier. — Comparurent vénérables et discrètes 
personnes maistres Jehan Blavier, prebtre, docteur en 
théologie, chantre et chanoine en l'église Nostre-Dame 
de Reims, Pierre Berthemé et Guillaume Gocquillart, 
aussi prebtres, chanoines et maistres proviseurs de 
la fabrique de ladite Eglise, commis et déléguez par 
le Chapitre d'icelle Eglise pour faire et passer ce qui 
sera cy après escript, comme appert par la conclusion 
dudit Ghappitre en fin des présentes transcripte; 
et maistre Nicol Bacquenoy, imprimeur juré en 
l'université dudit Reims, d'autre part; et recongnurent 
avoir fait entre eulx les traicté et convention qui 
s'ensuyvent : [assavoir ledit maistre Nicol Bacquenois 
avoir promis et promet pour luy... ladite fabricque, 
imprimer bien et correctement, de bon ancre et bon 
papier, les Bréviaires à l'usage de Reims suivant les 
copies reveues et corrigées de nouveau jusques au 



nombre de haict cents, les deux temps dudit Bréviaire 
faisant en tout seze centz : et ce moyennant le pris 
et somme de deux deniers tournois chascone fiieille, 
tant pour le papier que pour la façon de Timpression ; 
lequel pris et frais, à quoy se monteront tous lesdits 
bréviaires, se fourniront par moitié par lesdits de la 
fabrique et Bacquenois, assavoir lesdits de la fabrique, 
en déduction de leur dite moitié, fourniront ai^nt 
au marchant pour le papier comme ledit marchant 
le délivrera audit Bacquenois. Et parce qu'au pris 
que dessus l'impression et façon dlcelle excède 
grandement le pris du papier, lesdits de la fabricque, 
pour fournir à la moitié des frais comme dessus, 
donneront audit Bacquenois par chacune sepmaine 
pendant qu'il imprimera lesdits Bréviaires la somme 
de quarente-cinq (?) solz et dix escus (i) qu'ilz luy 
avanceront présentement, comme a confessé et confesse 
les avoir receu ledit Bacquenois. Et par ce moyen 
ne pourra cesser ne interrompre ledit Bacquenois 
l'impression desdits Bréviaires sans le vouloir et 
consentement desdits conunis; ainsi sera tenu ledit 
Bacquenois, tous les jours de samedy qu'il ira 
prendre argent, porter une fueille de chacune qu'il 
aura imprimé ausdits commis ou à l'un d'iceulx ou 
a tel qu'il leur plaira députer. Et lesdits bréviaires 
ainsy parfaictz et achevez d'imprimer, sera tenu ledit 
Bacquenois les remettre tous entre les mains desdits 
commis, pour après entre eulx et ledit Bacquenois y 
avoir mis un pris et taux après compte... fait pour 
l'expédition desdits Bréviaires, en faire faire la 

(i) Ces deux derniers mots, dix écus, sont biffés sur la minute. 



- 35- 

distribation et vente en communauté par tel ou telz 
que bon leur semblera avec ledit Bacquenois pour 

contre des deniers de la vente desdits bréviaires 

l'un à l'autre toutes fois et quantes que l'une ou 
l'autre partie le requerra.] 

Et au cas que l'une des parties auroit plus 
fourny que sa moictié, il sera remboursé sur 
les premiers deniers de la vente d'iceux bré- 
viaires. 

(Conclusion capitulaire ,) 

Attenta relatione magistri Pétri Berthemy, canonici 
et fabrice ecclesie Remensis provisorum alterius 
commissi per capitulum ad conveniendUm magistrum 
Nicolaum Bacquenoy thipographum Remens, pro 
novis breviariis hujus diocesis Remensis excudendis, 
capitulum' iterato commisit dominum et magistrum 
Johannem Blavyer cantorem et canon. Rem. cum 
magistris dicte fabrice ad pro assecuratione dicte 
fabrice facienda pro média parte expensarum in dictis 
breviariis imprimendis tractandum et componendum. 
Actum in Gapitulo, anno Domini i557^ mensis Julii 
die XXXa. 

(Signé :) N. Gueriot. 

Nota. — La partie du marché comprise entre 
crochets n'est pas de l'écriture du notaire, elle 
pourrait êtrç de l'écriture de Bacquenois ou du 
chanoine Blavier. 



(Minâtes de Gérard Saçetel, notaire à Reitnsy i566-iS59, étude de M* Allais 
1890.) 



- 36 - 



IV 

TRAITE POUR l'aCHAT DE PAPIER PASSE AVEC JEAN 
MUR6UET, MARCHAND A REIMS 

(1669) 

Q4j^i^^^' — Comparut en sa personne Jehan 
Murgaet le jeune, marchant demourant à Reims, et 
recongnut avoir vendu et à ce tiltre devoir et promis 
livrer à maistre Nicol Bacquenoy, imprimeur juré en 
l'université dud. Reims, à ce présent acheteur, la 
quantité de quatre vingtz rames de pappier fin et 
non cassé, de la grandeur et volume et de mesme 
poix que une fueille de pappier exhibée par ledit 
Bacquenoy et aussi bon et blanc ou meilleur que le 
pappier de ladite fueille paraphée de nous notaire et 
demeurée es mains dudit Bacquenoy. Et ce d'achapt 
à luy fait par ledit Bacquenoy, moyennant la somme 
de cinquante solz tournois pour chacune rame, sur 
laquelle marchandise icelluy Bacquenoy a payé 
promptement audit Mui^et la so]Dime de trente 
livres tournois, comme icelluy Mui^et a confessé. 
Et le reste de ce a quoy monteront lesdites quatre 
vingtz rames, ledit Bacquenoy sera tenu et a promis 
payer audit Murguet ou au porteur, à la délivrance 
d'icelles que ledit Murguet sera tenu faire au logis 
dudit Bacquenoy audit Reims, assavoir dix rames 
dedans d'huy en quinze jours et le surplus depuis 
ledit jour, et a fait que ledit Bacquenoy en aura à 
faire pour entretenir ses gens en besongne. Et à ce 
faire fournir, payer, livrer et acomplir les choses 
dessusdites, Tune partie envers l'autre, ont icelles 



- Bi- 
parties chacune en droit soy obligé leurs corps et 
biens sur Tamende du roy. Fait le vingt quatrième 
jour de juillet. Tan mil cinq cens cinquante neuf, par 
devant nous notaires roy aulx. 

(Signé :) J. Hemart, G. Savktel. 

(Minutes de G. Savetely notaire à Reims, iSOg.) 



CESSION DU PRIVILEGE DU LIVRE DES JUGES ET 
JURIDICTIONS A SÉBASTIEN NIVELLE, LIBRAIRE A 
PARIS. 

(1559) 

Présent nous notaires royaux à Reims, le ag* jour 
de novembre iSSg, est comparu maistre Nicol 
Bacquenois, imprimeur juré en l'université de Reims, 
lequel a dict et declairé que dès le vingt huictiesme 
jour de juillet mil cinq cens cinquante huict, il a 
obtenu privileige du roy nostre sire de imprimer et 
faire imprimer deux livres, Tun intitulé Premier 
livre des juges et jurisdictions, et l'autre intitulé des 
advocatz, procureurs et procurations, faicts par 
honorable homme et saige, Mj^ Claude Lyenard, 
advocat à Reims, et ce pour le terme et espace de six 
ans. Sy recongnut ledit Bacquenois de son bon gré 
avoir quicté et renoncé audict privilleige, consenty 
et accordé, consent et accorde que honorable homme 
Sébastien Nyvelle, marchant libraire demeurant à 
Paris, puisse imprimer ou faire imprimer lesditz 
deux livres par tel qu'il bon luy semblera, et que 
de ce ledict Nyvelle obtienne tel privilleige qu'il 
advisera estre bon à faire pour son proufBct, sans 



-38- 

que ledict Bacquenois le puisse empescher à ladiete 
impression ny prétendre à rencontre de luy aucuns 
dommaiges et interestz pour raison de ce. Ce stipuUant 
par nous notaires, en la présence dudict honnorable 
homme et saige M'^^ Claude Lyenard, advocat à 
Reims (i). Ladiete renonciation faicte par ledict 
Bacquenois moyennant la somme de quinze livres 
tournois, que icelluy Bacquenois a confessé avoir eu 
et receu dudict Nyvel et de ses deniers par les mains 
dudict Lyenard. Dont et desquelles choses lesdictz 
Bacquenois et Lyenard nous ont requis lettre et notte 
que leur avons octroyé soubz ceste forme pour leur 
servir et valloir et pareillement audict Nyvel en temps 
et lieu ce que de raison. 

(Signé :) Gérard, J. Rogibr. 

{Minutes de Jean RogUr, notaire à Reimn^ iSSg, étude de M* Allais, 1890.) 



VI 



REGLEMENT DE COMPTE, CESSION DE L IMPRIMERIE ET 
ASSOCIATION AVEC JEAN DE FOIGNY (2) 

(l568) 

// majr, — Furent présens en leurs personnes 
maistres Nicolas Bacquenois, recepveur général de 
révesché de Verdun, y demourant, estant à Reims, 

(i) l.a qualification et le nom de M* Lyenard ont été raturés sur la minute. 

(a) Comme complément à cette pièce, recourir à une récente étude : A 
propos des origines de Vimprimerie rémoise, notice contenant d'utiles et nou- 
veaux renseigrnements, en premier lieu l'acte de liquidation dressé après le 
décès de Nicolas Bacquenois, en date du 7 mars 157a, minuté du notaire 
Délavai à Châlons, publiée par M. Henri Menu, dans l* Annuaire de la Marne 
pour J8g3, p. 5io à 5i6. Nous en attendons un tirage à part avec le texte 
entier du document soigneusement révisé par les soins de M. Pélicier, ar- 
chiviste du département de la Marne. 



-39- 

d'une part. Et maistre Jehan de Foigny, son gendre, 
imprimeur demourant audict Reims, d'autre part, 
disans comme dès le dix-septiesme jour d'octobre 
mil cinq cens soixante et ung, ilz ayent faict et passé 
entre eulx certain traicté, accord, convention et 
association de tous et ungs chacuns les biens meubles 
que ledict M"^ Nicolas Bacquenois avoit lors en sa 
maison où se tenoit, rue de Sainct Estienne, en 
laquelle ledict de Foigny est de présent demeurant, 
concistans lesdictz meubles tant en mesnaige que 
ustencilz d'imprimerie à plain declairez es inventaires 
signez et accordez desdictes partyes, l'un desquelz a 
esté représenté présentement par icelluy Bacquenois, 
aux charges, clauses et conditions portées à plain 
par ledict traité, accord et association, passé par 
devant Gobert Gérard et Jacques Lebrun, notaires 
royaulx audict Reims en dacte du dix sep^^e octobre 
audict an mil cincq cens soixante et ung, ce 
néantmoings ont icelles parties advisé entre elles 
pour éviter aux comptes, tant des deniers que icelluy 
de Foigny a receuz d'aucuns desditz meubles que 
autrement à cause de la dessus dicte association, 
avoir convenu et traicté ensemble tant du fond 
desdictz deniers receuz que du prouffict et relicqua 
dudict compte ainsy qu'il s'ensuyt : C'est assavoir 
que moyennant la somme de deux mille deux cens 
livres tournois que ledit de Foigny sera tenu et a 
promis payer audict Bacquenois ou au porteur à 
unze jours de feste de bonnes Pasques ensuyvant 
l'un l'autre par egalle portion, dont le premier 
payement de la première année sera et escherra au 
jour de festes de bonnes Pasques prochain venant et 



ainsi en continuant ; ledit Bacquenoy a vendu, ceddé, 
quicté, délaissé et transporté, et par ces présentes 
vend, cedde, quitte, délaisse et transporte dès 
maintenant et pour toujours audict de Foigny, ce 
acceptant, tous et chacuns les meubles tant de 
ustencilz et mesnaige que imprimerie, portez et 
désignez à plain par le dessusdict inventaire icy 
représenté, comme dict est, signé en fin Jehan, de 
Foigny, contenant quinze fueillets escriptz, ensemble 
le fond des deniers d'aucuns des dictz meubles 
vendus par icelluy de Foigny et le prouflBct par luy 
faictz suyvant la dessus dicte association, et mesmes 
tous et chascuns- les meubles dlmprimei^ie consistans 
en deux presses et deppendances de ladicte imprimerie 
appartenans audict Bacquenois, non couchez ondict 
inventaire, et sans aucune chose en excepter ne 
réserver, et comme elle est de présent dressée en la 
maison dudict de Foigny en quelque sorte et manière 
que ce soit. Et moyennant ce, sont et demeurent 
icelles parties quictes et déchargées Tune envers 
Tautre de touttes choses quelzconques quelles ont eu 
à faire entre elles de tout le passé et jusques à 
présent, touttes obligations et ceduUes et autres 
pappiers et parties de compte quelles ont ou 
pourroient avoir par devers elles Tune de l'autre, 
demourans cassées, nulles, de nul effect et valleur 
et comme chose non advenue. Et mesmes une cédulle 
dudict de Foigny portant la somme de deux cens 
trente quatre livres huict solz quatre deniers tournois, 
en dacte du quatorziesme jour d'avril mil cincq cens 
soixante et sept rendue audict de Foigny, cassé et 
nulle présens nous notaires ce jourd'huy. Et par ces 



mesmes présentes est et demeure quicte ledict 

Bacquenois envers ledict de Foigny de la somme de 

cincquante livres tournois que icelluy Bacquenois 

luy debvoit suyvant le testament de feu Jehan 

Gosme, luy vivant père à Francoyse, femme dudict 

de Foigny> premier marit à Estiennette Lheritier, à 

présent femme dudict Bacquenois, et dont ledit 

Bacquenois estoit obligé par le dessus dict traicté et 

association. . . Si comme. . . Promectans lesdictes parties 

et chacune d'elles respectivement par leur foy et 

soubz l'obligation de tous leurs biens, encores ledict 

de Foigny sur l'amende du roy, à tenir, entretenir, 

avoir pour agréable, ferme et stable, paier, fournir 

et entièrement accomplir le contenu cy dessus aux 

jours et ainsy que devant est dict et devisé l'une 

envers l'autre sans y contrevenir. Ce fut faict le 

unziesme jour de may, l'an mil cincq cens soixante 

et huict, par devant nous notaires royaux à Reims 

soubzsignetz. 

(Signé :) Gérard, J. Rogier. 

{Minutes de Jean Rogier, notaire à Reitns, i568.) 



VII 



CESSION D UNE CREANCE SUR LE CHAPITRE DE REIMS 
A N. PSAULME, ÉVÊQUE DE VERDUN 

(i5Ô8) 

a o juillet. — Fut présent en sa personne maistre 
Nicolas Bacquenois, recepveur générai de Tévesché 
et conté de Verdun, y demeurant, estant à Reims, et 
recongnut avoir ceddé, quicté et transporté, et par 
ces présentes, cedde, quitte et transporte à Révérend 



-4a- 

père en Dieu, Mons^' Nicolas Psaulme, évesque et 
conte dudict Verdun, prince du sainct Empire, ce 
stipuUant et acceptant par nous notaires soubz signez, 
la somme de deux mil neuf cens quatre vingtz cinq 
livres tournois, deues audict ceddant de reste de 
plus grand sonmie par messieurs l^s vénérables du 
chappitre de Reims, touchant le faict des bréviaires 
et légendaires imprimez par icelluy ceddant pour le 
diocèse de Reims suyvant le décret, permission et 
ordonnance des niaistres de la fabrique dudict 
chappitre, comme de tout ce appert par une requeste 
présentée audict chappitre par ledict Bacquenois, 
responce et conclusion à icelle du tiers jour du mois 
de may dernier an présent mil cinq cens soixante et 
huict, signée en fin Gueriot, greffier d'icelluy chappitre, 
et aussy par Testât et arrest de compte fait avec 
icelluy Bacquenois par Messieurs les maistres de 
ladicte fabrique en ensuy vaut la dessus dicte response 
et conclusion en dacte du septiesme jour dudict 
mois de may ensuivant audict an signé en fin 
J. Richier, Wyart et Pichot, desquelles deux pièces 
est promptement apparu à nous notaires, et lesquelles 
sont infixées en la grosse de ces présentes, en faisant 
par ledict ceddant ledict s^ acceptant de ladicte 
somme de deux mil neuf cens quatre vingtz cinq 
livres tournois vray s^ recepveur, acteur, poursuiveur, 
pourchasseur, porteur desdictes deux pièces et autres 
touchans et concernans le faict cy-dessus, et tous 
tant que myeulx faire luy peult et pourroit en ceste 
partie, avec tout droict d'action et autres quelconques, 
le subrogeant du tout quant ad ce en son lieu, droict 
et place. Ce présent transport et cession faictz 



— 43 - 

moyennant pareille somme de deux mil neuf cens 
quatre yingtz cinq livres tournois que icelluy 
Bacquenois a prise sur les deniers provenans de 
sadicte recepte dudict evesché et*conté de Verdun, 
du vouloir et consentement dudit s^ Révérend, 
acceptant, conmie ledict Bacquenois a dict, et dont 
partant il s'en est tenu et tient pour content et bien 
payé. Promectant ledict M'^ Nicolas Bacquenois par sa 
foy soubz l'obligation de tous ses biens quelconques, 
présens et advenir, à tenir, entretenir, avoir pour 
agréable, ferme et stable. 

Ce fiit faict et passé par devant nous, Claude Motbé 
et Jehan Rogier, notaires du roy nostre sire on baillage 
de Vermandois, demourant à Reims, soubz signetz, le 
vingtiesme jour de juillet l'an mil cinq cens soixante 
et huict. 

(Signé) C. MoTHÉ, J. Rogier. 

4 

{Minutes de J. Rogier, notaire à Reims, i568.) 

VIII 

TRAITE PASSÉ ENTRE LE CHAPITRE DE REIMS ET JEAN 
DE FOIGNY, MAITRE IMPRIMEUR, POUR l'iMPRESSION 
DU BRÉVIAIRE DE REIMS. 

(i5 mai 1571). 

Comparut en sa personne Jehan de Foigny, maistre 
imprimeur et libraire, demeurant à Reims, et re- 
eongnut avoir convenu et marchandé à vénérables 
et discrettes personnes maistres Gilles Richier, pré- 
vost chanoyne et l'un des maistres proviseurs de 
la fabrique de l'église Nostre Dame de Reims, Jehan 
Clerc, chantre, Symon Robert et Jehan Coulon, 



J . 



-44- 

> 

aussy chanoynes en la dicte église, à ce présens, 
ayans charge de ce faire des sieçrs du chappitre de 
la dicte église, comme ilz ont dict, et eolx portans 
fortz du dict chappitre, d'imprimer correctement le 
bréviaire de Reims en denx yolumes, et temps, au 
nombre de douze cens cinquante pour chacun temps, 
tant d'esté que yver, du caractère appelle le petit 
ronmiain, et suyvant la forme de la lectre du bré- 
viaire de Romme, imprimé en Tannée mil cincq cens 
soixante neuf par Jacques Karver (i) en ung volume 
in octavo, de bonne ancre noire et de vermillon 
rouge, et d'un papier bien cbllé blanc et net, autant 
ou plus que la fueille de papier par luy monstre ans 
dictz commis et quy a esté paraffée à leur requeste 
de nous notaires, demeurée et mise es mains de 
maistre Jehan Martinet; officier de la dicte fabrique, 
aussy à ce présent, pour y avoir recours, lesquelz 
papier, ancre et vermillon le dict de Foigny sera 
tenu fournir à ses despens, et la première fueille 
imprimée par le dict de Foigny sera tenu présenter 
ans dictz commis pour l'approuver ou regecter, et 
rendre le premier temps pour Tyver commençant à 
l'advent, faict, parfaict, bien imprimé, et ainsy que 
dict est, dedans le jour de feste de Toussainctz pro- 
chainement venant, et le second temps pour l'esté, 
dedans le dimanche de Quasimodo ensuyvant, et ce, 
moyennant troys deniers tournois pour chacune 
fueille de bréviaire imprimée, que les dictz commis 
seront tenuz luy faire payer par l'officier de la dicte 
fabricque, en délivrant les dictz bréviaires parfaictz, 

(i) Jacques Kerver, libraire à Paris, i535-i583 ; Voir les Marques typO' 
graphiques par Silvestre, i833, t. I, p. a6, marques n- 5a-53. 



-45- 

sur quoy toutes foys luy sera advancé quatre cens 
livres tournois^ savoir deux cens livres tournois de- 
dans le premier jour de juing, et les autres deux cens 
livres tournois au jour Saint Jehan Baptiste, le tout 
prochain venant ; et sy seront tenuz les dictz commis 
lui délivrer pour ce faire la coppie des dictz bré- 
viaires et de correcteur aux despens de la dicte fa- 
bricque, et ne pourra le dict de Foigny imprimer 
plus grande quantité de bréviaires, synon par le 
consentement du dict chappitre, si comme, etc. Pro- 
mectans, assavoir les dictz Richier, Le Clerc, Robert 
et Coulon, es dictz noms par leur foy, en paroUes 
de prestres, et soubz Tobligation des biens temporelz 
de la dicte fabricque, et le dict de Foigny, aussy 
par sa foy et soubz l'obligation de ses corps et biens, 
etc., sur l'amende du roy, etc., à tenir, entretenir, 
faire, payer, livrer, fournir et entièrement acomplir 
le contenu cy dessus, l'une partie envers l'autre. 
Renonçans, etc. Faict le quinziesme jour de may, 
l'an mil cincq cens soixante et unze, par devant 
nous, notaires royaulx. 

(Signé) Havetel. Mothe. 

(ArcMçes de Reims, fonds du Chapitre, liasse i4) n« 5.) 

IX 

REGLEMENT d'uNE CREANCE DE NICOLAS BACQUENOIS, 
PAYÉE A ETIENNE BACQUENOIS, SON FILS. 

(6 novembre i573) 

A Estienne Bacquenois, filz de M« Nicolas Bac- 
quenois, la somme de cinq cens livres tournois, à 
luy assignée sur le reliqua des derniers comptes 



-46- 

renduz des décimes, pour et en desduclion de la 
somme de neuf cens livres tournois, qui ont esté 
assignez au dict Bacquenois par monseigneur illus- 
trissime et r°^« cardinal de Loraine, en considération 
des pertes soulSertes par son dict feu père à l'im- 
pression des légendaires du diocèse de Reims, sui- 
vant l'ordonnance de mon dict sieur vicaire et mes- 
sieurs Richier et Cocquillart, depputtez du clei^, 
avecq quictances du dict Estienne Bacquenois des 
quatriesme et sixiesme jour du mois de novembre, 
an que dessus mil cinq cens soixante et treize. 



(Compte des dédmes du clergé du diocège de Reimt, i5^2^, aux Archives 
de Reims, fonds de rArchevéché, G. 194. Document obligeamment fourni 
par M. L. Demaison, archiviste de Reimso 



BIBLIOGRAPHIE 



DE 



NICOLAS BAGQUENOIS 



A LYON, A REIMS ET A VERDUN 



(1648- 1668) 



i. — La Bible en Frangots, qui est la saincte 
Escriture, en laquelle sont contenuz le vieil et Nou- 
veau Testament, Recentement reveuz et fidèlement 
corrigez selon Tebrieu, grec et latin. — A Lyon, par 
Guillaume Roville et Thibault Payen, m. d. xlviii. 
3 parties en un vol. in-fol. à a colonnes. La première, 
composée de 12 ff. préliminaires non chiffrés, et de 
260 ff. chiff. de texte. La seconde, dont les signa- 
tures et la pagination recommencent, comprend 70 ff. 
chiffrés, plus a ff. non chiffrés pour la table, au bas 
de laquelle on lit : Imprime a Lyon par Jehan Pidier 
ET Nicolas Bacquenois. Au-dessous on trouve Ordre 
des Cayez de la Bible, 

Cité et décrit par A. Claudin dans sa Notice sur 
r Imprimerie à Reims, 1891, p. ao, avec le titre du 

(i) Les productions authentiques de Bacquenois forment 58 articles ; j^y 
ai ajouté j n" bis, qui sont la plupart des attributions douteuses. Les 
étoiles indiquent la présence des ouvrages à la Bibliothèque de Reims. 



-48- 

volume. On lit à la fin : Imprime a Lyon, par Jehan 
PiDiER ET Nicolas Bagquenois, i548. Un exem- 
plaire se trouve dans la Bibliothèque du libraire 
A. Glaudin, et c'est à lui que nous en devons la 
description donnée à la p. ao de sa notice, Les Ori- 
gines de l'Imprimerie à Reims, 1891. 

Très bel in-folio à deux colonnes, avec nombreuses figures 
sur bois dans le texte, lettres ornées et historiées. Ce volume, 
qui est le chef-d'œuvre de Bacquenois à Lyon, est imprimé 
pour Guillaume Roville. 

*2. — Le Livre de plusieurs pièces, c'est à dire 
faict et recueilly de divers autheurs, corne de Clé- 
ment Marot et autres : ce que tu verras en la page 
suyvante. (Marque de Th, Pajren sur le titre). — A 
Lyon, par Thibault Payen, j548. Au verso du titre : 
Discours du voyage de Constantinoble (sic)... i vol. 
In-i6 de ia8 ff. numérotés, plus un feuillet final 
portant : Imprimé à Lyon, par Nicolas, Bacquenois. 

Se trouve à la Bibliothèque de Reims, acquis en 1879, du 
libraire Glaudin, de Paris, au prix de 140 fr. reliure janséniste, 
par Duru, 1847, ^^^^ l'ex-libris d*Ambroise Firmin-Didot, 
i85o. 

Thibault Payen était libraire et imprimeur à Lyon, i534-i56i. 
Sa marque se voit dans les Marques typographiques de Sil- 
vestre. N°' 4^8, 479> 48o, 657 et ia86, et consiste dans la figure 
d'un homme cueillant des fruits sur un arbre, autour s'enroule 
une banderole portant ces mots : Virtutes sihi invicem hae- 
rent, Payen était originaire de Troyes, son nom se voit latinisé 
avec la qualification de Trecensis, 

On lit à la fin du volume : Imprimé à Lyon, par Nie, 
Bacquenois, Très rare. Jolie édition dont il existe des 
exemplaires avec la date de 1549» d'après Brunbt, Manue 



du Libraire, t. III, 1862, col. 1122. C'est à Lyon que Ton 
pourrait utilement poursuivre des recherches sur les premiers 
travaux de Bacquenois, et il ne nous a pas été possible de 
les entreprendre ni d'obtenir d'utiles renseigpiements par 
correspondance. 

3. — Oraison panégyrique dlsocrates, traduite 
de grec en françois par Pierre Adam de Wassigny. 
— A Lyon, par Nicolas Bacquenois. Petit in-S* de 
88 pages chiffrées. 

Le livre est dédié par Bacquenois à « Monseigneur le Reve- 
rendissime Cardinal de Guyse, archevesque de Reims... » 
décrit par M. Claudin dans la même notice, p. ao. Le même 
auteur indique ensuite, conune ouvrage paru isolément en 
1549, l* Oraison consultoire d'Isocrates,., pet. în-8® de 28 pp. 
chiffrés, que nous donnons dans l'article suivant comme an- 
nexe de V Oraison panégyrique, d'après du Verdier et Brunet. 

4. — L'Oraison panégyrique dlsocRATEs, prononcée 
en rassemblée qui ordinairement se faisoit à Athènes, 
de cinq ans en cinq ans, où est en partie descrit le 
gouvernement d'une République, ensemble le devoir 
et office d'un magistrat, plus l'exortation d'Isocrates à 
Demonic, touchant le devoir de vivre civilement, selon 
la vertu et honneur, ensemble l'oraison consultoire 
du mesme autheur faicte en la personne de Nicocles 
Roy de Cypre, sur le devoir des sujects envers leur 
Prince. — Lyon, par Nicolas Bacquenois, 1549- Iï^-8®. 

«c Pierre Adam, de Vuassigny, a traduit du Grec en François » 
ce traité, d'après la Bihlioth, d'Ant. du Verdier, p. 979. 
(Cfr. BouLLiOT, Biogr, ardennaise, t. I, p. 10. — Brunet, 
Manuel du Libraire, t. III, col. 4^*) 



- 5o - 

5. — Hieronymi Fracastorii Veron. Libri de Sym- 
pathia et Antipathia rerom... LugdunU apud GaUeU 
mont Gazeiam, i55o. (A la fin :) LagdanU ExcU' 
débat Nigolaus Bacquenois. In-i&> de a S. et 558 pp. 

Se trouve à la Bibliothèque Mazarine. Cf. Harrisse, Bi- 
blioth. americ. çetust.. Additions, p. 69. — Décrit par M. Emile 
Picot, dans la Revue critique, 16 octobre 1891, p. a^'* 

6. — Le grand et bon mesnager, composé en latin 
par Constantin César de Constantinoble et traduietz 
en françoys par Anthoine Pierre. — Lyon, Bacque^ 
nois ou Thibauld Payan, i55o. In-i6<>. 

Cité par Brunet, Manuel du Libraire, 1861, t. Il, col. i54o. 

7. — Galeni de Hippocratis et Platonis dogma- 
tibus libri IX, Jano Cornario medico physico inter- 
prète. — Lngduniy apud Paulum Mirallietum, sub 
insigni divi Pauli, i55o. — A la fin, on lit : Lag- 
duni excudebat Nigolaus Bagganeus, i55o. In-iG» 
de 608 pages chilSrées. 

Le même bibliophile M. Glaudin possède le commencement 
et la fin de ce livre, qu'il a décrit dans sa notice citée plus 
haut, p. ai. Sur Comarius et ses œuvres, voir la Nouv, Biogr. 
gén,, XI, 835. 

*8. — Aristotelis et | Theophrasti | uistoriae I 
cùm de natura Animalium, tum de Plantis | et earum 
causis, cuncta ferè quse Deus opt. | max. homini 
eontemplanda exhibuit, ad | amussim complectentes : 
nunc iam suo resti | tutae nitori, et mendis omnibus. 



— 5i — 

quoad fleri | potuit, repui^tae. | Cum indice copio | 
sissimo | Ex quo saperflaom quod erat, decerpsimus : 
quod yero | necessariom nobis yisom est, superaddi- 
dimus. I Estote prudentes, | sicat serpentes | (Entre 
ces deux lignes de la devise, marque du libraire : trois 
serpents enroulés en cercle dans un riche cartouche 
carré.) LuGDUNi | Apud Gulielmum Gazeium, m.d.lii. 
Cum privilegio Régis, i vol. pet, in-octavo de 496 p. 
numérotées, plus un Index en tête non paginé, et un 
vocabulaire à la fin également non paginé. On lit au 
verso du dernier feuillet du vocabulaire : Lugduni, 

I EXCUDEBAT NiGOLAUS BaCQUENOIUS, | M. D. LU. 

A la suite de Touvrage d'Aristote, vient celui de Théophraste 
dont le titre est ainsi conçu : 

Theophrasti | philosophi cla | rissimi, | de Historia 
plantarum | Libri IX. Cum Decimi principio : et 
de Causis, | sine earum Gênera tione | Libri VI. | 
Theodoro Gaza interprète. | Quantum diligentiœ huic 
editioni loannes lordanus medi | eus doctissimus 
adhibuerit in restituendis, quae corrupta erant | et 
Graeco, docebit te sequens Epistola | ad lectorem. | 

Estote prudentes | sicut serpentes | (Marque aux 
trois serpents enroulés en cercle.) Lugduni, apud 
Gulielmum Gazeium, \ m. d. lu. Cum Privilegio 
Régis. I vol. petit in-8® de 400 pages numérotées. 

• 

En tôte, index non paginé, et à la fin vocabulaire" également 
non pag^é, au verso de la dernière feuille duquel on Jit : 
Lugduni ëxcudebàt Nicolaus Bacquenoius, m. d. lu. 

Ces deux ouvrages bien distincts, mais destinés à être joints 
par Téditeur, sont compris dans une même reliure. On lit au 

dos : ARISTOTELES ET THEOPHRAST. DE ANIMAL. ET PLANTI. 

Sur la garde, en face du titre, on lit au haut de la page, en 



— 52 - 

écriture du xvii^ siècle : E e. 7. Ex libris Nicolai Abraham 
Frambosarii medici Rhemensis, 

Sur le titre et au dernier feuillet verso, cachet aux armes de 
Saint-Nicaise et la mention : S. Nicasii ord, d. Bened. Congr,, 
S, Maori, cathologo inscriptus. 

L'exemplaire ici décrit se trouvait à la vente des livres du 
D' V. Lemoine, à Reims, le 18 octobre 1889, et a été acquis 
par le D' Octave Guelliot. Il porte une reliure de Fépoque 
assez délabrée, avec fleurons dorés. Sur le titre se trouve le 
cachet en bleu : ex libris d** maldan. 

L'ouvrage n'est pas indiqué dans le Manuel du Libraire^ et 
la première partie seule se trouve à la Bibliothèque de Reims. 

*9. — Coustumier de Reims. Auquel sont contenes 
les Coustumes, usages et communes observances 
gardées audict Reims, pour la conservation de la 
pollice, et gouvernement d'icelle. A quoy se sont 
réglés de long temps, et règlent de présent plusieurs 
villes, villages, païs, et lieux assis es environs dadict 
Reims, es termes du Bailliage de Yermandois. ~- 
A Reims, chez N. Bacquenois, à l'enseigne du Lyon. 
A\^ec Privilège et permission, m. d. lui. JPetit in-fol. 

Marque au Lion sur le titre, dédicace de Bacquenois d'abord 
au cardinal de Lorraine (i®' juillet i553), pcds aux lecteurs, 
sans date, terminée par la devise : Sequitur Fortuna laborem. 
Petit in-fol. de 189 pages numérotées. Lettres initiales ornées. 
Indice à la fin. (Trois exemplaires à la Bibliothèque de 
Reims.) Les dédicaces sont reproduites dans les Archives 

m 

législatives de Reims, par P. Varin, 1840, 1. 1, p. 64^5o. 

10. — De la nature de Tenfant au ventre de la 
mère, livre traduict du grec d'HippocRAXES, par 
Guillaume Chrestian. — Bheims, N. Bacquenois, 
j553. -In*. 



î^COVSTVMtER 

D E R E I M s. -■ 

Auqud{biitn>Dtcnuc3laCou(huiKs,'T£igESi&'!Mn- 
mtinetobfctuicB tafJcg audift R.dmiipoiir U COn- ' 
ËniMioa de la pollice.& gouucmemeniil'kdl* 

Ah Jîbn tUiiTSÎhib!^ , *Zti lUiB sain» . 

h M l , t >M mm. . jaiUfi. ItetMMw. J(-■fca^; 

■y » '^*'^ 




Titre du premier Livre imprimé a Reims, 1553- 

(Hf oni,!4I — Lr oi",l68S 
Bibliothèque de Reims. 



-63- 

Dédicace à la duchesse de Bouillon, datée à Château-Thierry 
le aa avril i553, par Fauteur G. Chrestibn, d'Orléans, médecin 
de.HenH II. Cette œuvre est citée, avec les remarques curieuses 
de l'auteur sur 4es eunuques, dans la Bibliothèque d'Ant, du 
Verdier, p. 475. Cf. Bibliotheca exotica.,., 1690, p. 67. Un 
exemplaire, incomplet de deux feuillets, a été vendu par 
M. Henri Menu à M. le comte Ed. de Barthélémy. Sur Guillaume 
Chrestien, voir la notice que lui a consacrée Tabbé Boulliot, 
dans la Biographie ardennaise, i83o, t. I, p. a4^-45« 

10^^. — Galien, de la formation des enfants au 
ventre de la mère et de l'enfantement de sept mois. 
— Reims, Bacquenois, i553. In-S*. 

Edition douteuse, non citée par Ant. du Verdier, p. 476» 
avec les œuvres de G. Chrestien, et considérée comme 
imaginaire par l'abbé Bouluot, Biographie ardenngise, 
1. 1, p. 244* L'édition réelle, celle de Paris, i556, fol. 120, in-8^ 
est précédée d'une dédicace datée de Fontainebleau le jour de 
saint Barnabe i556, et adresi^ée à Catherine de Médicîs. 
L'auteur n'y fait nulle allusion à une édition antérieure à 
Reims. 



10'^. — Des fractures de la tête; traduit d'HiPPo- 
GRATE. — Reims y Bacquenois, i553. In-8*. 

Edition douteuse, non citée par Ant. du Verdier, p. 47^, 
parmi les œuvres de Guillaume Chrestien auquel ce traité est 
attribué. 

IQquater^ — Dialectique de Pierre Ramus. — Reims, 
N. Bacquenois, j553. 

Cité dans le Dict, de Géographie, par Deschamps, 1870, 
col. 1080. Ni le Trésor des Livres rares de Graesse, ni le 
Manuel du Libraire n'en font mention à l'article Ramas. 



-54- 
IQqninqne^ — Missale Rhemeiise. — Rhemis, i553. 

La publication d'un Missel à Reims par le cardinal de 
Lorraine en i553, est attestée par Zaccaria, Bibliotheca ritualis, 
Romee, 1776-81, au 1. 1, chap. m, p. 63, — et par R. Sala, dans 
sa réédition de l'ouvrage de Bona, Rerum liturgicarwn libri 
duo, Turin, i753, au t. II, p. 336. Bacquenois seul pouvait 
imprimer ce Missel à cette date, et il s'engageait en i555 à 
« imprimer et mettre en lumière ung messel de l'impression 
et tel pappier que les messelz qui ont esté imprimez par cy 
devant audict Reims par ledict Bacquenoys. » Traité pour le 
missel de Saint-Rend, en Appendice II, Toutefois l'attribution 
à Bacquenois reste douteuse en l'absence de tout exemplaire. 

*11. — ViNCENTii LiRiNENSis Galll, ppo cathoUcae 
fidei antiquitate et universitate, adversus profanas 
omnium haereseon novationes Liber singularis. — 
Rhemis, Excudit Nicolaus Bacnetius, Sub Leone, 
M. D. Liiii. In-4^. 

(Marque de Bacquenois au Lion, sur le titre.) 

Petit in-4° de 82 pages, la marque de l'imprimeur au Lion, 

en face du dernier feuillet avec Finis, (Bibliothèque de Reims,) 

Au folio 2, dédicace : Ad Sanctiss. Cardinalem et principem 

ampliss, Carolum Lotharing^um, Rhemorumducemetpatricium, 

N, Bacnetius suus typographus. (Cette épitre de a pages n'est 

ni datée, ni signée. Elle se termine par la devise : Sequitur 

fortuna laborem.) 

12. — L'Observance de Religion Ghrestienne 
contenant l'Exposition du Psalme Davidique 38, 
qui commence : Dixi custodiam vias meas, — 
Rheims, N, Bacquenois, i554* In- 16. 

Œuvre de Pierre Doré, citée dans la Bibl, d'Ant. du Verdier, 
p. 1004. 
Le 3o septembre i556, « honorable et religieuse personne. 



- 65 ^ 

maistre Pierre Doré, prebtre, docteur en théologie, religieux 
de l'ordre des firères Prescheurs, confesseur et prescheur 
ordinaire de Madame la dachesse douairière de Guise, men de 
dévotion envers la faculté de théologie en l'Université de 
Reims et pour l'entretenement d'icelle... fonde une messe 
haulte a diacre et sous-diacre le jour des octaves de S. Pierre 
et S. Pol, 6^ juillet, qui se dira... en l'église du couvent des 
frères Prescheurs dud. Reims ou en la chapelle de S. Patrice 
au collège des bons enlTans de lad. université » 



13. — La forme et manière d'examiner sa conscience 
pour se confesser. Avec une briefve déclaration des 
commandemens de Dieu. — Rheims Bacquenois, 
i554' In-i6. - 

Œuvre de Jacques Golsonnet, docteur en théologie, citée 
dans la Biblioth. d^Ant, du Verdier, p. 598. 



♦14. - Manuale, seu (ut vocant) Agenda, ad usum 
insignis Ecclesiœ Rhemensis : in quo omnia, quse ad 
sacramentorum administrationem necessaria sunt, suo 
ordine continentur : ut te sequens Index docebit. 
— Rhemis, Excudit N. Bacquenois, Sub Leone, cum 
firwilegio Régis, m. d. liiii. In-4''. 

Sur le titre image de la Vierge de douleurs dans un 
cartouche. Au revers, extrait du privilège du Roy, donné à 
Paris le II janvier i55a, portant permission « à Maistre Nicol 
Bacquenois, Imprimeur demourant à Reims, d'imprimer les 
Heures, Messelz, Manuelz et Processionaux du diocèse dudict 
Reims d. In-4° de vm-iio feuillets numérotés, lettres rouges et 
noires, caractères romains, musique* notée, reliure pleine du 
temps, avec marques dorées sur les plats : Christ en croix. 
Annonciation. (Bibliothèque de Reims,) 



- 66- 

*15: — Le Livre des Précations et forme de prier 
Dieu, de M. Iean Fere, docteur en Théologie^ mises 
en françoispar N. Bacquenois. A Madame Anthoinette 
de Loraine, abbesse de Farmontier. — A Bheims, chez 
ledict Bacquenois, imprimeur de Morts. Le B. Cardinal 
de Loraine. Açec Privilège du Boy, t555. In-8». 

Au revers du titre, écusson d'Ant. de Lorraine. L'ouvra^ 
est un petit in-8^ de 80 feuillets, imprimé en lettres rondes, 
avec signatures, mais sans foliotage, lettres ornées en tête des 
chapitres, marqué de l'imprimeur à la fin. Bibliothèque de 
Reims, Gfr. Brunet, Manuel du libraire, 1861, t. II, col. I2ai, 
où l'ouvrage est donné à tort sous la date de i55i. 

C'est dans la dédicace de ce livre que Bacquenois parle de 
sa traduction du texte de Flodoard, qu'il espère terminer, et 
publier. 

Elle est adressée : « A très illustre Princesse, et Reverendissime 
Religieuse, Madame Anthoinette de Loraine, Abbesse de 
Farmontier, N. Bacquenois, humble salut. » Cette épître de 
quatre pages est datée : « A Rheims ce i^'' septembre i555 », 
et suivie d'une Préface de l'Autheur. Sa date suffît à prouver 
que le volume a été imprimé seulement en i555 et non en i55i, 
conune le croit du Verdier : « Nicolas Bacquenois a traduit du 
latin de Iean Fere, docteur en théologie : Précations et forme 
de prier Dieu. Impr. à Rheims 16®, par ledit Bacquenois i55i. » 
(La Bihlioth, d'Ant, du Verdier^ p. 900.) Cet auteur cite encore 
ailleurs « Iean Fere : Prières de iean Fere, prédicateur de 
Maience, translatées en François. » (BibL d'Ant, du Verdier, 
p. 690.) L'erreur de date a été reproduite par beaucoup de 
bibliographes sans plus de fondement. 

*16. — Statuta synodalia édita et restituta 
consilio, et mandato D. Domini Claudïi de Longbi, 
SS. Romanae Ecole. Cardinalis meritissimi, Episcopi, 
Ducis Lingonensis ac Franciae Paris. — Bhemis, 
Excudebat N. Bacnetius, Caroli Cardinalis Lotha- 



jningi Typographus. Expensis Mattosi Yiaudet^ 
Jiïbliopolœ apud Lingonas, i556. In-4*- 

Ecasson sur le titre : de,., à la bande de.,,, croix et chapeau 
€l'éyéqae au-dessus. Au revers, autre écusson différent. Sur le 
titre de la signature Simon Couçryot et la mention domua 
senUnarii Lingonensis. L'ouvrage est un petit in-4® de rv-i5a (T., 
initiales avec figures. On lit à la fin : Finiunt statuta synodalia 
excusa Rhemia, expensis Matthœi Viaudey, Bibliopolœ apud 
Lingonas, j5S6. Table ms. (Bibliothèque de Reims,) 

La dédicace débute ainsi au fol. a : Reverendo in Christo 
Patri loanni d'Amoncourt, dei gratia Episcopo Pictavensi, 
Vicario generaU D, Domini Claudii SS. Romance Ecclesiœ 
Cardinalis meritissimi, Episcopi ducis Lingonensis, Paris 
Franciœ, N. Bacnetius^ S, D, Cette épître de deux pages n'est 
ni datée ni signée ; elle est terminée par la devise : Nec mors, 
nec vita. 

Le traité pour l'impression de ces statuts avait été passé à 
Reims entre Bacquenois et Mathieu Vyaudel, libraire à 
Langres, le a6 février i555. Il est donné ici en entier parmi les 
pièces justificatives, Appendice I. 

16***. — Statuta synodalia sub Ludovico cardinali 
DE Barro, hujus Dioœcesis administratore, sancita 
anno 1404. Alla sub Joanne d'Amboise, Episcopo 
Lingonensi, anno 1491. — Rhemis, Bacnetii, j556. 
In-4*. 

Déjà imprimés à Paris en 149I9 puis en i5a8, chez Petit, ces 
statuts auraient été réédités par Bacquenois, en i556, d'après 
un titre communiqué à M. Menu par M. Denis, libraire et 
bibliographe châlonnais. Origines de l'imprimerie rémoise, 
fol. 57, verso. Cette réédition est citée d'ailleurs dans la Biblio- 
thèque historique de la France du P. Lelong, 1. 1, 1768, p. 433. 

17. — La vie et mort chrestienne, extraicte des 
Ëpistres de S. Paul, contenant la doctrine plus 

5 



-68- 

nécessaire à un Ghrestien de sçavoir et practiquer : 
Livre distingué et party par chapitres comme on voit 
à la table d'iceluy. — Imp. à Rheims, chez Nicolas 
Bacquenois, i556. Petit in-S». 

L'auteur est Pierre Doré, cité dans La Biblioth, d^Ant. du 
Verdier, p. 1004. 



18. — Livre sixiesme des demandas et inventions 
diverses de Nicolas Tartaglia, Bressian, sur la 
manière de fortifier les citez, eu esgard à la forme : 
et de quelle largeur, hauteur et espaisseur doivent 
estre les boulevers, platteformes et cavalières, mis 
d'Italien en françois par traducteur incertain. — 
BeimSj N. Bacquenois, i556. In-8®. 

Ouvrage déjà édité à Venise en i546. Cf. Bibl. d'Ant. du 
Verdier, p. 920. — Se trouve à la Bibliothèque de Bordeaux, 
n» 23, 265 A (Sciences et Arts, 8665*). 

* 1 9 . — Missale ad usum percelebris Archimonasterii 
Sancti Remigii Rhemensis, nunc primo ex manuscriptis 
exemplaribus decerptum. Excusum expensis domini 
Pétri Ribaille, Sancti Marculphi Thesaurarii, qui 
in eodem Ârchimonasterio religionem professus, hoc 
nobis pro sua liberalitate elargitus est. — Rliemis, 
Excudit Nicolaus Bacquenois. Caroli Cardinalis 
Lotharingi Typographus. Sub Leone. i556. Petit 
in-fol. 

Sur le titre, vignette représentant saint Reml et saint Pierre 
debout, et Pierre Ribaille agenouillé. (Bibliothèque de Reims, 
du legs Saubinet.) In-fol. de 246 fT. en tout, avec numérotages 




Titre du Missel de Saint-Remi de Reims, 1556. 

Bibliothèque de Reims. 



partiels, lettres ornées et têtes de chapitre. On lit à la un : 
Bxpensis Z)... P... RUnUlle... Anno à nato lesu Christo^ i666, 
Mense Martio, 

Deux magnifiqaes gravures sor bois représentant, dans nn 
très riche encadrement, Tune le Christ en Croix et l'autre 
le Père Etemel, en regard, au commencement du canon. 
La pagination comprend : 12^ feuillets non numérotés, titre 
et préambules; ex feuillets numérotés. Propre du temps; 
la feuillets non numérotés, Ordinaire de la messe ; cxn feuillets 
numérotés. Propre des Saints. Mention ms. au bas de TExplicit : 
Archimonasterii S, Remigii Remensis, congregationis S, Mou- 
ri, Ordinis S. BenecUcti in GcUlia. Cet exemplaire de la 
Bibliothèque de Reims a conservé sa reliure du temps, avec 
médaillon sur les plats offrant le Crucifiement. 

Le Missel de Saint-Remi appartenait à M. Louis-Lucas, 
ancien notaire à Reims, dont la bibliothèque fut vendue à 
Reims en i858 (jo? 36 du Catalogue). M. Saubinet acquit alors 
ce précieux ouvrage et le lég^a en 1869 à la Bibliothèque de 
Reims avec tous ses livres rémois. 

La Bibliothèque de Charleville possède un exemplaire du 
Missel de Saint-Remi, i556, provenant du prieuré de Novy 
(Bénédictins de Saint- Vanne, 1647). Renseignement fourni par 
D. Noël, religieux bénédictin de Solesmes. — Un troisième 
exemplaire se trouve à la Bibliothèque de Luxembourg 
(Weale, Catalogus Missalium ritus latiniy p. aa^). 



' 20. — MISSALE AD VSVM PERGELEBRIS 
MONASTERII CLVNIAGENSIS, nunc primo ex 
VETERiBUS I exemplaribus restitutum, atque his typis 
quam | potuit fieri diligentissime excusum : reieetis, 
que superflua erant : & additis que antehàe neces- 
saria | desiderabantur. 

Ad lUustrissimum Prineipem, & Gardinalem Garo- 
lum a Lo|tharingia, Abbatem Cluniaeensem meritis- 
simum. 



-62 — 

21. — Statuta synodalia a Reyerendo in Ghristo 
pâtre ac Domino Hierontmo Burgensi, Episcopo 
Comité Gathalaunensi Franeiœq. pari, édita et 
promulgata, Anno Domini iSS^. Die qointa mensis 
Maii. — Rhemis, Ex Typographia N. BacnetU, 
Cardinalis Lotharingi Typographi, i55y. ln-4" de 
aSp pages, y compris Terrata. 

L'ouvrage est précédé d'une dédicace adressée par rimprimeur 
à Tévéque Jérôme Bourgeois. Il en existe trois exemplaires à 
la Bibliothèque de Ghàlons. Renseignement fourni par M. H. 
Menu, et confirmé par MM. Gh. Gillet et A. Lhote. 

22. — Breviarum ad usum diœcesis Remensis... 
— Reims, N. Bacquenois, i55y. 

L'existence de cet ouvrage, dont on ne connaît pas 
d'exemplaire, est prouvée par deux actes authentiques, 
signés par N. Bacquenois, le premier du 5 février i557, 
contenant le traité fait par lui avec le Ghapitre de Reims pour 
l'impression du bréviaire, et le second du ao juillet i568 par 
lequel il cède à N. Psaulme, évêque de Verdun, le reliquat de 
la sonmie à lui due par le même Ghapitre pour l'impression 
dudit bréviaire. (Minutes des notaires de Reims, Crérard 
Savetel, i55y, et Jean Rogier, i568,) Voir Appendice VIL 

23. — La tourterelle de yiduité, contenant la cha- 
pitres, enseignant les veufves comment doivent vivre 
en leur estât, et les consolant en leurs adversitez, aussi 
les orphelins. — Rheims, N. Bacquenois, i55y, In-i6. 

Gité dans la Bihl. d'Ant, du Verdier, p. 1004. Brunet indique 
-cet ouvrage avec la date de i558, dans son Manuel du Libraire, 
im II, col. 819. Pierre Doré en est l'auteur. Une réédition a été 
faite à Paris, V^« J. Ruelle, i574> et une autre à Arrcus en 



i6o5. Un exemplaire de la première édition se trouve à la 
Bibliothèqae de Rouen, fonds Leber. 



*24. — Goustumes générales et particulières du 
Bailliage de Yermandois, tant de la Ville, Cité, 
Baillieye et prevosté foraine de Laon, que des 
prevosté et anciens ressorts d'ieelui, comme Rheims, 
Ghaaions, Noyon, Saint-Quentin, Ribemont, Goucy, 
et autres. Mises et rédigées par escrit, arrestées et 
emologuées par ordonnance du Roy, en présence 
des gens des trois estats dudit Bailliage, Prevostés et 
anciens ressorts d'icelui, au mois de novembre i556. 
Le Lecteur trouvera au commencement Tlndice des 
matières contenues en chacune Goustume particu- 
lièrement. Et à la fin l'Indice des villes et villages 
subiets audit Bailliage et Prevostés d'icelui, aussi 
particulièrement. Sequitur Fortuna Laborem. — 
A BheimSj par N. Bacquenois, Imprimeur de M. le 
R... Cardinal de Lorraine, et Gérard Collebert, 
Marchant Libraire iuré en l'Université de Rheims, 
i55y. Avec Privilège du Roy pour dix ans. In-fol. 

Je possède un exemplaire qui ne porte pas la mention du 
libraire Gérard Golbert, mais seulement le titre de Timprimeur 
Au revers du titre se trouve le privilège donné à Eschou le 
ao septembre i556. Puis vient l'épitre de Christophe de Thou 
à Charles de Lorraine, suivie d'une poésie latine et d'une 
épltre de Pierre de Longueval au lecteur. In-fol. de xvi-277-iv 
pages, celles des préliminaires et de l'Indice non numérotées, 
lettres ornées, fleurons. 

La Bibliothèque de Reims en possède deux exemplaires 
bien conservés, sur l'un desquels, provenant du D' Raussin, 
se trouve son Ex-libris et celui de M. Dorigny, avocat du 
Roi, 1707. 



- w — 

en continuèrent la tradition jusqu'à la fin du xviii® 
siècle. 

Nous ne suivrons pas ici les destinées de la 
typographie rémoise plus loin que Tannée i65o, 
malgré l'intérêt historique et artistique de semblables 
recherches. Il convient d'en laisser l'honneur à celui 
qui tenterait d'écrire une histoire d'ensemble de 
l'imprimerie à Reims, et rapprocherait ainsi les 
anciens maîtres, dont les mains firent toute l'habileté, 
des actifs typographes modernes, outillés merveilleu- 
sement par les progrès ' de la science. Il nous sufiBt 
d'avoir retracé la vie du fondateur et mesuré les 
premiers pas de l'art qui renouvela la vie intellectuelle 
d'un bout à l'autre de l'Europe. Si la ville de Reims 
ne fat pas initiée Tune des premières à la féconde 
découverte, elle en usa dans la suite avec une noble 
émulation qui se poursuit jusqu'à nous. 

Nous nous contenterons de produire en appendice 
des extraits de nos archives sur les anciens impri- 
meurs et de citer ici quelques libraires de Reims au 
xvi® siècle, d'après les indications si curieuses de 
M. Emile Picot (i). 

1. Pierre Boicel, qui publia vers i5o8, les Pre- 
cepta Synodalia de Charles de Caretto. (Nous croyons 
à une erreur, Boicel est parisien probablement.) 

2. Vincent de La Vacquerie et son serviteur Adrien 
Bazoche, poursuivis et sévèrement condamnés le ao 
août 1547^ pour avoir été trouvés saisis de plusieurs 
livres réprouvés et censurés (2). 

(i) Reçœ critique, 19 octobre 1891, p. a4^4S* 

(3) N. Weiss, La Chambre ardente, étude sur la liberté de conscience en 
France, Paris, 1889, ^-^ P* i3. 



— 100 — 

3. Eustache JosseteaUj qui succomba dans un 
procès à lui intenté par Bacquenois, en i554. 

•4- Gérard Colbert, qui vendait en iSSj les Cous- 
tûmes de Vermandois. 

5. Jacques Martin, qui publia en i568 le Bref 
discours sur les moyens que le cardinal de Lorraine 
a tenus et tient encore pour ax:croistre sa maison, 
etc. (Catalogue Chartener, i885, n® 4^)* Nicolas 
Martin, fut peut^tre marchand libraire à Reims, 
mais Jean Martin nous parait un libraire fictif. 

Voici trois titres d'ouvrages portant le nom faux 
de Martin sous la rubrique Reims : 

Notable et sommaire discours de Testât des afaires 
de France, depuis l'Edit de pacification fait au moys 
de May iSjô... A Bheims, par lean Martin, 1677, 
in-8« de 45 p. 

BiBL. Nationale. L. b^, N» 826. — (Gâtai. Impr., 
Hist. de France, t. i, p. 288). 

Le tocsain, contre les massacreurs et auteurs des 
confusions en France. Par lequel, la source et ori- 
gine de tous les maux^ qui de longtemps travaillent 
la France, est descouverte. Afin d'inciter et esmou- 
voir tous les Princes fidelles, de s'employer pour le 
retranchement d'icelle. Adressé à tous les Princes 
chrestiens. — Beims, imp. de /. Martin, 1677, in-8». 
A. 1579. — Reim^s in-S». 

La légende de Charles, cardinal de Lorraine, et de 
ses frères de la Maison de Guise, descrite en trois 
livres par François de l'Isle. — A Reim^, de l'Impri- 
merie de Pierre Martin, 1679, in-8» de xii. — 74 P* 

6. Jean Mouchar, qui signa en 1677 la Résolution 
claire et facile sur la question tant de fois faite de 



— 66- 

pour Estienne Denise, demourant rue S. lacquee, à l'Éléphant 
devant les Matkarina. In-8^. Elle a été reproduite de nos jours 
dans les Archives curieuses de l'Histoire de France^ publiées 
par L. GuiBER, i'* série, t. III, i834, p. ai3 à ai8. 

Enfin, cet opuscnle a été réimprimé avec le titre en fiic^ 
simile, à Reims, «n i84i> par la Société des BihUophiles rémois^ 
avec avertissement et notes par Pr. Tarbé, brochure in-8^ 
de 34 pages. Impr. Jacquet ^ 1841. 

27^^. — Discours sur l'état des afTaires de France 
depuis rÉdit de pacification, en i556. — Reims, 
i55y. In-8\ 

Cité par le P. Lelong, dans la Bibliothèque historique de la 
France, sous le n<* 179679, sans indication d'imprimeur, .mais 
avec la rubrique Reims, à une époque où Bacquenois seul 
pouvait y imprimer. D'après M. Henri Menu, (pii a vu le 
volume, il fut certainement imprimé soit au^ Pays-Bas, soit 
en Suisse, et rentre ainsi dans la série des ouvrages publiés 
sous la fausse rubrique de Reims. 

*28. — Deux livres : Le premier des luges et 
lurisdiclions : L'autre des Advocatz, Procureurs et 
Procurations : Faitz par M. Claude Lyenard, 
d'Esparnay, Advocat à Rheims. — A Rheims, par 
N. Bacquenois, Imp, de M. le R. Card. de Lorraine, 
i558. (Titres encadrés de fleurons.) 

Petit in-8^ de 39a pages numérotées, sauf à l'indice. Reliure 
parchemin. (Bibliothèque de Reims.) 

Dédicace en tête, datée de Reims, i557. A la fin extrait du 
privilège, daté à Rheims, le oS de luillet i558. 

Par acte à Reims du 39 novembre i559, Bacquenois céda son 
privilège à Sébastien Nivelle, qui réédita l'ouvrage à Paris 
en i56o, sous le titre de Première partie de la pratique civUe 
en cinq livres.., 1 vol. in-8°. 




Titre du Livre des Advocatz, par Clauph I.yknard, 155S 

iHro'ii.lSÎ - Lr 0"',m) 
BibliotliÈque Je Ucims, 



29. — Brief traicté de TOrdre du divin Office des 
religieuses servant a Dieu sous la reformation de 
Fontevrault. — Reims , N. BacqnenoiSj i558. 

Oavrage attribué à N. Bacquenois^ comme autem* et 
imprimeur à la fois, par la Bibliothèque française de la Croix 
du Maine, t. II, p. 187, et par le Manuel du Libraire^ 1861, 
t. II, col. laai. Un exemplaire de ce très rare traité se trouvait 
dans la bibliothèque de M. Lacatte-Joltrois, décédé à Reims 
en 1859. On ignore ce qu'il est devenu depuis sa mort. 

30. — Les hymnes sur le chant de FÉglise, avec 
un Cantique premier sur le livre de Genèse. — 
Bheims, N. Bacquenois, i558. In-8«. 

a lean Boquillet, prebstre d*Aubigny, a translaté de latin en 
rime Françoise. » (Cf. Biblioth. d'Ant. du Verdier, p. 656.) — 
Aubignjr-leS'Pothées, près de Maubert-Fontaine (Ardennes). 
Voir la Biographie ardennaise, par l'abbé Boulliot, i85o, 
1. 1, p. l33. 

31. — Dialogue entre le Samaritain et Dieu, la 
victoire de toutes tribulations, extraicte de la saincte 
escriture et des Docteurs de FÉglise. — Impr. à 
Mheims, par N. Bacquenois, i558. In-i6. 

Pierre Doré en est l'auteur ; il est né à Blois et mort à 
Paris, le 19 mai 1669. Cet opuscule avait déjà été imprimé 
à Paris, J. Ruelle, i554. In-i6. La Biblioth. d'Ant, du Verdier, 
p. 1004. 

n y a eu d'autres éditions, avec un titre un peu différent ; 
voici le premier : Le Livre de la victoire contre toutes tribu- 
lations. En Anvers, de l'imprimerie de Christqfle Plantin, en 
la rue de la Chambre, à la Licorne d'Or, i557, in-i6. — Im-. 
primé d'abord à Paris, chez Séh, Nivelle, et ensuite réimprimé 
à Reims, chez Nie, Bacquenois, en i558, in-i6. — Nous avons 



— 97 - 

artiste a certainement tracé cette marque, car on en 
retrouve le dessin original et la gravure dans le recueil 
de ses œuvres à la Bibliothèque de Reims. Le chiffire 
reparait au sonunet entre deux branches d'olivier, et 
la Bible est placée sous le cartouche, fermée cette 
fois, mais portant sur la tranche : biblia sacra. Deux 
palmes soutiennent le livre, autour duquel s'enroule 
le ruban portant la devise invariable. Il y a une 
grande analogie entre la marque donnée ici et celle 
qui figure plus haut comme le troisième type du 
Lion. Dans tous les deux la vue de Reims est 
complète, l'entourage seul diffère, offrant un cachet 
analogue d'élégance et de bon goût. Le genre de 
Baussonnet est inimitable dans sa variété et sa finesse : 
nos dessinateurs modernes trouveraient un immense 
profit à s'en inspirer ou même à le copier simplement. 
Enfin, après la Bible (i), la dernière marque 
artistique que nous puissions présenter est celle de 
Nicolas Constant, qui portait le titre d'Imprimeur 
ordinaire du Rojr, à la Couronne d'Or. C'est encore 
sur Le Dessein de l'Histoire de Beim^, par Bergier, 
que nous rencontrons sa marque. C'est la plus 
grande de toutes, elle est gravée sur cuivre et porte 
la signature : E. Moreau fecit. On y admire le burin 
d'un artiste, Châlonnais d'origine et Rémois par 
adoption. C'était lui qui excellait à reproduire les 
dessins de Baussonnet (â). 



(i) Regnauld Florentain avait pour enseigne A la Bible d*Or, dont on 
retrouve la marque sur la Bible de D. Sabatier, 3 vol. in-fol. qu'il imprima 
en 1743. Piérard prit pour enseigne : An, Nom de Jésus, — Dessain : 
A l'Annonciation ; — et les Jeunehomme : A Saint-François. 

(3) Voir les notices de M. Sutaine, dans les Travaux de V Académie de 
Reims, sur Baussonnet, t. XIII, p. agi, et sur Edme Moreau, t XIV, p', 17. 



— 71 - 

In^ de 278 p.y tout en italiqaes, sauf la Dédicace. (BibWh 
thèque de Reims.) 

" Dédicace de Bacquenois à Renée de Lorraine, ni datée, ni 
signée, reproduite dans la réédition faite à Reims. Reliure 
moderne. 

* 38. — De la vérité du corps et sang de lésas 
Christ en la saincte hostie, par Iean Tavernier, 
Docteur en la faculté de Théologie de Paris. A mon 
Seigneur le Reverendissime et Illustrissime Cardinal 
de Lorraine. — A Bheims, par N. Bacquenois, 
Imprimeur de M. le Rêver. Cardinal de Lorraine, 
i56o. Açec Privilège du Roy, pour six ans. 

Au revers, extrait du privilège daté à Amboise du 4 février 
1559. 

Petit in-S^ de vm-340 P&g^s, lettres ornées, texte en italiques 
sauf la dédicace de J. Tavernier au cardinal de Lorraine. 
(Bibliothèque de Reims.) 

Cartonnage moderne recouvert en papier peigne. A la fîn 
quelques signatures : Maistre Piere Ckesnajr, curé de Coussé 
et chanoine de Sale? Denis Bruant bon gar. 

39. — Breviarum secundum usum insignis Ecclesiae 
Virdunensis. Nunc jam his typis excussum, authoritate 
et mandato Reverendissimi in Christo Patris et Domini 
D. NiGOLAi PsALAL^i, Episcopi et comitis virdunensis 
meritissimi. — Virduni, excudebat Nicolaus Bacnetius, 
dicti Reverendi Episco. typographus, i56o. 

Deux volumes petit în-8®, ornés de gravure sur bois. (Se 

trouvent à la Bibliothèque de Verdun.) On lit au fol. 36 recto : 

Virduni Excudebat N. Bacnetius. Anno à Christo nato, i56o, 

mention reproduite à la fin de l'ouvrage, avec le titre 

d'imprimeur de l'évéque. Cf. Beaupré, Recherches hist. et 



- 72 - 

bibL sur l'imprimerie en Lorraine, i845 ; le Dictionnaire de 
Créographie à l'usage du libraire, 1870, col. i359; et la 
Bibliographie de N. Psaulme, par Fabbé N. Frizon, au t. V 
de sa Petite Bibliothèque verdunoise, 1890. 

40. — Harangue au roy nostre sire Charles IX, 
faiete à son entrée en sa ville de Reims, par 
Monseigneur le Cardinal de Lorraine. — Reims, 
[Bacquenois et] Foignjr, t56i. 

Il doit y être fait, dit M. Henri Menu, mention de Bacquenois 
comme éditeur aussi bien que de Foigny ; cependant, la 
Bibliothèque d'Ant. du Verdier ne mentionne que ce dernier, 
p. i35. 

Cette harangue fut rééditée à Paris par Sertenas, en i56i ; 
elle le fut aussi à Lyon, par Rigaud, la même année. In-^®. 

* 4 1 . — L'oraison de Monseigneur le illustrissime 
et reverendissime Cardinal de Lorraine, faite en 
l'Assemblée de Poissy, le Roy y estant présent, le 
XVI. iour de septembre m. d. lxi. — A Rheims, 
par N. Bacquenois et lean de Foigny, imprimeur 
de maudit. Seigneur Reverendissime Cardinal, à 
l'enseigne du Lion, deçant le Collège des bons 
EnfanSj i56i. Avec permission et commandement 
dudit Seigneur. 

Sur le titre les armes du cardinal de Lorraine, avec la croix 
et le chapeau, petit in-4^ de 40 pages numérotées, le texte 
entièrement en italiques. (Bibliothèque de Reims,) 

*42. — NicoLAi Beguini Remensis, de Pascate 
dominico libri très. Reliquam huius traetatus materiam 
index proximùs titulorum et capitum supplebit. 
— Remis. Excudebat lo. de Foigny, in officina 



N: Bacnetii, R. Do. Caroli Lotharingi Cardinalis 
typographie sub Leone, i56a. Cam Prinlegiç. 

Au revers da titre, citation grecque et latine, puis dédicace 
de Nicolas Béguin, chanoine de Reims, au cardinal de Lorraine. 

In-8° de xvm £f. non numérotés en tôte, suivis de 1612 pages 
numérotées, en caractères romains. Reliure moderne, conser- 
vation parfaite. (Bibliothèque de Reims.) 

*43. — Les rases et finesses du diable pour tascher 
a abolir le saint sacrifice de lesus Christ. Où sont 
apertement monstrez et descouverts les moyens 
inventez par Satan pour renverser et mettre bas le 
saint sacrifice de la Messe^ par Gentian Hervet, 
d'Orléans. — A Rheims, pour N. Bacquenois et 
Jean de Foignjr, imprimeurs de mx)n Seigneur le 
Reverendissim£ Cardinal de Lorraine, à l'enseigne 
du Lion, devant le collège des Bons en/ans, i56a. 
Açec Privilège du Roy. In-S». 

En téte^ dédicace de Fauteur au cardinal de Lorraine, datée 
du 6 février i56i. L'exemplaire de la Bibliothèque de Reims 
est incomplet, 112 pages. L'ouvrage complet in-8°dexn-ii4(?) 
pages numérotées. — a lettres ornées, Tépltre en italiques. 

44. — Traité du Purgatoire, auquel sont contenues 
les opinions des nouveaux évangélistes de ce temps. 
— Reim^, iSôa, par N. Bacquenois et Jean de ' 
Foignjr. In-8*. 

Œuvre de Gentian Hervet, publiée simultanément à Reims 
et à Paris. (Bibliothèque de M. Moignon, 1866.) 

La Bibl. d'Ant, du Verdier donne cet ouvrage comme 
imprimé à Paris, par Guillaume Nyverd, i562. In-8°. L'édition 
rémoise est indiquée par M. Menu. Orig. de Vimpr. rémoise, 
fol. 74. 

6 



-74- . 

» 

* 45. — Epistre envoyée à un quidam fauteur des 
nouveaux Evangéliques. — \Reims, /5tfii.] In-8*. 

Ouvrage de Gentian Hervet, qui aurait été publié comme le 
Traité du Purgatoire, simultanément à Reims et à Paris. 
(Bibliothèque de M. Moignon, 1866.) — Cet ouvrage est 
donné dans la Bibl. d'Ant. du Verdier, comme imprimé à Paris 
par Guillaume Nyverd, i56i. ln-8®. M. Menu le donne conmie 
publié simultanément à Reims et à Paris. Origines de Vimpr. 
rémoise, fol. 74* ^^ trouve à la Bibliothèque de Reims un 
exemplaire portant sur le titre le nom de G. Nyverd et la date 
de i56a, avec les armes pleines de Lorraine et la devise de 
Bacquenois autour : Sequitur Fortuna Laborem, ce qui 
indiquerait au moins une assodatron des deux éditeurs. 

Sur Gentian Hervet, sa vie et ses œuvres, voir la notice des 
Mémoires des Hommes illustres, par Nigeron, t. Vil, i^Ba, 
p. 187 à 200. 

46. — Pu IIII. Mandement de nostre sainct 
Père le Pape, Sur la résidence personnelle des 
Ecclésiastiques. — A Verdun, par N. Bacquenois, 
Imprimeur du R. Père en Dieu Monseigneur Nicolas 
Psaulme, Evesque et .Comte dudit Verdun. S. d. 
Petit in-8« de 8 ff. non chiffrés, titre compris. 

Sur le titre, armes de Pie IV, surmontées de Faigle de 
l'empire avec la tiare et les clefs ; ni dédicace, ni introduction. 

Non signalé par M. Beaupré. Opuscule publié vers 1662, 
contenant la traduction de la bulle de Pie IV du 4 septembre 
i56o, cette traduction, œuvre de Nicolas Psaulme probablement. 
Bibliographie de N. Psaulme, par Vahbé Frizon, p. 174. (Se 
trouve à la {Bibliothèque de Verdun), 

*47. — Discours sur le saccagement de Eglises 
Catholiques par les Hérétiques anciens, et nouveaux 
Calvinistes^ en Tan i56Qi. A monseigneur Fillustrissime 



Gardinal de Xiorraine, par F. Claude de Saingtes, 
Théologien à Paris. — A Verdun, pour N. Bacquenois, 
Imprimeur de Monseigneur VEvesque et Comte dudit 
Verdun, i56a. Avec permission dudit Seigneur. Petit 
in-8o de x ff. prél. et 86 ff. numérotés. 

En tête, épitre de Tauteor au cardinal de Lorraine, datée de 
Chartres le a6 septembre i56a. Cl. de Saintes est devenu 
évéqae d'Évreux; son ouvrage fut réédité en 1567 à Paris, 
în-8®, par Claude Fremy, et à Avignon, par Pierre Roux. 
(Cf BibUoth. d'Ant. àa Verdier, p. iqS.) L'exemplaire de la 
Bibliothèque de Reims, première édition, est à belles marges, 
reliure moderne en maroquin plein aux armes de la ville. 
Provenance : les Jésuites de Reims et Nicaise Serval. 

Voici le titre de la réédition : 

Discours sur le sacaigement des Eglises catholiques 
par les hérétiques, anciens et nouveaux Calvinistes, 
en l'an i562, contenant 17 chapitres. Plus de Fancien 
naturel des François en la religion chrestienne, 
extraict du premier livre d'Agathius, auteur Grec. 

Le tout impr, à Paris, in-8°, par Claude Fremy, i56y, 
et en Avignon, par Pierre Roux, (Bibl. d'Ant, du Verdier, 
p. 193.) 

47*^. — Préservatif contre le changement de 
Religion. — A Verdun, i563. In-8<». 

Ouvrage de Nicolas Psaulme, évoque de Verdun, cité par 
D. Calmât, sans nom d'éditeur. Histoire de Lorraine, t. IV. 
{La Bibliothèque lorraine^ Nancy, 1751, col. 777.) Dans sa 
Bibliographie de N. Psaulme, p. 169, M. Tabbé Frizon considère 
ce livre comme imprimé probablement à Trente, en i563. Mais 
il n'en existe aucun exemplaire connu pour trancher le litige. 
Bacquenois seul pouvait imprimer à Verdun en i563. 



-76- 

48. — La doctrine yraye et catholique du sacrement 
d'Ordre, arrestée et publiée à la condemnation des 
erreurs de nostre temps, par le saint Concile gênerai 
assemblé à Trente, en la septiesme session. Le 
quinziesme iour de Juillet l'an de grâce Mil cinq 
cents soixante trois. Souz nostre très saint Père le 
Pape Pie quatriesme. Ensemble le décret de la 
résidence publié en ceste mesme session. Avec 
l'ordonnance des Collèges en chascun Diocèse. — 
Sbquitur fortuna laborem. — A Verdun, par 
N. Bacquenois, imprimeur du R. P. en Dieu 
Monseigneur Nicolas Ps(mlme, Eçesque et Comte de 
Verdun, i563. Petit in-S» de a fif. préliminaires non 
chiffrés pour le titre et la dédicace et de 43 pages de ^ 
texte. Au verso du titre, écusson de N. Psaulme 
avec la devise : Si Deus pro nobis, quis contra nos ? 

Ce livre, dédié à l'évéque de Verdun, a échappé aux 
recherches de M. Beaupré. La dédicace est datée du 5 septembre 
i563 et signée par le traducteur, François le Clerc, qui habitait 
le collège des Orphelins, à Verdun. Bibliothèque de N. Pscuibne, 
par Tabbé Frizon, p. 176 à 177. (L'ouvrage se trouve à la 
Bibliothèque de Verdun,) 

*49. — Ganones et décréta sacrosancti œcumenici 
et generalis concilii Tridentini : quae antea sparsim 
et absque ullo ordine, prout occurrebant, negotia, 
fuere diversis temporibus proposita sub Paulo III, 
Julio III, et Pio IIII, Pontiflcibus Max., Nuncprimùm 
revocata in artem et ordinem, et in Rubricas, certaque 
capita convenienti methodo digesta. Summaria quoque 
singulis quibusque Ganonibus in id praefixa sunt, ut 
paucis déclarent ex qua sessione exceptus sit quilibet 



-0- 

transformatioD de la marque primitive au Lion, 
qui s'identiflait en quelque sorte avec l'origine de 
l'imprimerie dans la ville des sacres. 

Noos arrivons au Griffon, la véritable enseigne 
de François Bernard, comme nous venons de le 
remarquer. On le voit, en effet, figurer sur le titre 
du Dessein de l' Histoire de Reims... par feu Nicolas 
Bergier, œuvre posthume mise au jour en i635 (i). 
Ce n'était point, à vrai dire, une marque originale, 
car cet animal fabuleux avait été, au siècle précédeat, 
choisi par Sébastien Griffe (Gryphius), qui exerçait 
son art à Lyon, de i535 à i556, et entourait son 
emblème parlant de la devise : ViHnte duce, comité 
fortuna. 

Transporté à Reims pour un motif que nous 
ignorons, le Griffon y fut représenté debout sur un 




livre, les pattes de devant appuyées sur un cartouche 
portant une croix à plusieurs traverses recroisées 

(i) Cet oDTrage fut édité simultanémeiit par les trois libraires associés, 
Fr. Bernard, N. Constant et N. Hécart, de sorte que l'on en trouve des 
TEC trois marques dlfféreales. 



Episcopnm... Anno Domini i564... — Virda, 
Excndebat N. BacnetiaSs i564- Petit in-4^ de 8 
non chiffrés. 

Cité par H. Menu dans son Mémoire mss., d'après le^ 
Recherches de M. Beaupré, p. 168, et par M. l'abbé Frizon^' 
dans sa Bibliographie de N, Psaulme, n® x, à la page 160 àv0- 
t. V de sa Petite Bibliothèque çerdunoise. 

5 1 . — Forma precationom pro tribulatione Ecclesiae 
et populi, quam in diœcesi et comitatu Virdunensi 
yult observari nn snplpicationibus (sic) generalibns 
R. DD. N. PsALM-«:us, Episcopus... Virdunensis... — 
VirdUni, apud N. Bacnetium, i564- In-4® de la ff. 
non chiffrés. 

Cité par H. Menu, dans son Mémoire ms., d'après les 
Recherches, de M. Beaupré, p. 169, et par M. l'abbé Frizon, 
dans sa Bibliographie de N. Psaulme, n? xi. 

52. — Apologia Joannis Veteris contra calumnias 
Theodori Bezae in jurisconsnltos et omne jus. — 
Virduniy apud N. Bacnetium, episcopi et comitis 
Virdunensis Ijxpographum, j564' Petit in-8<*. 

Ce volume figurait au Catalogue de livres anciens, rares 
et curieux, provenant d'une grande Bibliothèque (celle de 
M. Desnoyers), Paris, A, Claudin, 1889, et a été vendu à la 
salle Sylvestre le 3o janvier 1889, d'après un renseignement 
de M. H. Menu. Son titre est donné en abrégé dans le Dict. 
de Géogr. de Deschamps, col. i359, avec la date de i565. 

Jean Vêtu était un secrétaire diji cardinal de Lorraine et un 
familier de Nicolas Psaulme. Il en est souvent question dans 
la correspondance de ces deux prélats. 



• 79 - 

53. — Langiloti Garlei, regiensis episcopi, de 

Francise! Lotharingii, Golsii dncis, postremis dictis 

et factis, ad Regem epistola, ex gallico sermone in 

latinam conversa per Joannem Veterem. — Verduni, 

apad Nie. Bacnetium, i565. Petit in-S» de a4 ff* ^on 

chiffrés. 

Cité par Brunet, dans le Manuel du Libraire, i863, t. IV, 
col. ii63. Lancélot de Carie, évesqne de Riez, fit imprimer à 
Paris par Jacques Kerver : Lettre au Roy Charles IX contenant 
les actions et propos de Monsieur de Guy se depuis sa blessure 
jusques à son trespas. (BibL d'Ant. du Verdier, p. 782.) Exem- 
plaire aa Catalogue Chartener, i885, n? 467. 

*54. — La résurrection de la saine te messe : 
contenant la responce à certain traicté des adversaires 
de la Saincte Eglise Catholique et Romaine, intitulé 
la Mort et Enterrement de la Messe, par Claude du 
Rubis, Lyonnois : avec les marques de la Saincte 
Eglise catholique et Advertissements à l'homme 
Chrestien, pour cognoistre et fuir les modernes 
hérétiques. — A Verdun, par N. Bacquenois, 
imprimeur de Monseigneur VEvesque et Comte dudit 
Verdun, i565. 

Petit in-8° de viu-gS ff . numérotés, lettres ornées, caractères 
romains, sauf les deux pièces préliminaires. Couverture du 
temps en parchemin. Provient des Minimes de Reims. 
(Bibliothèque de Reims,) 

55. — Le triomphe de la S. Messe contre la 
conférence de ladite Messe et de la Cène faicte par 
lean Garnier, Ministre des Calvinistes à Metz... par 



F. FREMEf Capitis, DocteoT CD théologie. — A Verdun, 
par N. Bacquenois... i566. In-8* de 3 ff. prél., 39 ff. 
de texte, plus 3 ff. de table. 

Ce livre se trouve à la Bibliothèque de Verdun. Il est cité 
par M. Beaupré, Xoapelles recherches, i8$3, p. ago, et décrit 
par M. l'abbé Freeck, dans sa Bibliographie de N. Psaulme, 
appendice, p. 178-^ Il a paru en même tonps à Verdun et à 
Reims, avec la rubrique : A Rheims, par lean de Foignjr, 
i566. Açec prUnlége. (Bibliothèque de Reims',) 

Voici le titre de l'édition rémoise, qui ne diffère que par la 
rubrique : A Retins^ de l'exemplaire de la Bibliothèque de 
Ver dan : 

* Le triomphe de la S. Messe contre la Conférence 
de ladite Messe et de la Cène, faite par lean Gamier, 
Ministre des Calvinistes à Metz. Avec une ample 
démonstration que la diversité des cerimonies 
n'empesche TeABcace de ladite Messe. Par F. Fkemin 
Capitis, docteur en Théologie de l'ordre Saint 
François. Approuvé par la faculté de Théologie de 
Rheims. — A Rheims, par lean de Foigny, Impri- 
meur de mon Seigneur le Cardinal de Lorraine, 
j566. Avec privilège. In-8« de 40 ff- numérotés plus 
3 ff. préliminaires et 2 ff. de tables. 

D'après M. Menu, un exemplaire de cet ouvrage se trouvait 
en vebte avec la rubrique Verdun, Bacquenois^ i566y dans le 
Catalogue de la Bibliothèque de la Jarrie, 

56. — Déclaration des pris des monnoyes tant 
d'or que d'ai^ent ayant cours es pays de Lorraine, 
Barrois, Verdun, et terres adiacentes : avec la 
réduction des pris des thalers de nouvelle fabrication 
et autres espèces d'or et d'ai^ent n'agueres descriez 



- 8i - 

et mis au billon par rordonnance de Monseigneur 
le duc de Lorraine, ensemble les pourtraicts de 
chacune desdites espèces tant vieux thalers que 
nouveaux. Sbquitur eortuna laborem. — A Verdun, 
par N. Bacquenois, imprimeur de Monseigneur 
N. Psaulmej eçesque et comte dudit Verdun, i566. 
Petit in-8«. 

Ouvrage avec gravure des monnaies assez grossièrement 
reproduites. Texte de TOrdonnance monétaire rendue par le 
duc de Lorraine le sS octobre i566. 

Une dédicace de Bacquenois à N. Psaulme précède le texte. 
Les préfaces de notre imprimeur sont toutes judicieuses et 
décèlent un esprit cultivé. (Cf. Almanach de Verdun, 1777, 
notice sur Bacquenois par Dom Gajot, p. i47-) 

57. — Facultates domini D. Caroli tituli Sancti 
Apollinaris Presbiteri Cardinalis a Lotharingia in 
Lotharingiae et Barri ducis ducatibus, ac Metensi, 
TuUensi et Virdunensi civitatibus et diœcesibus 
Sanctae Sedis Apostolicae Legati per Sanctissimum 
Papam Pium Quintum concessa. — Virduni, apud 
N. Bacnetium, tjrpographum, j56y. In-8®. 

Cet ouvrage est le dernier cité par M. Beaupré comme 
imprimé à Verdun par Bacquenois. Nous pouvons en ajouter 
un à sa liste, déjà signalé par M. Menu. 

58. — Les Actes de la Conférence tenue à Paris 
ez mois de Juillet et Aoùst i566, en la présence et en 
l'hostel de Monsieur le Duc de Nyvernois, entre 
Simon Vigor et ledit de Sainctes, docteurs de 
Sorbonne, et Jean d'Espina et Henry Sureau dict 
du Rozier, ministres de la religion prétendue reformée. 



-8a- 

lesquelles actes ont esté collationées aox orignaux, 
les ministres appeliez par Gognier, notaire pour 
eux, qui les a signez. -— Et depuis ùnpr. à Paris, 
et à Verdun, par Nicolas Bacquenois, i568. In-4*. 

Œavre de Claude de Sainctes, théologien à Paris, puis 
évéque d'Evreux, dtée dans la Biblioth. d'Ant, du Verdier, 
p. 193, et dans la Biblioth. exotica, p. 36. Exemplaire figeant 
au Catalogue Chartener, i885, n^ %. 



Ici prend fin, avec le numéro 58, la liste des 
productions de Bacquenois à Lyon, à Reims et à 
Verdun. Mais comme nous y avons compris en outre 
8 numéros bis, dont l'existence a paru douteuse ou 
la description insuffisante, cette liste contient en 
réalité 66 ouvrages, composant la bibliographie con- 
nue de nous en ce qui concerne le premier impri- 
meur rémois. 



BIBLIOGRAPHIE 



DE 



NICOLAS TRUMEAU 



A REIMS 



(l552) 



I. — De par Monseigneur le duc de Guyse per 
de France, gouverneur et lieutenant général du Roy 
en Champaigne et Brye ou son lietitenant. 

(Suit nne Défense aux marchands d'acheter des blés sur le 
plat pays et d'en faire provision.) 

Au bas de l'affiche^ on lit : 

Imprimé à Reins par Nicolas Trumeau libraire. 

Belle affiche en caractères gothiques, sans date. 
Un exemplaire de cette pièce, bien complet, se 
trouve collé sur le plat intérieur d'un volume que 
vient d'acquérir la Bibliothèque Nationale, d'après 
l'avis qu'a bien voulu m'en donner M. Léopold 
Delisle, le 3 Décembre 1898. 

La date de cette curieuse affiche, qui serait proba- 
blement l'un des premiers monuments de la typo- 
graphie à Reims, ne peut être fixée qu'approximati- 
vement. Elle ne peut être antérieure à la nomination 
comme gouverneur de Champagne, de Claude de 
Lorraine, duc de Guise, ni postérieure à sa mort. 



en i55o. En tout cas, elle doit être regardée comme 
la plus ancienne production connue des presses de 
Nicolas Trumeau à Reims. Nous en donnons le fac- 
similé ci-contre, d'après une épreuve envoyée par 
M. Léopold Delisle. 

a. — Ampliation de TEdict de la création des 
Conseillers, Magistrats et luges presiiJiaux, avec 
establissement de leurs Sièges et ressortz. — On les 
vend à Reims, par Nicolas Trumeau, près V Eglise 
nostre Dame, i55a. (Ecu de France sur le titre). 
Pet. in-8o de a4 ff- ^^^ chiffrés, caractères romains. 

Il ne résulte pas nécessairement du titre que 
Nicolas Trumeau ait imprimé cet opuscule à Reims ; 
il a pu rimprimer ou le faire imprimer à Troyes et 
réditer à Reims où il tenait boutique de libraire. 
Cette hypothèse est émise par M. Claudin dans ses 
Origines... p. 24* — Quoiqu'il en soit de son lieu 
d'impression, cette plaquette est excessivement rare. 
Il en a été vendu un exemplaire à Paris, le i3 Avril 
1891, à la vente de la Librairie Techener, n» ai du 
Catalogue, et il fut acquis pour M. le duc d'Aumale, 
à un prix supérieur à jSo fr. 

Il en existe un autre exemplaire à la Bibliothèque 
Nationale, ainsi qu'un exemplaire incomplet des 
Lettres patentes de Henri II, datées de Reims le 
i5 Mars i55i, relatives à l'institution du siège prési- 
dial de Lyon^ 4 PP* ^^^"4^ d'un caractère identique à 
celui qui a servi à l'Edit de création des Présidiaux, 
et peut-être aussi l'œuvre de Trumeau avec la 
rubrique de Reims, joôq. 



y -■^•^ 




C©epar monfcisucur le 



iutttJSttfte pnDtjMer gouunntiu rrUiuttn«itgtn« 
MM.IBapcti,<tatniiai$tie a b;pe ou (bn licuimniu. 

[<£)« faft pefFcncea tref 



. n>;tDrsatmustiurc!)anBttaii ... 

ettat OB nmiKaon qui) fapnu Ht nt actirptcEblrCi) ilir Ic^ 
^pa;eneenciliep;auir>onauarmi0.!!fe)uwiijn[iiw 
p;MunMiO( Ictits l)oQcl) tr en plam ana^t. 

CttaUmUboamxiBttaa]m&tie:rmj!tnO}eautacR 
mai^itnB3lt»iiicB Dt confUî-i non tire i^nins n Du ï^i tO 
«tiiG tunOu £c âum Dr CDitdrcat uin Dre [Q.iie i biRiB Driï 
Hb a^tptcine rt bcniini» jtiut Uqt wiU iOu^cpiruoa 
w mapeurouaulnt Dntimnatnu qiuau Ittonm: iiiaict 
p;tnOjajbowantt Giul) tauraou 

' CItnatDiatuitaluii/tfdjdliaeMaumfittetupanh'et 
Itipidec CÔtram tu cri? ac^n tbentiuceDtbliDapMne 
teftifpcnndDctciiraot&ctsDaiiiniCwabitraïKlDepiifS. 

C3Mnbititntotna acrulf qut ont ta bir telles bmou» 
ctactHpoDtltsmrtmaunraitcrErcprtrrcr quiljont. 
baiflctOeliucefiuictiilEDcliâsqumjamta peine De u»v. 
Utationoc cojps et De bietw 

CCtlCUabInmntaiJE.3IU8rep;tntalltinsircsDrslu'i!v 
niMja^aptjetbniDuesautonteEtesSiicicsDenfi'irr. ' 
3ncmititunt uifbitmation n la po jm ou rnuapn a tultict 
B(tiaiw|}UFC utusap^s àttf ponte que DeOUB.* 

tCjTV}imt a Being pat jBiaaag trumeau lib^aitt 



AhTlCHE IMPRIMÉE A ReIMS 
PAR N, Trumeau, VERS 1550 



r. 



BIBLIOGRAPHIE 



DE 



CLAUDE CHAUDIÈRE 



A REIMS 



(1661-1657) 



1 . — Princîpia elementaria iuvenibus maxima acco- 
moda : quibus Naturae verborum subnectuntur. Gam 
accentibus. — Rhemis, ex Claudii Calderii officina, 
i55i. (Emblème et devise du cardinal de Lorraine). 

Un fragment du titre de ce traité est seul conservé 
par M. A. Glaudin, qui Ta identifié et décrit dans 
ses Origines de l'Imprimerie à Reims, 1891, p. 6 à 
10. — Le titre complet de l'ouvrage a été restitué 
par lui d'après une édition parisienne de i546. 

2. — Premier livre des Accusations de M. T. Ci- 
ceron, contre Gains Verres, nommé Divination. Faict 
François, par Glande Ghaudière Parisien. Et pour 
Futilité et vraye intelligence du livre, icelui Ghau- 
dière a fait et mis en marge brièves expositions. — 
A Rheims, de VImprim£rie dudict Chaudière^ impri- 
meur de niust. et Rev, Cardinal de Lorraine, Avec 
Privilège du Roy, pour six ans (iSSoi). Pet. in-4" de 
Q2 feuillets, avec la marque sur le titre et la devise 
de Gh. de Lorraine. 



— 86 — 

Se trouve à la Bibliothèque Nationale, Inventaire, 
Réserve, X, 1081, et a été décrit par A. Claudin 
dans ses Origines de V Imprimerie à Reims, 1891, 
p. 12 et i3. 

3. — Ciceronis Rhetoricorum libri ad Herennium 
et de Inventione; In Rhem^orum academia, excadit 
Claudius Calderias, Caroli Lotharingi Cardinalis 
typographas, i553, in-8*. 

Cité par Mattairb, Annales tjrpographici, t. III, 
p. 626, et d'après lui par A. Claudin dans ses Ori- 
gines de l'Imprimerie à Reims, 1891, p. i5. 

4. — ce Dialogue du vrai amour duquel les entre- 
parleurs sont TAmi et FAmie, imprimé à Reims en 
Champagne par ledit Chaudière, Van i555. x> 

Cité par La Croix du Maine, dans ses Bibliothèques 
françaises, 1772, t. I, p. i34. On n'en connaît pas 
d'exemplaire. 

5. — « L'Accord de vertu à la vie humaine, en 
trente-sept chapitres, imprimé à Reims, Van i55y, 
in^S^. » 

Cité par Du Verdier comme étant l'œuvre de 
Claude Chaudière, dans sa Bibliothèque, in-f«, Lyon, 
i585, p. 169-70. On n'en connaît pas d'exemplaire. 
C'est vraisemblablement à la suite de cette dernière 
impression que Claude Chaudière quitta Reims pour 
retourner à Paris où il succéda à son père, laissant 
le champ libre et le triomphe final à Nicolas Bac- 
quenois. 



1 



MARQUES 



DES PLUS 



ANCIENS TYPOGRAPHES RÉMOIS 



i553-i65o 



La rédaction du Catalogue du Cabinet de Reims, 
récemment entrepris à la Bibliothèque de Reims, 
vient de provoquer Texamen et la reproduction d'un 
certain nombre de marques des premiers imprimeurs 
rémois, d'après leurs éditions originales (i553-i65o). 
Nous profiterons avec gratitude de cette publication 
des signes caractérisques des vieux maîtres trop 
oubliés de Tart typographique local, pour en offrir 
ici les figures les plus curieuses, en les accompa- 
gnant des renseignements bibliographiques indis- 
pensables. 

Ce n'est qu'au milieu du xv!** siècle que l'on 
rencontre à Reims la mention d'un libraire, au sens 
moderne du mot. Les imprimeurs ne vinrent qu'après 
et cumulèrent les deux métiers, y joignant même 
celui de relieur (i). C'est ainsi que nous pouvons citer 

(i) c Lettres patentes du roy sur le règlement des imprimeurs, libraires 
et relieurs de la ville de Reims, données à Paris en mars I0a3, et publiées 
à Reims le 14 novembre 1696, « à la requeste de Simon de Foig^iy, Gérard 
de la Croix, Nicolas Hécart et François Bernard, maistres imprimeurs, 
libraires et relieurs dudit Reims... » A la suite, « Ordonnance de police 



— 88 — 

les noms de Pierre Ghériot, Claude Chaudière, Nicolas 
Trumeau, Nicolas Bacquenois, Gérard Colbert, Jean du 
Bois, Arnoul Hubert, Jean Boisset, Pierre Martin, Jean 
Cousin, Jean Lesprit, Gérard Huger, Jean de Bordeaux 
et Jean de Foigny, pour la période initiale qui s'étend 
de 1540 à i5go. Ajoutons-y le nom d'un libraire 
anglais du nom de Roland Genter (i). Les Foigny 
formèrent à eux seuls une dynastie qui prolongea son 
règne jusqu'au premier tiers du xyii® siècle, époque 
où ils cédèrent leur marque aux Pottier qui la 
gardèrent jusqu'au xyiii® siècle. Avec les derniers 
Foigny fleurirent simultanément les trois libraires 
associés : Nicolas Constant, François Bernard et 
Nicolas Hécart, qui éditèrent de concert à Reims de 
très beaux livres sous les règnes de Henri IV et de 
Louis Xm (2). 

Parmi les marques connues de ces typographes, 
qui furent de véritables artistes et dont nous vou- 
drions pouvoir un jour dresser la généalogie, on dis- 
tingue quatre types principaux : le Lion, le Griffon, 
la Bible et la Couronne d'Or. Ces types nous appa- 
raissent sous des formes variées pour quelques- 
sur la librairie et imprimerie pour la ville et fauxbourgs de Reims, rendue 
par Cl. Fr. Bergeat, bailly et lieutenant de police, le 29 may 1749» » Archioes 
législ. de la ville de Reims, par Varin, Statuts, t. H, p. 4^ à 47S. — Sur la 
successsion des libraires rémois, voir les notices de l'imprimeur P. Dubois 
dans les Almanachs historiques de Reims, édités par Brissart-Binet, i864, 
p. ia8, et i855, p. gg. — Liste des imprimeurs de TUniversité de Reims, 
i553-i8oo, pièce de la Bibl. de Reims non cotée, publiée dans VHistotre da 
Collège des Bons-Enfants de Reims, par M. Pabbé Gauly, 1886, p. 687. 

(i) Voir en appendice quelques extraits d'actes relatifo à ces libraires, 
imprimeurs et relieurs de Reims, aux xvi* et xvii* siècles. 

(a) Balletin da Bibliophile et du Bibliothécaire, revue mensuelle publiée 
par Léon Techener, 4^* année, 1876, p. fynd, 44i et S07, et 44* année, 1877, 
P* 70, 177 et 483. -^ On y trouve les plus intéressants éléments d'une 
Bibliographie champenoise, ottnLUi les titres et la description de très 
précieuses éditions rémoises. 



ODS, et pour tous avec l'attrait d'un dessin correct 
et élégant. 

Le Lion vient en première ligne, c'est la marque 
personnelle de Nicolas Bacqaenois, le symbole de 
son affection pour la ville de Lyon, où il avait cou- 
qnis son titre de maître-imprimeur. Noas en avons 
expliqué le sens plus haut, au point de vue des autres 
pièces de ce blason parlant, qui contient toute 
l'existence du cour^eux typographe. Inutile de 
répéter que le fier animal s'appuye sur une haute 
pyramide, emblème du cardinal Charles de Lorraine, 




et que son front est entouré d'un listel portant une 
légende inspirée par la plus généreuse confiance 
dans la puissance du travail : Sequitur fortuna 
LABOREH. S'il est vpaî que la capricieuse Fortune 
devient nécessairement la rémunératrice du labeur, 
Bacquenois avait mérité ses faveurs par d'incessants 
efforts, couronnés de succès à Lyon, à Reims et à 
Verdun. 



-98- 
Sor nn lertre se tiennent denx an^s portant une 
palme dans une main et soutenant de l'antre main 
une grande couronne royale fleurdelisée ; la couronne 
se détache sur un fond lumineux environné de 
nuages, et domine un cartouche recevant la devise 
de Nicolas Constant : Constantiœ corona. C'est une 
devise parlante, qui exprime le bonheur que ressent 




le libraire en se parant d'un ins^e du roi de France, 
dont il est l'imprimeur à Reims. Ce titre n'était pas 
cependant un monopole assuré, car nous voyons 
François Bernard se qualifier en 1649 d'Imprimear 
et libraire du Sqy et de M«'' l'Archevesgue. Plus 
tard, en 1713, c'était Regnauld Florentain qui se 
qualifiait d'Imprimear du Roy, et les Jeuuehomme 



- 91 - 

ses traditions (i). Son dernier représentant habitait 
encore en i6ai le quartier, sinon la boutique du 
fondateur de l'imprimerie à Reims, et un document 
de l'époque nous permet de fixer sa demeure sur 
la rue de l'Université, entre les rues Vautier^le-Noir 
et des Anglais (a). La marque au Zio/i était passée 
en i636, soit par vente soit par alliance, dans la 
famille Pottier, qui avait alors pour chef Nicolas 
Pottier, lequel respecta l'enseigne de Bacquenois (3). 
Son fils ou son petit-flls, portant le même prénom, 
n'avait changé, en 1719» ni de rue, ni d'enseigne : tous 
deux étaient imprimeurs de la Ville, et continuèrent 
à mettre au jour les règlements municipaux (4). 

Sur quelques titres des ouvrages édités par les 
Pottier, notamment une censure de la Faculté de 
Théologie, imprimée par Augustin Pottier en i65a, 
on retrouve la marque au Lion, telle que Bacquenois 



(i) Né yen iSSS, d'après M. Henri Menu, Jean de Foipiy est mort de i586 
à 1S87, des livres portent son nom en i586 et celui de sa veuve en 1S87. Elle 
continua le commerce Jusqu'en 1606, date d*un privilège ainsi conçu : 
« Permis à Catherine laîiot, vefve de lean de Foigny, vivant imprimeur 
en l'Université de Reims, d'imprimer Response à hait arUclea,,, par 
F. Tristam db Villblongub... Achevé d'imprimer le 5 avril i6o5. » A la 
suite du privilège du Roy et à la fin des pièces préliminaires de l'ouvrage. 

(a) aS janvier i6ai. « Thomas Rogier, donne à louage à Claude Rainssant, 
sergent royal, une maison rue de S^Etienne, vulgairement appelée les 
Trois Chandeliers, ayant issue pari'une des estables, à la rue de Longueau, 
tenant par devant à M*'* Symon de Foigny, imprimeur, pour six ans, 
moyennant iio livres tournois par an. » (Minâtes de Copillorty notaire à 
Reims, i6ai,) 

(3) Règlement fait par le roy, pour estre gardé et observé en l'élection 
tant des Eschevins, que du Lieutenant, gens du Conseil, et autres Officiers 
de la Ville de Reims. -^ A Rheims, chez Nicolas Pottier, Imprimeur ordinaire 
de la Ville, rue S. Etienne, à Venseigne du lÀon, S. d, [1ÔS6.] Armes de France 
et de Navarre sur le titre, sans la marque au Uon, 

(4) Règlement fait par le roy pour être gardé et observé en l'Election 
tant des Echevins, que du Lieutenant, gens du Conseil, et autres Officiers 
de la Ville de Reims. — A Reims, chez Nicolas Pottier, Imprimeur ordinaire 
de la Ville, rue S, Bstienne, à VBnseigne du Lyon, i^ig, In-4* de la pages. 
Armes de France sur le titre, mais ne porte pas la marque au Lion. 



s'en serrait. Chose étrange, par one coïncidence qne 
nous ne saurions expliquer, le Lion se . retrouTe 
aussi, avec la devise : Sequitur fortuna laborbu, 
sur on livre édité en i65o par la veuve de François 
Bernard, libraire, demeurant ég;alement rue Saint- 
Etienne, et portant pour enseigne ^u Griffon d'Or(i). 
Touterois le lion a changé d'attitude, il n'est plas 
debout, il est passant et soutient un cartouche oblong 
au milieu duquel s'étend une vue de Reims d'un 
burin très fini. La devise : Sequitur fortuna 
LABoRBH, se Ut sur un ruban qui s'enroule à la 
. base, et an centre se trouve la lettre S, qui reste 




pour nous une énigme, à moins qu'elle ne s'applique 
à Simon de Foigny. Ce serait lui dans ce cas qoi 
aurait ainsi modernisé la marque de Bacquenois. 
Quoiqu'il en soit, il était curieux de suivre cette 



— - loi — 

la prise des armes, doit être comme Jean Martin mi 
libraire supposé (i). 

Voici un autre livre sous ce nom : Vice description 
de la tyrannie et des tyrans. — Reims, par Jean 
Mouchar, iSjj, in-i6 de 96 pp. Ouvrage rare que cite 
Brunet, t. v. col. i333, Manuel du libraire. C'est 
une fausse attribution, il n'y a jamais eu de Mouchar 
libraire à Reims, au xvi« siècle. 

7. Jean Cousin, qui édita en iSSg la Déclaration 
des Trois Estats de France, et quelques autres 
opuscules. 

8. Enfin les Foigny, Jean I«^ Gilbert, Jean II et 
Simon, qui éditèrent tant de livres et se succédèrent 
à Reims les uns aux autres^ du xvi« au xvii<» siècle, 
jusqu'à ce que leur descendant, Gérard de Foigny, 
aille exercer son art à Châlons et y transmettre sa 
marque (a). 



(i) Barbier, Dict, des anonymes, t. IV. p. 1043. 

(a) Gérard de Foigny, naquit à Reims en i5g6, et mourut à Gh&lons le 
ai mars 16749. paroisse Saint-Germain où il fut inhumé. Sa boutique se 
trouvait rue de Vaulx en 1660. Il était fils de Gilbert de Foig^iy, libraire 
à Reims, et de Jeanne Novice ; assisté de Germain Nobily, imprimeur à 
Ghftlons, son maître, il épousa, le ai janvier i6a5, paroisse Saint-Germain 
(par contrat du 4 novembre i6a4, minutes de Josseteau), Jacquelte Amould 
qui mourut le i5 décembre i65o, à Ghâlons, figée de 45 ans environ. 

Ces curieux renseignements m*ont été fournis par M. A. Lhote, diaprés 
les documents originaux, le 96 février 1891. La marque de Foigny au lAon 
est conservée actuellement à l'Imprimerie Le Roy à Ghâlons (aujourd'hui 
Imprimerie de V Union Républicaine). 



-94- 

dans le haut et au bas les lettres F. B. Un raban 
s'en détache et s'enroule au sommet, avec ces mots : 
SIC YiGiL ADSTAT. La famille Cauchon, nombreuse à 
Reims, portait aussi un griffon dans ses armoiries : 
on considérait ce mythe comme exprimant l'union 
de qualités fort diverses, car on lui donnait la tète 
et les serres de Taigle ou du vautour avec le corps 
d'un lion. Le libraire rémois qui l'adopta parait avoir 
voulu en faire le gardien vigilant de son trésor, c'est- 
à-dire du livre soigneusement relié et muni de ses 
fermoirs, qu'il maintient sous ses griffes. 

Voici maintenant la Bible, le livre par excellence 
qui occupa une si grande place dans les controverses 
religieuses du xvi« siècle, et dont Nicolas Hécart tint 
à honneur de placer l'image sur son enseigne. Nous 
connaissons trois marques différentes de ce libraire, 
éditeur fécond et d'une riche imagination à en juger 
par les dessins variés dont il couvrit ses titres. 
C'était en même temps un sage, si l'on en croit 
sa devise, qui n'a pas varié : A moins de biens 
plus de repos. Il sut se contenter du sort modeste 
d'un imprimeur de province, accepta volontiers 
l'association de ses confrères Bernard et Constant, 
mais n'en laissa pas moins de remarquables échan- 
tillons de son savoir et de son goût. 

On rencontre le premier modèle de sa marque sur 
le titre des Coustumes du Bailliage de Vermandois, 
commentées par J.-B. Buridan, avocat à Reims, et 
publiées en i63o en un petit in-quarto. La Bible s'y 
trouve au centre, ouverte et maintenue par deux 
anges en pied du plus gracieux maintien. La devise 
voltige au-dessus du livre que supporte une tête 



-96- 

d'ange à la base. Au-dessous s'étage l'enceinte de 
Reims avec ses clochers, ses tours et ses remparts; 
une colombe descend du ciel apportant la Sainte 
. Ampoule. La bordure inférieure encadre cette jolie 
vue et porte deux petits cartouches, l'un aux armes 
de la cité, l'autre au chiffre de Nicolas Hécart : ce 
monogramme offre les lettres NH enlacées dans un 
cœur et surmontées d'une croix dont les traverses se 




rejoignent à gauche et forment sans doute un chiffre 
dont la signification est connue (i). 

Une réédition des Coustumes de Vermandois eut 
lieu l'année suivante, en i63i, ou le titre, du moins, 
fut alors réimprimé et modifié. La marque n'est plus 
la même. La Bible est tenue par deux petits génies 

(I) « Marque dl m primeur de la Bn du XVI* siècle, où se retrouve le 
Monogmnine commercial des imprimeura d'alors, un 4 orné d'une 
ertdz. * Les B»tlbris, par B. Bouchot, 1891, p. 19. 



assis SOT d'élégants rinceaax; le chiffre se lit dans un 
cartonche posé aa bas, et la légende domine tout ce 
coqaet motif. 




Un troisième dessin de la Bible se tronve, en e635, 
sur Le dessein de l'Histoire de Reims, l'œuvre 
posthume de Bergier déjà citée plus haut, et dont 




Nicolas Uécart fiit l'on des co-éditeurs. On y voit la 
perspective entière, encadrée dans un cartouche 
oblong dont les bords sont découpés dans le genre 
des dessins de Geoi^s Banssonnet. La main de cet 



-97 - 

artiste a certainement tracé cette marque, car on en 
retrouve le dessin original et la gravure dans le recueil 
de ses œuvres à la Bibliothèque de Reims. Le chiflQre 
reparait au sonmiet entre deux branches d'olivier, et 
la Bible est placée sous le cartouche, fermée cette 
fois, mais portant sur la tranche : biblia sacra. Deux 
palmes soutiennent le livre, autour duquel s'enroule 
le ruban portant la devise invariable. Il y a une 
grande analogie entre la marque donnée ici et celle 
qui figure plus haut comme le troisième type du 
Lion, Dans tous les deux la vue de Reims est 
complète, l'entourage seul diflère, offrant un cachet 
analogue d'élégance et de bon goût. Le genre de 
Baussonnet est inimitable dans sa variété et sa finesse : 
nos dessinateurs modernes trouveraient un immense 
profit à s'en inspirer ou même à le copier simplement. 
Enfin, après la Bible (i), la dernière marque 
artistique que nous puissions présenter est celle de 
Nicolas Constant, qui portait le titre à* Imprimeur 
ordinaire du Roy, à la Couronne d'Or. C'est encore 
sur Le Dessein de l'Histoire de Beims, par Bergier, 
que nous rencontrons sa marque. C'est la plus 
grande de toutes, elle est gravée sur cuivre et porte 
la signature : E. Moreaufecit. On y admire le burin 
d'un artiste, Chàlonnais d'origine et Rémois par 
adoption. C'était lui qui excellait à reproduire les 
dessins de Baussonnet (a). 



(i) Repiauld Florentain avait pour enseigne A la Bible <VOr, dont on 
retrouve la marque sur la Bible de D. Sabatier, 3 vol. in-fol. quUl imprima 
en i743< Piérard prit pour enseigne : Au Nom de Jésus, — Dessain : 
A V Annonciation ; — et les Jeunehomme : A Saint-François. 

(a) Voir les notices de M. Sutaine, dans les Travaux de V Académie de 
Reims, sur Baussonnet, t XHI, p. agi, et sur Edme Moreau, t. XIV, pi 17. 



Sur un ti'i'Irc 8C tiennent deux anges porlanl une 
pnlnip dann une main et Boulenanl de l'autre main 
une grande couronne royale lleurdeli-sée: la couronne 
se délaelie sur an fond lumineux environné de 
nuages, et domine un cartouche recevant la devise 
de \icolas Constant : Constantiœ corona. C'est une 
devise parlante, qui exprime le bonheur qae ressent 




le libraire en se parant d'un insigne du roi de France, 
dont il est l'imprimeur à Reims. Ce titre n'était pas 
cependant un monopole assuré, car nous voyons 
François Bernard se qualifier en 1649 d'Imprimeur 
et libraire du liqy et de MS'- l'Archevesqae. Plus 
Lard, en i^i3, c'était Regnauld Florentain qui se 
(lualifiail d'Imprimeur du Roy, et les Jeunehomine 



- 99 — 

en continuèrent la tradition jusqu'à la fin du xviii« 
siècle. 

Nous ne suivrons pas ici les destinées de la 
typographie rémoise plus loin que l'année i65o, 
malgré l'intérêt historique et artistique de semblables 
recherches. Il convient d'en laisser l'honneur à celui 
qui tenterait d'écrire une histoire d'ensemble de 
l'imprimerie à Reims, et rapprocherait ainsi les 
anciens maîtres, dont les mains firent toute l'habileté, 
des actifs typographes modernes, outillés merveilleu- 
sement par les progrès * de la science. Il nous suffit 
d'avoir retracé la vie du fondateur et mesuré les 
premiers pas de l'art qui renouvela la vie intellectuelle 
d'un bout à l'autre de l'Europe. Si la ville de Reims 
ne ftit pas initiée l'une des premières à la féconde 
découverte, elle en usa dans la suite avec une noble 
émulation qui se poursuit jusqu'à nous. 

Nous nous contenterons de produire en appendice 
des extraits de nos archives sur les anciens impri- 
meurs et de citer ici quelques libraires de Reims au 
xw siècle, d'après les indications si curieuses de 
M. Emile Picot (i). 

1. Pierre Boiceh qui publia vers i5o8, les Pre- 
cepta Synodalia de Charles de Caretto. (Nous croyons 
à une erreur, Boicel est parisien probablement.) 

2. Vincent de La Vacquerie et son serviteur Adrien 
Bazoche, poursuivis et sévèrement condamnés le ao 
août i547» pour avoir été trouvés saisis de plusieurs 
livres réprouvés et censurés (2). 

(1) Reçue critique, 19 octobre 1891, p. a43-4S> 

(2) N. Weiss, La Chambre ardente, étude sur la liberté de conscience en 
France, Paris, 1889, ^-^ P> iS- 



— 100 — 

3. Eustache Josseteaa, qui succomba dans un 
procès à lui intenté par Bacquenois, en i554. 

4- Gérard Colbert, qui vendait en iSS^ les Cous- 
tûmes de Vermandois. 

5. Jacques Martin, qui publia en i568 le Bref 
discours sur les moyens que le cardinal de Lorraine 
a tenus et tient encore pour accroistre sa maison, 
etc. (Catalogue Chartener, i885, n^ 4^)* Nicolas 
Martin, fut peut-être marchand libraire à Reims, 
mais Jean Martin nous paraît un libraire fictif. 

Voici trois titres d'ouvrages portant le nom faux 
de Martin sous la rubrique Reims : 

Notable et sommaire discours de Testât des afaires 
de France, depuis TEdit de pacification fait au moys 
de May iSjô... A Itheims, par lean Martin, 1677, 
in-8« de 45 p. 

BiBL. Nationale. L. b^, N» 826. — (Catal. Impr., 
Hist. de France, t. i, p. 288). 

Le tocsain, contre les massacreurs et auteurs des 
confusions en France. Par lequel, la source et ori- 
gine de tous les maux, qui de longtemps travaillent 
la France, est descouverte. Afin dlnciter et esmou- 
voir tous les Princes fidelles, de s'employer pour le 
retranchement d'icelle. Adressé à tous les Princes 
chrestiens. — Reims, imp. de J. Martin, 1577, in-8». 
A. 1579. — Reim^s in-8». 

La légende de Charles, cardinal de Lorraine, et de 
ses frères de la Maison de Guise, descrite en trois 
livres par François de llsle. — A Reims, de V Impri- 
merie de Pierre Martin, 1679, in-8» de xii. — 74 F- 

6. Jean Mouchar, qui signa en 1677 la Résolution 
claire et facile sur la question tant de fois faite de 



— loi — 

la prise des armes, doit être comme Jean Martin un 
libraire supposé (i). 

Voici un aatre livre sous ce nom : Vice description 
de la tyrannie et des tyrans. — Reims, par Jean 
Mouchar, 1677^ in-i6 de 96 pp. Ouvrage rare que cite 
Brunet, t. v. col. i333, Manuel du libraire. C'est 
une fausse attribution, il n'y a jamais eu de Mouchar 
libraire à Reims, au xvi« siècle. 

7. Jean Cousin, qui édita en 1689 la Déclaration 
des Trois Estais de France, et quelques autres 
opuscules. 

8. Enfin les Foigny, Jean I«^ Gilbert, Jean II et 
Simon, qui éditèrent tant de livres et se succédèrent 
à Reims les uns aux autres^ du xvi« au xvip siècle, 
jusqu'à ce que leur descendant, Gérard de Foigny, 
aille exercer son art à Châlons et y transmettre sa 
marque (q). 



(i) Barbier, Did, des anonymes, t. IV. p. io4a. 

<a) Gérard de Foigny, naquit à Reims en i5g6, et mourut à Châlons le 
ai mars 16749. paroisse Saint-Germain où il fut inhumé. Sa boutique se 
trouvait rue de Vaulx en 1660. Il était fils de Gilbert de Foigny, libraire 
à Reims, et de Jeanne Novice ; assisté de Germain Nobily, imprimeur à 
Châlons, son maître, il épousa, le ai janvier i6a5, paroisse Saint-Germain 
(par contrat du 4 novembre i6a4) minutes de Josseteau), Jacquelte Amould 
qui mourut le i5 décembre i65o, à Châlons, âgée de 45 ans environ. 

Ces curieux renseigniements m'ont été fournis par M. A. Lhote, d'après 
les documents originaux, le a6 février 1891. La marque de Foigny au lAon 
est conservée actuellement à l'Imprimerie Le Roy à Châlons (aujourd'hui 
Imprimerie de V Union Républicaine), 



APPENDICE 



EXTRAITS DES ARCHIVES DE REIMS 

DES MINUTES DES NOTAIRES, ETC. 

CONCERNANT LES IMPRIMEURS, LIBRAIRES ET RELIEURS REMOIS 

DES XVI* ET XVn* SIÈCLES (l), l5l7-l632. 



I5l8 

6 mars. «... Les libraires vendront à la foire, aa 
lieu ordinaire Tan passé, qui est devant les premiers 
bains du costé de la maison m^« J. Chinoir. x> (Buffet 
de V Echevinage , t. III, folio i58 verso.) 

1540 

Avril. « Pierre Chariot, libraire à Reims. » (Mi- 
mutes de Jacques Angier^ notaire.) 

1548 

7 avril. « Une loge assise à la Trizaude (2), occu- 
pée par Jehan Gillet, libraire, est louée à Jérôme 



(i) Ne sont pas reproduites ici, les pièces données plus haut in extensOj 
p. ia9 à 146.. 

(9) Endroit du cloître de Notre-Dame, situé près du petit portail 
du préau. 



— io4 — 

Aubriot, orfèvre. x> (Archives de Reims, fonds du 
Chapitre, Maisons, Renseignements, liasse 3o, n? 8). 

i549-5i 

« A Nicolas Trameaa, imprimeur, pour avoir im- 
primé 3,5oo brevetz, ii6 sols tournois. Pour 3Q8 
brevetz qu'il a convenu escripre à la main, à raison 
qu'il n'y en avoit à suffisance, i6 sols, 3 den. tourn. x> 
(Archives communales de Reims, Deniers patrimo- 
niaux, i549-5i, f> 3o4.) 

iSSq 

qS juin. « Une loge assise en la Trizaude, que tient 
et occupe présentement Nicolas Trumeau le jeusne, 
libraire, est mise à prix pour troys ans... délivrée à 
Nicolas Trumeau Taisné, libraire, demeurant aud. 
Reims, présent, à la somme de 4 liv. i5 solz tour- 
nois, par chacun desd. troys ans... x> (Archives de 
Reims, fonds du Chapitre, Maisons, Renseignements, 
liasse 3o, n» 8.) 

i5S4 

q3 juin. c( Bail à loyer d'une loge du cloître, à la 
Trizaude, à Jehan Gillet, libraire. » (Ibidem.) 

a8 juillet. « M»"® Guillaume Molet, prêtre chanoine 
de N.-D. de Reims, dit comme cejourd'huy, Quentin 
Lalement, bourgeois dudit Reims, ait pleigé et cau- 
tionné et se soit obligé avec Arnoul Hubert, libraire 
dem^ à Reims, envers Pierre Morel, aussi bourgeois 
de Reims, de payer et restituer audit Morel plu- 
sieurs heures, psaultiers et coustumiers, ensemble la 



— io6 — 

somme de 167 1. 18 s. 4 d, à laquelle somme lesdits 
heures, psaultiers et coustumiers auroient esté esti- 
mez monter par lesdits Morel et Arnoul, avec ce de 
faire et fournir à toutes les autres charges à plein 
contenues au contract de ce fait, devant nous notaires, 
ledit jourdhuy, et neantmoins ce que ledit Lalement 
en avoit fait n'ayoit esté ou n'estoit à son proffict 
ny pour en recepvoir sallaire, ains à la prière et 
requeste desdits Molet et Hubert et pour leur faire 
plaisir. » (Minutes de /. Rogier.) 



i555 



14 mars. « Jehan du Bois, relieur de livres à 
Reims, prend à louage de M. Pierre Wyet, docf en 
theol., chanoine de N.-D. de Reims et curé de 
S.-Estienne, un corps d'hostel avec jardin tenant à 
la maison des Filles-Dieu, appartenant ledit corps 
d'hostel à ladite cure, pour 3 ans moyen^ 9 1. tourn. 
par an... Le preneur ne pourra loger audit lieu gens de 
mauvaise conversation, ne gens qui soient mal sentans 
de la foy, et où il le feroit, led. bailleur sans forme 
de procès le pourra expulser hors dudit héritage. » 
(Minutes de Savetel.) 

aa juin. c< Une loge en la Trizaude, royée celle que 
tient et occupe Nicolas Trumeau le jeune, libraire, 
est mise à prix pour 3 ans. » (Archives de Reims, 
fonds du Chapitre, Ibidem.) 

Août. « Jehan Dubois, libraire à Reims. x> (Minutes 
de J. Angier.) 

8 



— io6 — 

* 
1557 

i5 janyier. « Une loge,... donnée à loyer à Jehan 
Gillet, libraire. x> (Archwes de Reims, fonds du Chor 
pitre. Ibidem.) 

a6 mars. « Nicolas Trumeau, libraire à Reims, 
prend à louage de la fabrique de l'Eglise Nostre 
Dame une maison sise en la cour Nostre Dame, 
joignant la maison dlcelle fabrique.... pour 6 ans 
moyenne 7 1. 10 s. par an. » Joint la requête dud. 
Trumeau, priant le Chapitre de lui rebailler lad. 
maison. (Minutes de Sai^etel.) 

i5 juin. c< Une loge.... occupée par Nicolas Tru- 
meau, libraire, mise à prix... » (Archives de Reim^s, 
fonds du Chapitre, Ibidem.) 

a juillet. « Jehan Boisset, libraire, et Poncette, sa 
femme, prennent à louage du Chapitre de S.-Sym- 
phorien, une maison, rue des Cordeliers, autrement 
rue de Tire Vit, pour 3 ans, moyen* a4 1- P^ *^- » 
(Minutes de G. Saçetel.) 

i558 

ag décembre. « Nicolas Trumeau, libraire dem. à 
Reims, recognut avoir prins à tiltre de louaige... une 
loge appart. au Chapitre, lieudit la Trézaude.... et 
sy n'y pourra led. preneur coucher la nuictée, ne 
faire coucher ses serviteurs, ne y tenir forme de 
mesnaige, synon que sa marchandise..., et en plus 
grande seureté... est comparu Nicolas Jehan, tonne- 



— 107 — 

lier, dem. aad. Reims, leqael s'en est fait et constitué 
pleige, caution... » (Archives de Reims, fonds du 
Chapitre, Ibidem,) 

i559 

a4 janvier. c< M*" Guillaume Mollet, prêtre cha- 
noine de Reims... Et Arnoul Hubert, libraire, et 
Marie sa femme,' dem^ à Reims, ladite Marie âgée de 
a6 ans,... 

» Disent que procès est meu entre icelle Marie et 
ledit M^® Guillaume Mollet^ pour raison de la déli- 
vrance de moictié d'une maison, court, grange, 
estable, jardin, avec plusieurs pièces de terre au 
terroire de Grugny, que lad. Marie prétend à cause 
de la donation à elle faite par ledit Mollet en faveur 
de son mariage. Ledit Mollet dit que en faisant lad. 
donation, il a retenu l'usufruit sa vie durant... x> 
(Minutes de /. Rogier.) 

6 octobre. « Cleriodus Glenart, escuyer, s»" de Ly, 
Plantay, dem^ à Gharon au Perche..., estant à Reims, 
reconnaît que en faveur du mariage à faire entre luy 
et Jehanne de Laistre, fille de Glande de Laistre, 
doue ladite Jehanne, sa future épouse, stipulant par 
Arnoul Hubert, libraire à Reims, son beau-frère, six 
septiers de grains, mesure de Paris, sur ladite terre 
de Ly Plantay... » (Minutes de J. Rogier.) 

i567 

Frais d'impression des nouveaux bréviaires de 
Reims par Jean de Foigny, imprimeur en cette ville. 



— io8 - 

payés sur le compte des décimes. (Archiçes de Reims, 
fonds de l'Archeçêché, G. 194.) 

1571 

3o novembre. « Sébastien Lefevre, ouvrier de soie, 
tuteur des enfants mineurs de feu Nicolas Trumeau, 
vivant libraire à Reims. » (Minutes de Jacqnesson, 
notaire,) 

1573-73 

Travaux d'impression confiés à Jean de Foigny, 
dûs par le clergé de Reims sur le compte des décimes. 
(Archives de Reims, fonds de l'Archeçêché, G. 194) 

1576-77 

Le séminaire de Reims achète à Jean de Foigny, 
libraire, neuf mains de papier, « duquel a esté faict 
un livre pour escrire des mottetz et autres music- 
ques... », paye des frais de reliure à Jean Lesprit, 
libraire, et achète à Gérard Huguet, libraire, « un 
grand livre contenant six messes... x> (Archives de 
Reims, fonds de V Archevêché, G. 178.) 

1577 

QO février. « Baptême de Jehan, fils de Jehan Tru- 
meau, libraire à Reims. Parrain Jehan Lecointre, 
sergent du bailliage de Reims, et Marye Rainssant, 
sa femme. » 

3 mai. « Baptême de Perette, fille de Nicolas 
Trumeau et de Nicol Euvrard. Parrain Gérard Golbert 



— 109 — 

et Perette Lespagnol, sa femme. » (Registres de la 
paroisse Saint'Symphorien, 1077.) 

1579 

8 Janvier. c< Perette Bourdon, V^« Jacques Jabot, 
loue les œuvres de Robert, son fils, et le baille en 
apprentissage à Jehan Lesprit, libraire dem^ à Reims, 
pour deux ans, pour lui apprendre ledit art et mestier 
de libraire et relieur de livres, et lui livrer lit, feu, 
vivres. Et ladite V^© paiera aud. Lesprit 6 escus 
2/3 d'escu. » (Minutes de G. Saçetel.) 

a avril. c< Jehan Cousin, imprimeur dem^ à Reims, 
vend à Anthoine Picart, vigneron à Godelaineourt- 
les-Berrieux, la moitié par indivis, partissant contre 
led. acheteur à cause de Gillette Cousin, sa femme, 
de plusieurs pièces de vignes et bois... moyen* 
40 escus d'or soleil. » (Ibidem.) 

3 may. c( Requête (autographe) de Jean Lesprit, 
libraire et relieur, au sujet de la maison qu'il tenoit 
à louage du Chapitre, et qu'il a quittée et rétrocédée 
à la V^e P»*« de Mets, proche du Parvis. » (Ibidem.) 

3o may. « Gérard Huger, libraire à Reims, prend à 
ferme de M*^® Jehan Vassongne, prebtre D^ en théol., 
chapelain de la chapelle de N.-D. fondée en l'église 
de S.-Symphorien, la part des dixmes de Rosnay, 
Janvry, Germigny et Courcelles-les-Rosnay, appart* 
à ladite chapelle pour 3 ans, moyen* i3 escus i/3 par 
an. » (Ibidem.) 



— IIO — 



5 juin. « Jehan Lesprit, libraire et relieur à Reims, 
prend à louage du Chapitre N.-D une maison et 
ouvroir sis au parvis N.-D., tenant à la maison de la 
Xrestienté, pour 9 ans, moyen* 8 escus a/3 d'escu 
soleil par an. x> (Ibidem.) 

17 juin. «( Gérard Huger^ libraire dem* à Reims, 
transporte à N^ Faulconnier, lab' à Gourcy, sa part 
dans les fruits et revenus du patronage de Loivre, à 
cause de la délivrance à luy faite le jour d'hier par 
M' l'archevêque de Reims ou son vicaire pour 3 ans, 
moyen* 3o escus i/3. » (Ibidem.) 

1587 

3o juillet. « Baptême de Marie, fille de Pierre 
Bacquenois et de Jean Lorain. » 

7 août. <x Baptême de Jeanne, fille de Nicolas 
Tremeau. » (Registres de la paroisse Saint-Pierre, 

1587.) 

1593 

25 mai. « Roland Jenter, libraire anglois demeu- 
rant à Reims, dit que Jehan de Bourdeaulx» aussi 
libraire à Reims, luy doit soixante treize escus deux 
tiers, pour argent prêté et marchandise de librairie à 
luy vendue. » (Minutes de Brisset, notaire.) 

i6i3 

ai juin, a Nicolas Constant, époux de Jehanne 
Cousin, fille de feu Jehan Cousin, maître imprimeur 
à Reims. » (Minutes de Charlier, notaire.) 



— III — 

3i may. « Simon de Foigny convient d'imprimer 
ung manuel à Tusage de Meaux... selon le caractère 
du manuel d'Evreux. » (Minutes de Thomas Rogier, 
notaire.) 

1617 

16 septembre. <c Jehan de Foigny, mdtre impri- 
meur à Reims, en son nom et celuy de Simon de 
Foigny, son frère, convient avec maître Guillaume 
Parent, doyen du Chapitre, grand vicaire, Thierry 
Thuret et Thomas Picotin, chanoines, de faire et 
imprimer correctement avec les accens nécessaires 
les misselz à Tusaige de Reims... de la forme et 
caractère semblables à ceux imprimés à Envers, Tan 
1616, avec la même quantité d'images à l'exception 
des vignettes, soit en taille douce ou en bois au 
nombre de iqoo, et à faire d'huy en huict mois. )i 
(Minutes de Tailletj notaire.) 

1618 

5 février. c( Traité ou Association entre Simon de 
Foigny et Jehan de Foigny, son frère, procureur en 
l'officialité de Reims, pour l'imprimerie. » (Minutes 
de Thomas Rogier, notaire.) 

1619-QI 

« 

24 juin. c( Testament de Philippe Macart, impri- 
meur à Reims, paroisse S. Estienne. » (Minutes de 
Thomas Rogier, notaire.) 



— 113 — 



Mention du même Philippe Maquart, imprimear 
en 1621. (Même notaire.) 



I62Q 



19 décembre. « Maitre Jehan de Foigny, procureur 
en Tofficialité de Reims, dem^ paroisse S. Etienne, 
vend à honor. hom. Nicolas Constant, N^ Hecart et 
pois Bernard, march<^" libraires à Reims, tous et cha- 
cun les livres tant en blanc que reliez... a plain 
portez en un mémoire... tous lesd. livres entiers et 
parfaictz. Et au regard de ceux qui ne sont achevez, 
comme heures longuettes, heures in-a4 ou aultres, 
s'il s'y en trouve d'imparfaitz, mesme pour les 
misselz à l'usaige de Reims nouvellem* imprimez... 
tous lesquelz livres ledit vendeur a promis leur 
rendre faitz et parfaitz et les livrer deument achevez 
dedans le jour de bonnes pasques prochain. Et si 
oultre ce ledit de Foigny a encores vendu toutes les 
imperfections, maculatures, canons et conmiuns des 
misselz nouveaux imprimez qui se trouveront de 
plus que lesditz misselz jusques à la quantité de 
trente. » (Minutes de Th. Rogier, notaire.) 



I6Q3 



« Na» Constant, N»» Hecart et F»" Bernard, mar- 
chands libraires, conviennent à Symon de Foigny 
d'imprimer pour eux le processionnaire à l'usage de 
Reims in-8* jusques au nombre de io5o feuilles, et 
chacune feuille rouge et noire. 1» (Minutes de Th. Ro' 
gier, notaire.) 



- ii3 — 

3 juin. <x La io« loge, sise au cloître de Téglise de 
Reims^ du côté de l'église et tenant à celle que tient 
présentement M« Simon de Foigny, maître imprimeur, 
appartenant à messieurs de lad. église et auparavant 
la veuve Jehan Leriche... est louée pour neuf ans à 
Pierre Guignes, libraire, et à Perette Lefebvre, sa 
mère, veuve de Roland Guignes,... au prix de six 
livres dix sols tournois pour chaque année... le 
samedi trois juin I6Q3. » (Archives de Reims, fonds 
da Chapitre, Maisons, Renseignements, liasse 3o, 
n«8.) 

3 août, a Testament de Isaac Vieillart, imprimeur 
à Reims, paroisse S. Etienne. » (Minutes de Th. Ro- 
gier, notaire.) 

5 octobre. « Gérard de la Croix, m*^® imprimeur et 
md libraire à Reims, p^ S. Etienne, baille pouvoir 
à Claude Briden, m^ libraire et imprimeur à Troyes, 
d'imprimer ou faire imprimer les heures et psaultiers 
à l'usage de Reims. (Minutes de Th. Rogier, notaire.) 

1628 

9 février. c< Nicolas Constant convient avec N*« He- 
cart et F«i» Bernard, marché» libraires, d'imprimer 
tant pour eux que pour luy les bréviaires à l'usage 
de Reims in-i6 en 2 volumes de caractère de petite 
mignonne, etc.. » (Minutes de Rogier, notaire.) 

27 septembre. « Simon de Foigny, marché libraire 
à Reims, donne pouvoir à Nicolas Valleton, aussy 
marché à Troyes, d'imprimer ou faire imprimer l'A. 
B. C, heures, psaultiers, concernant l'usage de 



^ ii4 - 

Reims, Laon et Soissons et d'y mettre le nom : 
A Reims, pour Simon de Foigny, etc... » (Minutes de 
Ckarlier, notaire.) 

i63i2 

i6 juillet. « N" Hecart, m^ libraire, convient avec 
F»" Bernard, imprimeur et m^ libraire, d'imprimer 
tant pour led. Hecart que pour luy, qioo et non plus 
d'un livre intitulé : Le livre d'église suivant l'usage 
réformé... » (Minutes de Th. Rogier, notaire.) 



PIN 



ESSAI D'UNE NOUVELLE LISTE 



DBS 



SUCCESSEURS 



DE 



NICOLAS BAGQUENOIS 



A REIMS (^) (i56o-i894) 



Nicolas Bagquenois, iSSq-iSôo. 

Jean de Foigny, i56o-i586. 

Veuve Jean de Foigny, 1587-1605. 

Jean et Simon de Foigny, i6o5-i6!23. 

François Bernard, iôsS-iôSq. 

Veuve François Bernard, i63!2-i6So. 

Nicolas et Augustin Pottier, 1636-1719. 

Regnault Florent ain, 17 10- 1758. 

Barthélémy Multeau, 1720- 1765. 

J.-B. Jeunehomme, 1765-1770. 

Jeunehomme, père et fils, 1770-1795. 

Le Bâtard, 1795-1802. 

Le Bâtard fils, 1802-1821. 

P. Régnier, 1821-1847. 

Pierre Dubois, 1847-1868. 

Imprimerie Coopérative, 1868 à ce jour 1894* 

(i) Cf. Almanach historique de Reims, Brissart, i854) P* i^ et i856, p. 78. 



TABLE DES ILLUSTRATIONS 



Pages 

' I. — Titre du Coustumier de Reims j i653 52 

«^ 2. — Titre du Missel de SainURemi, i556 58 

^3. — Titre du Livre des Advocatz, i558 66 

/ 4- — Affiche gothique de N. Trumeau 84 

5. — Marque de Nicolas Bacquenois 89 

6. — Marque de Jean de Foig^y 90 

7. — Marque de Simon de Foigny 92 

8. — Marque de François Bernard 98 

9. — Marque de Nicolas Hécart 95 

10. — Marque du même 96 

11. — Marque du même 96 

12. — Marque de Nicolas Constant 98 



TABLE DES MATIÈRES 



Pagres 

Aux Bibliophiles rémois v 

Les débuts de rimprimerie à Reims i 

§ 1. — Origine rémoise de Bacquenois, son apprentis- 
sage et son premier établissement à Lyon 6 

§11. — Retour de Bacquenois à Reims, ses impres- 
sions dans cette ville, son gendre et successeur Jean de 

Foigny ii 

§ III. — Départ de Bacquenois pour Verdun, ses tra- 
vaux et ses dernières années dans cette ville aa 

APPENDICE. — DOCUMENTS INÉDITS. 

I. — Traité avec Mathieu Vyaudel, libraire à Langres, 
pour l'impression des Statuts synodaux de Langres (aô fé- 
vrier i555) 29 

II. — Traité avec Pierre Ribaille, trésorier de Saint- 
Marcoul, pour Fimpression du Missel de Saint-Remi 

(24 avril i555) 3i 

in. — Traité avec le Chapitre N.-D. pour Timpression 
d'un Bréviaire de Reims (5 février 1567) 33 

IV. — Traité pour l'achat de papier, passé avec Jean 
Murguet, marchand à Reims (24 juillet i559) ^ 

V. — Cession du privilège du livre : Des Juges et Juri- 
dictions,,, à Sébastien Nivelle, libraire à Paris (29 no- 
vembre 1559) 37 



- ii8 - 

Pagres 

VI. — Règlement de compte, cession de l'imprimerie 
et association avec Jean de Foîgny (ii mai i568) ... 38 

VIL — Cession d'une créance sur le Chapitre de Reims 
à N. Psaulme, évoque de Verdun (ao juillet i568) . . . 4^ 

Vm. — Traité passé entre le chapitre de Reims et 
Jean de Foigny, mattre imprimeur, pour l'impression du 
Bréviaire de Reims (i5 mai 167 1) 4^ 

IX. — Règlement d'une créance de Nicolas Bacque- 
nois, payée à Etienne Bacquenois, son ÛLs (6 novembre 
1573) 45 

BIBLIOGRAPHIE 

Productions de Nicolas Bacquenois imprimées à Lyon, 
à Reims, à Verdun, de i548 à i568. (Liste de 58 ouvrages^ 
plus 8 n^ bis d'attributions douteuses.) 47 

Bibliographie de Nicolas Trumeau, à Reims (i55a) . . 83 

Bibliographie de Claude Chaudière^ à Reims (iô5i- 
1557) 85 

Marques des plus anciens typographes rémois (i553- 
id5o) 87 

APPENDICE 

Extraits des Archives de Reims, des Minutes de no- 
taires, etc., concernant les imprimeurs, libraires et re- 
lieurs rémois des XVI* et XVII* siècles (i5i7-i632) . . . io3 

Liste des successeurs de Nicolas Bacquenois à Reims 
(i56o-i894) ii5 



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